Elections, piège à c…?

Coup de grisou dans les partis

(publié Valeurs Actuelles. Avril 2017).

« Tout parti vit de sa mystique et meurt de sa politique », disait le perspicace Charles Péguy. Précisément. Quel avenir pour le Parti socialiste ? Aucun. Pour Les Républicains ? Incertain. Election de Donald Trump, popularité de Theresa May, victoire d’Angela Merkel, désordre italien, fragilité espagnole, tremblement de terre autrichien… les démocraties  signalent la débâcle des partis incapables de régénérer leur pratique, et célèbrent les stratèges qui façonnent l’espérance. A leur façon, naviguant entre économie numérique, réseaux sociaux, empathie sociale, inventant une organisation centralisée ouverte sur le maillage social, Emmanuel Macron a ringardisé l’offre des partis traditionnels.

Victime la plus spectaculaire: le Parti socialiste. Une mystique sclérosée qui conjugue encore haine de classe, solidarité de pacotille, redistribution étatique, refus du nouveau monde. Une politique dirigée depuis un petit groupe  d’apparatchiks fermés à la société civile, attachés à sa propre survie et à ses prébendes, et qui, une fois au gouvernement, troque le temps des cerises, promis aux gogos, pour une gestion conservatrice, incapable d’arrêter chômage, concurrence déloyale internationale et menaces islamistes. Résultat : 6,2 % de voix pour Benoît Hamon. Et le P.S., abandonné par les réformistes, en est réduit à monnayer l’appui d’un Jean-Luc Mélenchon et de son quarteron de groupuscules gauchistes.

Victime aussi : Les Républicains. Ce n’est pas le parti qui a perdu mais François Fillon, dit-on. Hélas !, l’échec n’est pas un accident. Structure molle incapable de choisir son stratège, simulacre de démocratie par une primaire absurde où des socialistes même ont voté, maintien d’une candidature vouée à l’échec: où était la politique ? Le plus beau programme ne dit pas qui doit le porter. Depuis clubs et sociétés populaires de la révolution française, machines politiques américaines de 1830 ou partis britanniques de 1860, l’ambition est de s’appuyer sur un maillage social maximal autour d’un dirigeant porté par une vision du monde. Derrière les grands de ce monde, depuis Périclès, je vois des pensées structurées et des styles pour convaincre et séduire. Un Winston Churchill ne s’excusait pas, pour même pour quelques moments d’ivresse. Et nul n’imagine un Pompidou céder aux injonctions d’inquisiteurs désignés par ses ennemis.

Demain sera-t-il un autre jour? Espérons le. Sinon, sans réforme de l’organisation et sans vrai stratège, la France de droite et du centre sera à nouveau orpheline.

 

 

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