La République contre la Démocratie : de 14-18 aux totalitarismes

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de 14-18 aux totalitarismes

 

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C’est la faute à la démocratie

Par Pons Alain, publié dans l’Express, le 

Yves Roucaute oppose la sagesse des «princes républicains» à la folie des grands mouvements populaires.

Il faut du courage, sinon de l’inconscience, pour écrire que la démocratie est « le pire des régimes à l’exception d’aucun autre ». La cause semble entendue, en effet, et, de l’extrême droite à l’extrême gauche, plus personne ne met en question le principe démocratique.

Plus personne, sauf Yves Roucaute. Ce n’est pas aux imperfections de la démocratie qu’il s’en prend, mais à l’idée démocratique même, qu’il rend responsable de toutes les catastrophes du XXe siècle. Démocratique est la guerre de 1914-1918, si la démocratie est le droit des peuples, c’est-à-dire des communautés, des nations, des ethnies, à disposer d’eux-mêmes. Démocratiques sont les grands mouvements populaires nés de cette guerre, les fascismes bruns, les communismes rouges, les tiers-mondismes « fauves ». Le peuple, les ouvriers, les paysans les ont soutenus, et ont suivi dans l’enthousiasme les démagogues qui flattaient les passions nationalistes et égalitaristes. Pourquoi la vague n’a-t-elle pas tout emporté? Pourquoi ce qu’on appelle les totalitarismes ont-ils été tenus en échec? Parce que, répond Roucaute, quelques héros, quelques « princes républicains » ont eu, aux moments les plus critiques, le courage de dire non, de marquer les limites et de les défendre, en sachant ruser avec leur propre peuple pour qu’il leur soit permis d’employer la force, et de préserver les valeurs républicaines qui s’identifient avec la civilisation. Ces héros ont nom Churchill, Roosevelt, de Gaulle, Reagan, Bush. Et ces valeurs républicaines sont les valeurs libérales, qui assurent aux individus, aux personnes, aux citoyens associés la reconnaissance et la protection de leurs droits. Ce livre véhément résonne comme un cri d’alarme. Politiquement peu correct, il en déconcertera, voire en irritera, plus d’un. Mais il donnera à réfléchir – c’est son mérite. Plus que jamais, nous avons besoin de mal-pensants.

La République contre la démocratie, Contemporary Bookstore, 10 euros, par Yves Roucaute.

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