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Le Lionceau Mélenchon et le Moucheron communiste

Le Lionceau et le Moucheron

par

Yves Roucaute

(paru Valeurs Actuelles, 25 septembre 2017)

« Entre nos ennemis, les plus à craindre sont souvent les plus petits » disait Jean de la Fontaine. Depuis longtemps déjà, le lionceau Mélenchon tançait de haut le moucheron communiste. L’insecte, à vrai dire, paraissait chétif et, pour tout dire, moribond : 6,60% de voix aux présidentielles  de 1995, 2,33% en 2002, 1,97% en 2007, et incapacité de se présenter depuis. Aux présidentielles de 2017, le rugissant en avait profité et avait présenté sa candidature sans avis du virevoltant qui, raillé, dut se rallier. La fête de l’Humanité devint celle de l’inimitié. Oubliant toute bienséance royale, au lieu de gambader dans la savane de La Courneuve pour flatter le moucheron, le quadrupède joua le coup du mépris : il partit aux antipodes, du côté de l’océan indien.

Depuis, bataille picrocholine.« « Il est absent, mais le peuple est présent » déclara le leader communiste, Pierre Laurent qui dénonça « sirènes du dégagisme » et monarchie mélenchonienne usurpée car « personne ne peut détenir la vérité à lui tout seul ». « Tout le monde pleure parce que je n’y suis pas« , le peuple c’est moi, répliqua Mélenchon-Moi-Les-Gens qui fustigea une « direction communiste en perdition« . Et d’appeler, solo, à une manifestation anti-Macron le 23 septembre.

Facile de se moquer. Le PCF n’a pas seulement abandonné la faucille et le marteau, il a aussi substitué la méthode Coué à la dialectique. 1945, première fête de l’Huma d’après guerre : un million de personnes se rassemblèrent, pour écouter « Maurice » (Thorez) et célébrer « le parti des fusillés » aux 26,23% des voix. Le simulacre avait de la gueule. Aujourd’hui, 80 000 personnes pour écouter Iggy Pop ou Renaud. Enlevez les concerts : plus personne. Se flatter d’avoir la présence de Benoît Hamon, trotskistes, écolos rouge-vert? Quelques cars de tourisme supplémentaires. Pas de quoi se frayer un passage entre insoumis de Mélenchon et gauche macronienne. Sans oublier une PS qui pourrait bien renaître de ses cendres si le terrain de la gauche classique était laissé en friche.

Reste qu’affaibli, le PCF bourdonne, irrite et pique. Communisme municipal ? 135 villes de plus de 3500 habitants. Parti ? Il existe, pas seulement sur internet. Et Pierre Laurent sait le tenir: réélu avec 100% des voix. Une capacité de nuisance suffisante pour interdire au grand démagogue français d’unifier la gauche demain pour s’en repaître. Pas nécessairement une mauvaise nouvelle.

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Nicolas Hulot dans l’œil du cyclone

Nicolas Hulot dans l’œil du cyclone

 

Par

Yves Roucaute

(Paru Valeurs Actuelles, 18 septembre 2017)

 

« Que ça nous serve de leçon, le pire est devant nous » : profitant d’Irma et de Jose, les cyclones qui ont déferlé sur les Antilles, Nicolas Hulot joue à Zacharie, prophète de l’Apocalypse. Et « il y a un moment où on touche les limites ». Origine des ouragans ? Le réchauffement dû aux humains qui ne l’écoutent pas. De force 4 ou 5, ils n’auraient jamais été aussi nombreux. Irma, le plus monstrueux: vents de 295 km/h, vagues de 10 mètres, 11 morts, du jamais vu, jamais connu, foi de Nicolas Hulot.

Après les cavaliers, les ânes de l’apocalypse. Passons sur Katrina, en 2005 : vents de 280 km/h, vagues de 11 mètres. Sur Mitch, en 1998 : 290 km/h, 20 000 morts. Mais Hugo, en 1989? Rafales de 300 km/h, Guadeloupe ravagée. Gilbert, en 1988 ? Antilles, Etats-Unis, Venezuela, Mexique : vents à 295 km/h, 29 tornades, 341 morts. Camille, en 1969 ? Rafales de 340 km/h, marée de 7,5 mètres, Mississipi, Louisiane, Alabama saccagés. Je n’ose évoquer Bhola, en 1970, 500 000 morts, ou Nancy, en 1961 : 173 morts, 870 millibars de pression, vents de 345km/h. Oubliés l’ouragan de Galveston, en 1900 : rafales de 300 km/h, 10 000 morts et le Grand Ouragan  de 1780: 320km/h, 19 000 morts. Des cyclones de 1666, 1672, 1680, 1694… en Martinique, île  rasée en 1766, avec 500 morts et 580 blessés ? Politiquement incorrect.

De plus en plus de cyclones ? 13 en 1950, 14 en 1954, 10 en 1954, 12 en 1955… En 1887 : 17 tempêtes tropicales dont 10 ouragans. A l’inverse, pas d’ouragan de catégorie 4 ou 5 en 2012 et seulement 2 en 2013. En cause ? El Nino, qui n’est pas écolo. Trois ouragans de suite, exceptionnel? Non. Martinique et Guadeloupe, en 1967 et en… 1642 aussi. Mélangez un amas nuageux orageux, de l’eau de mer chaude (26,5 ° minimum) sur 50 mètres de profondeur au moins, des vents réguliers, pas trop près de l’équateur: et hop !, baisse de pression en bas vers la mer, hausse de pression sur le haut des nuages, notre cyclone est là. Aves Zacharie Hulot abolissons Neptune : ouragans de 2500 km/h.

Retenir des « leçons » ? Pourquoi pas. Pas d’évacuations de Saint Martin, pas d’envoi de troupes, comme aux Etats-Unis, avant l’arrivée d’Irma, prévu depuis longtemps. Chaos, pillages, machettes ? Imprévisibles dans une île réputée pour sa délinquance ? Las !, l’idéologie est une seconde nature et « Il est impossible de faire concevoir à un homme naturellement aveugle qu’il ne voit pas » (Montaigne).

 

Fables : l’eau fraîche de La Fontaine en CM2

Fables : l’eau fraîche de La Fontaine

par

Yves Roucaute

(paru Valeurs Actuelles. 13 septembre 2017)

Offrir les Fables de Jean de La Fontaine  à 150 000 élèves de CM2? Anecdotique proclament les syndicalistes archaïques, qui préfèrent dénoncer la « vision passéiste » » du ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, « libéral sanguinaire », (Francette Popineau). Anecdotique ? Pas sûr. «  Les fables ne sont pas ce qu’elles semblent être; Le plus simple animal nous y tient lieu de maître. Une morale nue apporte de l’ennui: Le conte fait passer le précepte avec lui. » (Le Pâtre et le lion). Et quels préceptes ! Force gens font du bruit en France » pour s’opposer à toute réforme dit L’Âne vêtu de la peau du lion. Tel cet âne déguisé en lion qui « faisait trembler tout le monde ». Soudain, perdant sa peau, le simulacre est éventé. La peur s’éloigne. L’intérêt général peut l’emporter.

Combien de ministres ont été effrayés par les menaces, manifestations et grèves de ces archaïques nourris d’égalitarisme, de laxisme, de pédagogisme et de bureaucratisme? Grands perdants : les enfants déshérités. Malgré 50,5 milliards d’euros pour l’éducation, en 2018 : échec garanti pour eux. « Hélas ! On voit que de tout temps/ Les petits ont pâti des sottises des grands » (Les Deux taureaux et une Grenouille).

Pour en sortir ? Laisser les ânes et redonner son sens à l’éducation. Sinon, « faute de cultiver la nature et ses dons, O combien de Césars deviendront Laridons ! » (L’Education), des enfants étouffés par des pédagogues aux discours vains et aux idées courtes, des assistés des cuisines de l’Etat, futurs chômeurs. Comment cultiver les dons, sinon en montrant, à la façon du laboureur, « que le travail est un trésor » (le laboureur et ses enfants) ? Autorité des maîtres, Marseillaise, classes d’excellence, bilingues et européennes, latin et grec, doublement, semaine de quatre jours, devoirs sur table, initiatives de terrain, autonomisation des établissements jusque dans le recrutement, dédoublement de 2500 classes au CP dans les zones d’éducation prioritaire et la musique  même ! Et au lieu de l’adhésion du lobby, celle de la nation.

Critique des idolâtries et construction d’une citoyenneté respectueuse d’autrui, des lois et des autorités ? Culture de tolérance, paix et amitié : merveilleuses Fables de La fontaine pour cimenter les jeunes à la nation. « Qui veut faire de grandes choses doit penser profondément aux détails » disait Valéry, un autre de nos grands poètes.

Corée : quand les pacifistes perdent le nord

Corée : quand les pacifistes perdent le nord

par

Yves Roucaute

(paru Valeurs Actuelles, le 31 août 2017)

Désescalade entre États-Unis et Corée du nord ? Le feuilleton de l’été se termine. Qui s’en plaindra ? Remake de la guerre de Corée (1950-1953), le psychodrame a viré en farce. La faute aux acteurs.

Passe encore pour Kim Jong-un, le burlesque dictateur nord-coréen qui voulait «faire payer aux Etats-Unis le prix de leurs crimes un millier de fois» en menaçant d’attaque nucléaire l’île américaine de Guam. Et pour Donald Trump qui a promis, en riposte, « feu et fureur». Chacun dans son rôle. Mais les acteurs « pacifistes » étaient vraiment grotesques de vouloir rejouer au manifestant anti-impérialiste qui soutenait, en 1950, la Corée communiste quand elle avait envahi le Sud, après la partition du pays entre Etats-Unis et URSS autour du 38ème parallèle.

Yann Moix aurait « enquêté » en Corée du nord sur la pensée des Nord-coréens. Sa source d’info ? Les « guides » touristiques. Choisis par le parti : du solide. « Les Nord-Coréens vous expliquent à longueur de journée que pour eux, taper en premier n’a aucun sens » (Paris Match) dit-il, convaincu aussi du pacifisme des dirigeants. Pacifisme inouï: dénonciation de l’armistice avec le sud en 2009, annonce d’un nouvel état de guerre en 2013, envoi de missile dans la zone japonaise, militarisation de la société, menaces de massacres nucléaires.

Plus incroyable encore : profitant d’une menace fantasmée de Washington, «  les leaders Kim Il-sung, Kim Jong-il puis Kim Jong-un ont réussi à dresser la population et la souder. »  Oui, les Coréens derrière leur leader, ça c’est de l’info ! 300 000 prisonniers politiques qui ne ressortiront pas vivants des camps de Yodok, Kaech’on, kwan-li-so, Haengyong, Chongjin, tellement ils y sont bien. 100 000 habitants qui ont fui en Chine pour gambader. Tortures, disparitions, exécutions, condamnations à la prison à vie pour christianisme, bouddhisme, pratique du Cheondogyo : Disneyland et bientôt un film.

Faute de guides, l’O.N.U. condamne un régime de terreur. La Chine même vient de refuser importations de fer, de minerais et de fruits de mer nord-coréens. Et Washington a brisé Kim Jong-un en rappelant que son arme nucléaire n’est pas dissuasive : 70 sous-marins, âgés d’un demi siècle pour les plus performants (classe Roméo), et pas de sous-marin nucléaire lanceur d’engins. Donc, pas de seconde frappe. En cas de conflit : anéantissement coréen garanti. N’en déplaise à quelques acteurs présomptueux, il était vraiment temps d’arrêter le mauvais téléfilm.

First lady: Le nouveau jeu de Dames

First lady: Le nouveau jeu de Dames

Par

Yves Roucaute

(paru, Valeurs Actuelles, le 3 août 2017)

« Que diable allait-il faire dans cette galère ? » (Molière). Le Président devait-il sortir de ses cartons un statut de Première Dame pour l’inscrire dans la Constitution ? Un brin maladroit et un tantinet intempestif : chômage, terrorisme, migrations , 897 voitures brûlées le 14 juillet, régime des retraites, réforme territoriale, fiscalité, référendum d’entreprise étaient sans doute plus urgents.

La gauche militante a évidemment joué la moralité outragée et l’égalité bafouée. 220 000 signatures pour exiger l’abandon du « statut » et le refus d’un emploi familial élyséen. « À l’heure où l’Etat (…) souhaite moraliser la vie politique, se pose un problème de conscience nationale » tonitrua Thierry Paul Valette, initiateur de la pétition, écrivain potentiel, parfois peintre, organisateur du concerts de casseroles contre François Fillon, dirigeant d’Égalité nationale dont il est l’adhérent, qui avait naguère lancé un texte contre « l’importation de poupées robots sexuelles » (191 signatures).

Et le gouvernement a cédé.  Adieu, le « statut de Première Dame » ! A la place ? « Une Charte de la transparence ». Plus qu’un recul, un signal de faiblesse.

Un statut de Première Dame serait-il d’ailleurs inutile ? Dénoncer la monarchie ? Ce statut n’y existe pas. La tyrannie ? Pas plus. Quand, le 9 novembre 1932,  Nadedja, irritée par ses frasques, refuse de lever son verre avec son époux Staline pour célébrer l’anniversaire de la révolution, celui-ci crie : « Eh toi ! Bois un coup ! ». « Mon nom n’est pas, eh toi ! » répond Nadedja qui quitte la salle avant de se suicider. L’épouse de Mussolini, Rachele Guidi ? Celle d’Adolf Hitler, Eva Braun ? Des « eh, toi ! ». Et il en va ainsi dans tous les Etats autoritaires aujourd’hui encore.

Dolley Madison, en 1812, épouse du Président James Madison (1809-1817), fut la première à refuser d’être une « eh, toi ! ». Elle aida les orphelins et sauva au péril de sa vie des trésors nationaux dans la guerre contre les Britanniques. Depuis, les épouses de Président sont des « First Lady », non salariées, assistées d’un cabinet, hôtesses de la Maison Blanche, chargées d’un rôle social. Et quand la femme est Gouverneur, le mari est un « First Gentleman ».

Contre le « Eh, toi ! » : l’acceptation du couple présidentiel avec ses responsabilités, inégales mais réelles. Le bon sens républicain qui, de la Tchéquie au Brésil, n’a pas besoin d’être gravé dans la Constitution.

 

Quand la blouse fait le buzz

Quand la blouse fait le buzz

Par

Yves Roucaute

(paru Valeurs Actuelles. 26 juillet 2017)

Les soixante-huitards l’avaient abolie, les Français l’ont anoblie : la blouse dans les écoles a le vent en poupe. Naguère bleue ou blanche pour les garçons, rose ou jaune pour les filles, grise pour les instituteurs, 56% des Français en ont la mélancolie. Faut-il dénoncer un désir « réactionnaire », à la façon des marmitons de la sociologie Bourdieu-Passeron, qui imaginent sous le col l’ étiquette « domination étatique et bourgeoise » ? Ou, en pédagogues « non directifs », rappeler le droit des élèves pubères à leur projet individualiste, jupes Chanel, top Cacharel et abaya islamique compris?

Le sens commun manque-t-il à ce point de bon sens ? Toutes les grandes civilisations, évitant la démagogie, ont construit leur système éducatif sur l’uniforme ou la blouse. Condition pour organiser symboliquement l’acquisition des savoirs et la culture commune des futurs citoyens dans la rupture nécessaire entre le monde de l’école et son dehors.

Quand François Guizot, en 1833, prescrit une école de garçons aux communes de 500 habitants, généralisée à toutes les communes par Falloux, en 1850 (qui ajoute l’école de filles), avant que Jules Ferry n’avalise l’instruction obligatoire et gratuite en 1882, la blouse s’imposer logiquement ? N’est-elle pas d’ailleurs l’instrument de travail du monde rural ? Et puis, elle évite de tâcher, par l’encre des porte-plumes, ceux qui n’ont qu’un « habit du dimanche ». Enfin, elle écarte, en partie, commérages, jalousies, rivalités autour des vêtements, pertes de temps.

Surtout, pour ces républicains, la blouse signale l’adieu aux signes ethniques, sociaux, religieux, et la mise à distance des différends inutiles au système. Sont seulement mesurés et jugés, le travail, les connaissances, l’habileté, la capacité dans les arts et les sports. Contre l’inégalité de droit voulue par certains monarchistes. Contre l’égalité de fait, impossible disait Jules Ferry à ses ennemis socialistes et anarchistes qui s’opposaient à l’école libre et gratuite, prétendue ruse du capital pour asseoir sa domination : la clef d’un ascenseur social fondé sur l’inégalité juste, mesurée par le mérite. Une façon, en même temps, de vivifier le patriotisme par l’amour de la France qui donne à chacun sa chance, et le respect des autorités républicaines incarnées par le maître en blouse grise salué par les élèves.

Si l’habit de fait pas toujours le moine, assurément la blouse façonne l’enfant républicain.

 

Rideau de fer sur le Venezuela

Rideau de fer sur le Venezuela

Par

Yves Roucaute

(paru Valeurs Actuelles. 19 juillet 2017)

 

 

Un rideau de fer s’est abattu sur le Venezuela. Échappera-t-il à la guerre civile ? Hélas, je crains le pire. Malgré 56% de voix pour l’opposition aux législatives, la destitution du Président votée par le Parlement, sept millions de Vénézuéliens qui demandent par référendum des élections présidentielles anticipées, les universités révoltées, des manifestations de rues, jusque dans le quartier rouge de Catia, à Caracas, le gouvernement du Parti socialiste unifié et des communistes ne cède pas. Hugo Chavez puis Nicolas Maduro, son successeur à la présidence de la république « bolivarienne », prétendent toujours incarner peuple, pauvres, dominés, souffrance humaine. Et dispensent toujours ce discours, naguère séducteur, égalitariste anti-riche, anticapitaliste, antilibéral, les Etats-Unis jouant le rôle de bouc émissaire. Ces idoles de Jean-Luc Mélenchon, profitant de l’aubaine pétrolière, claironnent le succès de leurs « missions » pour l’alphabétisation, la gratuité des soins, la construction de logements.

Patatras !, chute du cours du pétrole.  Traque des énergies, nationalisations, des grandes entreprises au commerce de détail, mise sous tutelle étatique des entreprises produisent leurs effets : misère, crime, chômage, inflation de 741% depuis un an, monnaie qui a perdu 65% face au dollar, pénurie de médicaments et de nourriture, rationnements, marché noir, violences. 1,8 millions d’habitants sous 2200 calories par jour, 3,5 millions ont moins de 680 euros par mois, électricité coupée 4 heures par jour, fonctionnaires appelés à travailler deux jours par semaine pour économiser l’électricité.

La faute à la presse, aux libéraux, à « l’attaque de la monnaie organisée par Washington » dit Nicolas Maduro,. Le leader de l’opposition, Leopoldo Lopez, mis en prison puis en résidence surveillée, manifestants blessés par centaines, 93 tués ces trois derniers mois, groupes paramilitaires gauchistes issus des colectivos, associations de quartiers, qui arrêtent et frappent les dissidents, un « rôle exemplaire » déclare le vice-Président Jorge Arreaza ; le Venezuela sombre. Le 5 juillet, l’Armée vénézuélienne empêche l’entrée des députés au Parlement. Ceux-ci entrent quand même. Alors, un colectivo  armé séquestre 9 heures les députés et en blesse 5. Nicolas Maduro dénonce la «résurgence nazie fasciste » des démocrates: sempiternelle ritournelle de ces factieux de gauche. qui aidera le Venezuela à s’en débarrasser ?

 

Benoît Hamon, le bœuf et la  grenouille

Benoît Hamon, le bœuf et la  grenouille

Par

Yves ROUCAUTE

(paru 13 juillet 2017. Valeurs Actuelles)

 

1er juillet , pelouse de Reuilly, Paris. « Aujourd’hui, j’ai décidé de quitter le Parti socialiste. Je quitte un parti mais je n’abdique pas l’idéal socialiste » proclame Benoît Hamon devant quelques milliers de militants médusés. Diantre !, à deux pas de la foire du trône, ce « socialiste » n’ « abdique » donc pas ? Nenni ; il se flatte même d’une « démarche personnelle » et nomme son nouveau parti, « Mouvement du 1er juillet », démontrant son ambition par un discours sur un champ d’herbe : s’installer dans l’Histoire. À l’évidence, les appellations « socialiste », « démocrate », « républicain » en marche ou en berne, « insoumis » même, ne conviennent pas à son immense ambition: phagocyter la gauche avant de conquérir le pays. Lui, serait l’héritier du « Mouvement du 22 mars » de 1968, ou, mieux encore, du « mouvement du 26 juillet » de Fidel Castro, date de l’attaque de la caserne de la Moncada à Santiago de Cuba, en 1953, début de la marche vers la victoire finale. Un modèle pour le camarade Benoît qui a déjà réussi l’occupation de la pelouse de Reuilly.

« Je ne change pas de convictions » proclame-t-il, et c’est vrai. Capitaine du navire socialiste, qu’il fit couler, Benoît Hamon montre sa loyauté envers lui-même : il s’empresse de le quitter, ne voulant pas rester le dernier. Déjà, quand son parti était au gouvernement, il avait organisé un groupe de saboteurs, appelé « frondeurs ». Manifestations, protestations, délations  contre François Hollande, Jean-Marc Ayrault et Emmanuel Valls, jusqu’à tenter deux motions de censure pour les couler. Elu candidat du P.S. aux présidentielles par l’alliance gauche extrême et extrême-gauche, il lança le vieux rafiot socialiste à bâbord. En plus du relativisme, féminisme, écologisme, il en rajouta pour mieux enfumer le gogo que Jean-Luc Mélenchon : revenu universel, sortie du nucléaire, taxe sur le diesel, sur les robots même.

6,3% des voix, 4,82% des inscrits aux présidentielles : la nation lui doit assurément un fier service : s’être débarrassé du P.S. L’« idéal socialiste » avec laxisme, dettes, impositions, taxations, règlementations, chômage… ? Nul ne veut plus. Pas plus que de ce populisme qui oppose « dominés » et « dominants ». L’avenir du groupuscule de Benoît Hamon ? Entre Insoumis, P.S. maintenu et macromania, je n’y crois guère. Il aura beau multiplier les bonds sur les pelouses et enfler pour ingurgiter quelques péronnelles, il ressemble déjà à la « grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf »(La Fontaine) et qui « s’enfla si bien qu’elle creva ».

La farce de Maître Mélenchon

La farce de Maître Mélenchon

par

Yves Roucaute

(paru le 5 juillet. Valeurs Actuelles)

Par l’art divinatoire de Jean-Luc Mélenchon, l’astrologie même a pris un sacré coup de vieux : avec lui, les urnes vides parlent, les abstentionnistes votent, et son cabinet de voyance, France Insoumise, a gagné les élections. 57,36% d’abstention aux législatives ? Une « forme de grève générale civique » discerne l’extralucide. Avec une « signification politique offensive » : le soutien à ses idées. Toute réforme serait donc « illégitime », du code de travail à la fiscalité, pour cause d’opposition de « vous les gens », du « peuple », sinon des astres dont notre mage serait l’interprète.

Avec 2,5 millions de voix sur 47 millions d’inscrits, soit 11% des votants, 5,25% des inscrits,  Jean-Luc Mélenchon ressemble ainsi à l’avocat Pathelin de la fameuse Farce de Maître Pathelin (XVème siècle) qui s’évertuait à tromper son monde en transformant en imbéciles ceux qui parlent et en défendant ses clients à coups de rhétorique grossière et comique.

Fort de sa licence de Lettres, il propose ainsi d’expliquer le contrat de travail à un crétin « matheux », Cédric Villani, médaille Fields de mathématiques, équivalent du prix Nobel. Puis, il vole au secours de Danièle Obono, députée de France Insoumise, qui a refusé de revenir sur son soutien de naguère au groupe ZEP et à sa chanson« Nique la France  et de dire « Vive la France ! » sur RMC. Elle aurait été « agressée sur les plateaux de télé par des chiens de garde médiatiques qui ne se rendent même plus compte que leur machisme est teinté d’une forme de racisme insupportable ».

« Chiens de garde » ? Diantre ! Citation de Paul Nizan . Ce philosophe mort pour la France, en 1940, aurait-il apprécié ces vers sortis de leur purin ? ‘C’que j’en pense De leur identité nationale De leur Marianne, de leur drapeau Et de leur hymne à 2 balles J’vais pas t’faire un dessin Ca risque d’être indécent De voir comment j’me torche Avec leur symbole écœurant ».

Notre Pathelin joue sur scène les bêlements antiracistes « à deux balles », applaudit par quelques niais qui se « torchent » de savoir qu’esclavagisme et racisme étaient la règle dans les empires africains, arabes, asiatiques, avant que la France n’abolissent l’esclavage dans l’hexagone (524), ne décrète, en 1315, « selon le droit de nature, chacun doit naître franc (libre) et ne pose par sa République les droits universels, sans considération de race et de genre. Des premières mondiales. Rions donc de la farce, de sa grossièreté, de son intrigue simplette puis « revenons à nos moutons » : le soin de la France.

 

CORSE: ÉCOUTEZ LES POLYPHONIES

Pè a Corsica ?

Par Yves ROUCAUTE

(publié Valeurs Actuelles. 29 juin-5 juillet).
Trois députés nationalistes corses sur quatre aux législatives ? La polyphonie insulaire l’a emporté sur le « petit baratin partisan » (Winston Churchill) distillé depuis des lustres par les orchestres parisiens. Et il s’en fallut d’un rien, 13 voix au premier tour dans une circonscription de Corse du sud, pour un carton plein, quatre sur quatre. Dégager d’un revers de main pareille sanction des urnes, la confondre avec le « dégagisme » du continent? Mieux vaut saisir le sens de ce qui se joue.
Macromania continentale? Nulle en corse. Pas un élu de La République en Marche. L’abstention ? population est venue donner sa légitimité à ses trois hérauts : 49,3%, 54,5% et 55% de participation. Une seule circonscription y échappe : celle où les nationalistes n’étaient pas. Et quelle légitimité ! Jean-Félix Acquaviva, 63%, dont 69,7% à Corte, 75% à Calvi. Michel Castellani ? 60,81 %, dont 63,8% à Bastia. Paul-André Colombani ? 55%, éliminant les Rocca Serra qui régnaient depuis 1928. Que reste-t-il des 48,5% du vote Marine Le Pen aux présidentielles ? 4%. France insoumise ? Exit tout autant. Les Corses ont pris le chemin des listes Pè a Corsica, (Pour la Corse), relais du conseil exécutif de Corse
Bastia en 2014, collectivité territoriale en 2015, élections professionnelles, de parents d’élèves, assemblée de jeunes: les nationalistes emportent toutes les élections.
En jeu ? La nation corse. Son Esprit existe : les urnes l’ont rencontrée. Non pas une « région » et ses « régionalistes », mais une « nation » à l’histoire millénaire, avec mœurs, valeurs et langue, qui a donné au monde, en 1755, la première constitution démocratique. Qui refuse d’être réduite à une carte touristique ou à un terrain de jeux pour groupes criminels. La vote nationaliste ? Un vote « pour ». Pour les indépendantistes et les autonomistes qui ont rassuré par leur union et leur gestion. Mémoire, intérêt collectif et projet d’avenir, les citoyens applaudissent lutte contre la fracture territoriale, plans d’urbanisme, respect des territoires, développement équilibré, économie numérique, une fiscalité adaptée. Ils veulent cette « paix des braves » (de Gaulle) avec l’amnistie des prisonniers politiques, pour, par le pardon, prohiber la haine. Et un statut de résident pour favoriser l’arrivée de jeunes talents au lieu de transformer la plus belle île de Méditerranée en village de vacances.
Plus l’île se prend en main, plus elle est puissante. Et, la France aussi. Mais saura-t-elle écouter les paroles de la polyphonie corse ?

Majorité pénale à 16 ans

Majorité pénale à 16 ans : l’urgence

Par Yves ROUCAUTE

Publié dans valeurs actuelles le 2 mars sous le titre « on est pas sérieux quand on a 16 ans »

« Celui qui n’empêche pas un crime alors qu’il le pourrait s’en rend complice » disait Sénèque. Refuser la majorité pénale à 16 ans? Les faits sont sans appel: 34% des crimes et délits (hors route) sont commis par des mineurs. De plus en plus nombreux. De plus en plus violents et radicalisés. Les idéologues du politiquement correct s’opposent pourtant à l’évidence d’une mesure soutenue par 61% des Français (IFOP). Ils prétextent protection de l’enfance et inventent une prétendue haine de droite contre la jeunesse, mise par eux dans le même sac que la racaille.
A les en croire d’ailleurs, les mineurs seraient déjà pénalement responsables et la proposition serait anticonstitutionnelle, opposée au accords internationaux, contraire à ce qui se pratique ailleurs.
Ils mélangent « responsabilité » et « majorité pénale ». L’ordonnance de 1945, bien que modifiée depuis, ne met-elle pas en place l’ « excuse de minorité » ? Or, si nul ne songe à l’annuler pour les enfants de moins de 16 ans ni à supprimer pour eux les Cours spécialisées, pour les adolescents de 16 à 18 ans, peut-on accepter que la peine de prison ne puisse excéder la moitié du maximum prévu pour un majeur, des emprisonnements de durée limitée, des amendes réduites ? Certes, l’exception est possible, mais seulement si elle est décidée par un tribunal. L’objectif est de sortir de la discrétion des juges.
Le Conseil constitutionnel s’opposerait-il à cette réforme? Pas certain. Il n’a pas écarté la responsabilité pénale des mineurs ni la détention au-dessus de 13 ans. Sa jurisprudence laisse une marge de manœuvre importante au législateur s’agissant des mesures répressives pour les mineurs de plus de seize ans. Au pire, un référendum (art. 11) règlerait la question.
La Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant de 1989 ne l’interdit pas plus. Elle dit seulement : « L’arrestation, la détention ou l’emprisonnement d’un enfant doit être en conformité avec la loi » et demande d’établir l’âge de la responsabilité pénale. Suède, Danemark, Tchéquie l’ont signée : leur majorité pénale est à 15 ans. 16 ans au Portugal et en Roumanie. 17 ans en Grèce, Finlande et Pologne. Quant aux Etats-Unis, non signataires, dans 29 Etats, dont celui d’Hilary Clinton, New York, le renvoi des mineurs devant les juridictions adultes est automatique pour la plupart des délits. Dans 15 autres Etats, le mineur doit prouver l’intérêt d’un tribunal spécialisé.
Abaisser la majorité à 16 ans ? Cela se peut. Et, à la façon du Brésil, en 2015, selon les circonstances, pour assurer l’ordre républicain, cela se doit.

Muhammad Ali:champion du racisme anti-Blanc !

Muhammad Ali: champion du racisme anti-Blanc !

Jusqu’en 1975, le boxeur était raciste, antichrétien, anti- sémite, homophobe, ami des dictateurs antiaméricains. Silence politiquement correct. BLOC-NOTES. Valeurs Actuelles. 16 juin.

Cassius Clay, héros ? Une légende, une vraie

Par Yves Roucaute

yves_roucauteLe boxeur Cassius Clay, dit Muhammad Ali ? Le plus grand sportif de tous les temps, une légende, un génie même, si, si, auprès duquel Fleming et la pénicilline, c’est de la roupie de sanson- net. Et, quelle conscience ! Oui, c’est ça, “universelle”, sa conscience ! Victime du racisme, combattant des droits civiques des Noirs américains, pacifiste privé de ses titres durant la guerre du Viêtnam, un héros.

Plus grand sportif de tous les temps ? Depuis l’invention des jeux Olympiques en Grèce jusqu’à nos jours, du décathlon à la natation, de la gymnastique au marathon, sports d’hiver compris ? Chapeau aux com- mentateurs et à leurs boules de cristal !

Son combat pour les droits civiques ? Une mer- veille : il n’y participe pas. Il nreproche à la National Association for the Advancement of Colored People son action, depuis 1945, avec les Blancs et sa volonté d’intégration. Et Martin Luther King déclare, en 1964 : « Quand Cassius Clay rejoignit les Black Muslims, il devint un cham- pion de la ségrégation raciale, c’est pourquoi nous l’avons combattu. »

Car en 1964, à 22 ans, notre héros adhère à la secte de Elijah Muhammad, Nation of Islam. « Ceux qui suivent l’enseignement de Elijah Muhammad ne veulent pas être forcés à l’intégration. L’intégration est mauvaise. Nous ne voulons pas vivre avec les Blancs », dit-il. À la façon de Malcolm X, alors porte-parole, il devient Cassius X, “Clay” étant son “nom d’esclave”. Tout ce qui est mauvais vient des Blancs, « l’alcoolisme, la prostitution, l’homosexualité ». L’islam ? Religion des Noirs, race originelle et pure, opposée aux Blancs, race inférieure, créée 6 000 ans plus tôt, incarnation du Mal. La guerre contre les Blancs ? Inéluctable. « Nous ne sommes pas des frères. » Et « les juifs sont des démons ». À Playboy : « Un homme noir qui fricote avec une femme blanche mérite la mort. »

Face à ce racisme, Malcolm X finit même par rompre avec lui, avant d’être tué, en 1965, par trois membres de Nation of Islam. Pas gêné, le héros.

Le 7 février 1967, à Houston, Ernie Terrell, l’ami de ses débuts, a-t-il osé l’appeler “Cassius” ? « Je n’avais pas d’animosité, dira Terrell, je pensais que c’était un combat sportif. » Erreur. Muhammad Ali avait déjà gagné mais il frappa et frappa, « horrible, venimeux, écœurant », écrit le journaliste George Whiting du London Evening Standard. « Comment je m’appelle ? », hurlait Ali, le trai- tant d’Oncle Tom, insulte suprême du Noir soumis aux Blancs, utilisée contre Joe Frazier, Floyd Patterson et tous ceux qui croyaient en l’intégration.

Son refus d’aller à la guerre au Viêtnam, en avril 1967 ? Le racisme. “Mon ennemi est le peuple blanc, non le Viêt-cong.” Comme Elijah Muhammad qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, avait appelé les Américains d’origine japonaise à la désertion. SCondamné en juin 1967, il fait appel. En 1971, la Cour suprême, à une voix de majorité, admet que, si les Témoins de Jéhovah ont le droit d’être objecteurs de conscience, alors Nation of Islam aussi. Et Ali continue à diffuser la haine anti-Blanc.

Ce “pacifiste” soutient d’ailleurs les dictateurs les plus bellicistes en pleine guerre froide, jusqu’au Nord- Coréen Kim Il-sung. Son combat mythique ? Au Zaïre, appelé par son “ami” Joseph Désiré Mobutu, pour 5 millions de dollars, pas indisposé par les tortures, pendaisons, massacres d’étudiants, disparitions d’op- posants. Mobutu est noir, cela suffit à cet esprit éclairé.

Chut !, amis lecteurs, le racisme anti-Blanc, c’est comme les 17 millions de Noirs mis en esclavage par les Arabo-Berbères, avec la complicité de chefs de tribus noires, dont il ne reste pas un survivant. Et les millions de Blancs pris par les Turcs et les mêmes Arabo-Ber- bères. Cela n’existe pas. À partir de 1975, Cassius Clay s’assagit, paraît-il, et devient sunnite. Mais il n’est plus sportif et ne fait rien d’extraordinaire, me direz-vous ? Certes. Son héroïsme, voilà une légende. Une vraie.

“Extrême droite”, “fascisme” : le grand simulacre de la gauche

Valeurs Actuelles. 2 juin 2016

“Extrême droite”, “fascisme” :le grand simulacre de la gauche

Vers le retour
de l’extrême gauche fasciste ?

Incapables de penser les mouvements de rejet
de l’establishment en Europe, les idéologues adoptent le degré zéro de la pensée. BLOC-NOTES

Par Yves Roucaute

Sus au “fascisme”, à l’“extrême droite”, au “nazisme” ! Gauche et extrême gauche ne crai- gnent pas l’usage de ces mots pour diaboliser leurs adversaires. Et la plupart des médias enfour- chent le cheval, suivis par des dirigeants de droite qui ne craignent pas de patauger dans les sillons. Penser, en France, est devenu un luxe. Relever le sens caché, un boulot dangereux.

Je m’y risque pourtant. Un truc du type recherche de la vérité, à déconseiller en tout cas. Peut-être le souvenir de Charles de Gaulle ou de Ronald Reagan, traités de “fasciste” naguère. Par les mêmes. Par ceux qui aujourd’hui, tel un ani- mateur du Petit Journal de Canal Plus, pensent que la Shoah est un détail de l’histoire, jusqu’à présen- ter Donald Trump décoré d’une croix gammée tenant son pré- tendu livre de chevet, Mein Kampf, tandis que l’Humanité colle la photo de Pétain à Nicolas Sarkozy, le fameux « libéral-fasciste ». De Norbert Hofer à Viktor Orbán, “hou, hou, méfions-nous, les fascistes sont partout”, nous dit-on.

Bien joué. Assimiler fascisme et extrême droite ? Dans “extrême droite”, il y a “droite”, le truc est
là. Le quidam ordinaire doit le sentir : la droite est potentiellement “extrême”, donc “fasciste”. Malin.

Rappeler que l’opposition au fascisme, en France, a d’abord été celle de la droite, en particulier de Charles de Gaulle, et non de la gauche, qui fut collabo ou pacifiste, au moins jusqu’à l’arrivée des troupes allemandes à Paris ? Que la grande figure de la lutte antifasciste dans le monde ne fut pas le communiste Staline, qui avait signé un pacte de non-agression avec Hitler, mais un libéral et conservateur, Winston Chur- chill ? Que la troisième grande figure de l’antifascisme fut Franklin Roosevelt, anticommuniste et antisocialiste notoire ? Bon, je sens que déjà cela ne plaît pas. Pour la suite, il me faudra un abri.

Le fascisme ? Né à gauche, à l’extrême gauche. Inventeur ? Le socialiste Mussolini, Benito…

L’extrême droite, camarades ? Royaliste, catho- lique, antipopuliste. Rien à voir avec le fascisme. Le fascisme ? Né à gauche, à l’extrême gauche. Inven- teur ? Le socialiste Mussolini, Benito, en référence à Benito Juárez, révolutionnaire mexicain. En mars 1919, à Milan, il crée les Faisceaux italiens de com- bat, origine du mot “fasciste”. Il se fait connaître en mai 1901 en interdisant aux enseignants d’entrer dans une école en grève. En Suisse, en 1902, il rencontre son égérie : Angelica Balabanova, amie de Lénine, décrite dans la Pravda comme celle qui conduit la politique révolutionnaire en Italie. Il publie, en 1903, un ouvrage anticlérical : Christ et Citoyen. Et il devient le socialiste le plus populaire, après deux condamnations pour avoir agressé des “exploiteurs”. Nationaliste, il déve- loppe la thèse applaudie par Lénine, et reprise par Mao plus tard, de la “nation prolétaire” italienne, opposée aux “nations ploutocratiques” qui ont des colonies. En 1912, il l’emporte dans le Parti socialiste contre les “droitiers”. Et sa popularité croît quand, après des sabotages économiques, il est emprisonné ; le futur secrétaire général du Parti socialiste, Pietro Nenni, l’appelle alors Duce. Nommé directeur d’Avanti!, le journal central du parti, il organise la grève générale ouvrière de 1914. En octobre, il se pro- nonce pour la guerre, comme les autres socialistes européens, et crée Il Popolo d’Italia, avec cette réfé- rence à Blanqui : « Qui a du fer a du pain. » Exclu, celui qui est alors le socialiste le plus populaire du pays réplique : « En m’excluant, vous ne m’interdirez pas la foi socialiste ni le combat pour la révolution. »

Les grandes grèves de 1921 ? C’est aussi lui, jusqu’au référendum du 23 septembre, organisé par le syndicat de la métallurgie (FIOM), qui vote leur arrêt et le refus des “conseils d’usine”, ces soviets anarchistes et communistes, soutenus par Moscou.

Applaudi par le gouvernement et les socialistes, Mus- solini les affronte : ils préfèrent la Russie à la classe ouvrière italienne, dit-il. En août 1921, il signe un “pacte de paix” avec les socialistes, peu gênés par les violences contre chefs d’entreprise, police, militaires et prêtres. En décembre, il y met fin, assuré de l’appui des dirigeants syndicaux révolutionnaires et de 310 000 adhérents. En 1922, ce sont les marches, en particulier sur Rome. Nommé président du Conseil, il gouverne, au début, avec des ministres socialistes, joue au fils du peuple, pain et jeux, surtaxe des riches, impôt sur le capital, interdiction de la spéculation, grands travaux, emplois créés par l’État, semaine de 40 heures, augmentation des salaires, quadrillage du pays sur le modèle léniniste.

Partout, en Europe, les groupes fascistes sont créés par des socialistes. Au Royaume-Uni ? Par Oswald Mosley, député travailliste, qui fonde, en 1932, l’Union des fascistes britanniques. En France ? Par le député socialiste Marcel Déat, ministre du Front populaire en 1936, fondateur du Rassemble- ment national populaire.

Et Hitler ? Il apprend nationalisme et révolution dans les cafés de Vienne. Et un antisémitisme nou- veau qui n’est plus celui, traditionnel, lié à la terre, qui excluait les juifs, mais révolutionnaire, qui exige l’élimination des bourgeois, “donc” des juifs. Héritage de la gauche française du XIXe siècle. C’est le journal Candide, celui d’Auguste Blanqui, qui inventa la supériorité de la race aryenne. C’est Édouard Dru- mont, collaborateur de l’officielle Revue socialiste, repère d’antisémites révolutionnaires, qui, dès 1886, écrit la France juive. C’est Georges Vacher de Lapouge, auteur préféré de Goebbels, candidat socialiste en 1888, fondateur de la section socialiste de Montpellier, qui publie l’Aryen, son rôle social (1899), qui choisira l’extrême gauche, en 1902.

Qui appelle Hitler pour être ministre de la Propa- gande dans le gouvernement bavarois de 1920 ? Les socialistes. Membre du Parti ouvrier allemand, qui se réclame des bolcheviks, Hitler va créer le Parti national-socialiste des travailleurs allemands. Socialiste ? Mais oui. Dans Mein Kampf, il indique qu’il a choisi la couleur rouge de la révolution socialiste et, à la place de la faucille et du marteau, le svastika, symbole de la refondation de l’homme. Goebbels pourra écrire dans Die zweite Revolution (1926) : « Les seuls vrais socialistes de l’Allemagne, de toute l’Europe, c’est nous ! » En 1933, prise du pouvoir et descentes dans les entreprises pla- cées sous la surveillance du parti, perquisitions chez les entrepreneurs, plan de quatre ans de Göring sur le modèle soviétique, SS aux conseils d’administration, héritages sous contrôle, expropriations… Et en France ? Le fondateur du parti nazi, le Parti populaire français, est le député communiste Jacques Doriot.

Hé ho la gauche ! Êtes-vous certain de pouvoir appeler “fasciste” un Donald Trump, héritier de Jack- son et de Jefferson, un Norbert Hofer, nationaliste libé- ral, un Nicolas Sarkozy et bien d’autres qui sont patriotes, libéraux, non violents, respectueux des droits individuels et des institutions ?

Curieux, cette gauche qui n’a pas le nez assez fin pour sentir l’odeur de ses propres crottes. Car qui, aujourd’hui comme hier, insulte et diffame ses adver- saires ? Refuse les institutions démocratiques parle- mentaires au point de s’opposer par la force à la loi ? Attaque la police républicaine pour blesser, voire tuer ? Distille la haine sociale et politique ? Voue au pilori libéraux et liberté d’entreprendre ? Propage l’an- tisémitisme au nom de la prétendue défense des Pales- tiniens ? Frappe les cadres d’Air France, bloque les voies, menace physiquement les non-grévistes des raf- fineries ? Tire sur les sièges des partis ? Cela ne rappel- lerait rien, non, rien de rien ? Va-t-il donc falloir, comme d’habitude, que la droite républicaine vienne au secours des réformistes pour les libérer de la menace de l’extrême gauche factieuse ? ●

 

Yves Roucaute, philosophe, professeur des universités, agrégé de science politique et de philosophie.

 

 

 

 

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La guerre contre le djihadisme

La guerre contre le djihadisme

Entretien avec Atlantico, le 15 juin.

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Ces derniers jours ont été marqués par deux attentats perpétrés par des djihadistes islamistes connus des services de renseignement intérieur français et américains. Plusieurs responsables politiques ont qualifié la situation actuelle de guerre contre le terrorisme. Faut-il aller au bout de cette logique de guerre contre la terreur ? Qu’est-ce que cela pourrait impliquer très concrètement , comme des mesures d ‘internement des personnes suspectées d’intelligence avec l’ennemi jusqu’à ce que la menace disparaisse ?

 

Yves Roucaute : Les opérations militaires menées sur le territoire libyen, syrien et irakien sont nécessaires mais elles ne suffisent pas. Le courage des troupes kurdes peut permettre d’éradiquer l’Etat islamique mais non l’islamisme djihadisteIl faut comprendre que la bataille doit être menée sur notre sol aussi. Cela signifie qu’il n’est pas possible de compter sur des victoires militaires pour l’emporter contre le djihadisme salafiste.

 

Ces batailles et ces victoires montrent dans le même temps que cela ne change pas fondamentalement la donne ni en France ni aux Etats-Unis, ni dans aucune démocratie. Et la menace terroriste reste et restera présente partout dans le monde. Prenons-en acte.

 

Est-ce que nous gagnerons cette guerre par la conjonction d’un durcissement du droit et des forces policières ? Non, nous ne gagnerons pas en mettant un policier derrière chaque Français, ni en limitant chaque jour davantage nos libertés. Cela ne signifie pas qu’il ne faille pas augmenter les effectifs de la police, ou donner des moyens juridiques d’intervention supplémentaires. Mais déjà, appliquons ce qui existe déjà.

Néanmoins, il est clair qu’il n’est pas normal que nous ne prenions pas au sérieux cette guerre menée sur notre sol, que nous relâchions des gens qui menacent la sécurité des Français, qui tiennent des propos ouvertement salafistes, qui ont des comportements salfistes, qui sont fichés S pour islamisme radical, qui soutiennent les terroristes.

Les individus qui soutiennent ceux que combattent nos troupes sont nos ennemis. En termes juridiques, ces individus, qui ont fêté les attentats par exemple comme on le vit à la maison d’arrêt de Villepinte qui était en liesse après les attentats contre la supérette casher et le journal Charlie, commettent  des actes de trahison. Le code pénal est clair dans ses articles 411-2 à 411-11. Ils doivent être sanctionnés. Il est anormal que l’on utilise pas ces textes légaux, le laxisme devient chaque jour lus insupportable. La question n’est pas de supprimer la liberté dans ce pays, mais lorsque des gens sont complices de ceux que l’on combat, il faut les punir et les mettre hors d’état de nuire.

Et que l’on ne vienne pas nous dire que le Conseil d’Etat ou une autre institution judiciaire ne permettraient pas de neutraliser os ennemis comme le fait l’actuel ministre de la justice. Il faut que ceux qui nous gouvernent, malheureusement plus souvent gestionnaires type ENA, que politiques, apprennent que la société n’est pas au service du droit mais que c’est le droit qui est au service de la société. Et qu’un Etat de droit n’est pas un Etat qui permet le viol des libertés, en particulier de la première d’entre elles, la propriété et la sécurité de son corps, le droit à la vie, mais qu’il est là pour l’assurer. Si les textes ne le permettent pas, il faut changer les textes. Si des institutions telle que le Conseil d’Etat ne le permettent pas il faut changer les institutions. Précisément l’Etat de droit, c’est l’Etat de la vie selon un droit conforme à la protection de nos libertés.

Nous manquons au niveau politique d’un Georges Clémenceau qui rappelons le, avait réprimé très sévèrement les gauchistes de l’époque, qui prétendaient pouvoir saboter les forces militaires françaises. Nous manquons d’un général de Gaulle qui, à la libération, avait puni sévèrement ceux qui avaient collaboré avec l’ennemi. Ceux qui publient des tweets exprimant leur sympathie avec l’Etat islamique, celles qui portent le niqab, sont eux-aussi dans un processus de trahison. Il faut agir, au moins avec le droit et les forces existants.

 

2 – L’islam radical semble parfois porter à l’intérieur des frontières occidentales des préceptes proches de l’idéologie défendue par l’Etat islamique. Toujours en suivant la logique de la guerre contre le terrorisme, comment l’Etat devrait-il gérer ces individus ?

 

Yves Roucaute : En période de guerre, les devoirs sont plus importants que les droits car il faut défendre la nation en danger. Nous n’avons pas à nous préoccuper de savoir si celui qui est en face de nous est chrétiens, musulman ou bouddhiste. Nous devons nous préoccuper de savoir si les Français sont prêts ou non à accomplir leur devoir. Je connais d’ailleurs beaucoup d’enfants d’origine marocaine, tunisienne, algérienne, turque, russe qui sont prêts à faire leur devoir pour la France. Et, bien entendu, beaucoup de musulmans.

 

Nous avons en face de nous un ennemi qui est l’islamisme djihadiste. Cet ennemi s’est coulé dans l’islam, et il se nourrit de lui. C’est pourquoi nous devons demander à nos Français musulmans de prendre le drapeau de la France et de se positionner en première ligne dans cette guerre. Ce sont eux qui connaissent le mieux les méthodes de détournement de l’islam pratiqué par les djihadistes, et ce sont eux qui sont les plus forts pour faire une contre-attaque culturelle contre les djihadistes.

A cet égard, il faut voir l’excellent film, Pesmergas, réalisé par Bernard Henri-Lévy, qui montre le combat des Kurdes contre ce Mal radical. Et qui, au-delà, peut permettre de mener sur notre territoire cette campagne idéologique dont nous avons besoin pour éradiquer le salafisme dans les têtes. Il faut multiplier ces produits culturels, vidéos, films, musiques, images, textes qui offrent à la jeunesse des héros, des mythes, des récits qui renforcent les défenses culturelles de notre cité et détournent la jeunesse fragile de la propagande djihadiste. Nous devons prendre au sérieux la guerre idéologique.

Et celle-ci se joue jusque sur le plan militaire : il faut par exemple, créer des bataillons de femmes. A la façon des Kurdes. Rien ne terrorise plus ces immondes bêtes islamistes que de se faire tuer par des femmes, ils croient qu’ainsi ils n’iront pas au paradis. Cela les inquiète moins que d’égorger des gens.

 

3 – De par leur Histoire faite de violences, parfois extrêmes, les sociétés européennes donnent parfois l’impression de craindre  un retour  aux « heures les plus sombres de l’Histoire ». Cette crainte, légitime, ne serait-elle pas également un frein à la mise en place de solutions permettant de protéger les populations occidentales,  ce qui semble  tout aussi légitime ?

 

Yves Roucaute : Les sociétés européennes n’ont pas une histoire plus violente que celle des autres civilisations. Il suffit de songer au Biafra, à l’opposition des Hutus et des Tutsis, aux conflits au Japon, en Chine, en Indonésie, dans la Corne d’Afrique. C’est même le contraire qui est vrai : rapidement les sociétés européennes ont régulé leurs pulsions de mort, elles ont d’ailleurs inventé le droit international jusque dans la guerre, les tribunaux internationaux.

A l’inverse, ce qui est vrai, c’est que nous avons castré les populations occidentales, de l’Ouest européen en particulier. On les a forcées à accepter un travestissement de leur histoire, une culpabilisation incessante, l’accusation de colonisation et d’esclavagisme, qui étaient pourtant le lieu commun et auxquels elles ont les premières mis fin. Le politiquement correct leu a fait maudire leur civilisation et leur histoire.

Et c’est pour cela que notre société a été aussi molle contre ces ennemis qui tuent nos concitoyens ou qui s’en réjouissent. Clémenceau les aurait fusillés, et si je ne sais pas si c’est la bonne chose à faire, ce qui est sûr c’est qu’à partir du moment où des individus soutiennent des ennemis, il est normal que nous les sanctionnons et les neutralisons.

Le pays n’a pas à craindre de revenir aux « heures les plus sombres ». Le problème est que nous n’avons plus, les Européens mais surtout les Français, la culture de défense du territoire. Nous avons baissé notre garde. La France a pourtant une longue tradition de protection de ses frontières, de protection de sa culture. C’est pourquoi il est étrange que mille ans d’histoire aient été autant affaiblies par 40 ans de politiquement correct. C’est d’ailleurs aussi vrai aux Etats-Unis, dans certains Etats. Or, une France moralement désarmée est fissurée. Face aux ennemis qui pénètrent par ces failles, elle n’est plus capable de défendre ni son territoire ni sa sécurité, et elle n’est pas capable de dire ce dont elle veut et ce dont elle ne veut pas. Par exemple, la propagande djihadiste dit sur internet aux individus fragiles que la France est raciste et antimusulmane, qu’elle est colonialiste. Et le politiquement correct écrit dans ses manuels que la France est colonialiste. Et la gauche intellectuelle dénonce le racisme dés que l’o parle de nation, et d’islamophobie dés que l’on demande le respect des droits individuels et de la laïcité. Elle crédibilise la propagande djihadiste. Sans même évoquer sa façon de justifier l’antisémitisme de cette propagande, en prétextant le refus du sionisme et en montrant Israël comme une dictature et les juifs comme des fauteurs de guerre et des assassins des Palestiniens. Comme si les Palestiniens étaient un bloc, entre chrétiens, partisans du Hamas, musulmans démocrates etc, voulaient de tels porte-parole ? Comme si le Soudan, le Yemen, l’Arabie Saoudite et des dizaines d’autres Etats qui sont de vraies dictatures, n’existaient pas. C’est évidemment l’antisémitisme qui guide l’extrême-gauche moins gênée par le Hamas e tles dictatures que par Israël.

Laxisme, relativisme, entretien de la confusion, on ne dira jamais assez la responsabilité du politiquement correct dans la situation d’aujourd’hui. Nous payons aujourd’hui le relativisme issu de l’idéologie 1968.

Pourtant, il ne faudrait pas grand chose pour que la France redevienne forte, il suffirait qu »un leader politique affirme haut et fort que peu importent les origines, la couleur de peau, le sexe ou la religion, lorsque l’on naît ou vit dans un pays, des droits sont accordés mais aussi des devoirs. Et ceux qui ne veulent pas les respecter doivent être ou condamnés ou expulsés.

 

4 – Larossi Abballa, auteur de deux meurtres dans les Yvelines lundi 13 juin, était fiché S et avait été condamné en 2013 pour sa participation à une filière de radicalisation. Aux Etats-Unis, le FBI s’était de même penché sur le niveau de menace que représentait Omar Mateen avant de décréter qu’il n’en était pas une. A quoi pourrait ressembler un tribunal qui aurait la charge d’isoler des individus qui représentent une menace ? Y a-t-il des éléments dont nous pourrions nous inspirer concernant le très controversé « patriot act », mis en place aux Etats-Unis après le 11 septembre 2001 ? Serait il nécessaire d’aller aussi loin, voire plus loin ?

 

Yves Roucaute : Il nous faudrait bien sûr un Patriot Act à la française. Va-t-on indéfiniment joué la carte de l’exceptionnalité, de l’état d’urgence ? La guerre va être longue. Si nous avons déjà un énorme attirail juridique, nous souffrons en France de deux choses : d’une absence de volonté de mettre hors d’état de nuire ceux qui sont coupables de trahison, mais aussi de notre incapacité à lutter avec les armes de l’Etat de droit.

En clair nous manquons de contrôle pour préserver la liberté, et dans le même temps, nous souffrons d’un manque d’outils pour réprimer ceux qui sont coupables de trahison ou de menée criminelles contre notre pays.

Aux Etats-Unis, il existe une cour de justice indépendante du pouvoir politique pour veiller au respect des libertés individuelles dans l’application du Patriot Act, le FISC. En France, les bureaucrates qui gouvernent préfèrent la justice administrative, plus confortable pour l’exécutif, plus malléable, souvent aux ordres. Et ils naviguent à vue, avec une grand inefficacité. Il nous faut l’efficacité et le respect des droits.

Accepterions nous que des gens portent des croix gammées, usent du salut nazi quand ils se rencontrent ou chantent des chants nazis ? Enfermons les fiches S jusqu’à la fin du conflit, vingt ans si nécessaire, frappons durement les comportements et les propos djihadistes, en particulier dans la rue et sur les réseaux sociaux.

De quoi avons-nous peur ? Voir nos fils et nos compagnes égorgés ne nous fera pas tenir debout ? C’est la volonté qui manque.

 

Vive l’exception culturelle française !

Vive l’exception culturelle française !

 

Ceux qui comptent ne savent pas toujours ce qui compte. Puissance et défense de la créativité, c’est aussi cela l’esprit de la France. BLOC- NOTES. Valeurs Actuelles.

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Le sens caché du Festival de Cannes

Par Yves Roucaute

 
Se balader au Festival de Cannes permet de songer à la France, à son exception culturelle. « Pour que tout reste comme avant, il faut que tout change », dit Tancredi Falconeri dans le Guépard de Visconti. Propos cyniques d’un ambitieux prêt à tout pour maintenir ses privilèges ? Non. Seulement un double refus. Celui du repli archaïque et celui de la glorification béate de la nouveauté, du “changement, c’est maintenant”.
 
Taxes, impôts, aides, encadrement, économie administrée, l’exception culturelle n’a pas bonne presse dans la mondialisation. La culture française n’aurait pas besoin d’être protégée, dit Mario Vargas Llosa, qui dénonce « chauvins » et « démagogues ». La France concentre- rait scandaleusement les deux tiers des aides au cinéma et à l’audiovisuel de l’Union européenne.
 
« Laissez faire les hommes,laissez passer les marchan-
dises » ? Idée plaisante quand on a la nostalgie des ruines. Celles
du cinéma italien par exemple.
Ah ! la Mostra de Venise, la grande concurrente de Cannes. Mais où sont les films produits par les Italiens ? Qu’est devenueCinecittà, pendant un demi-sicle deuxième studio du monde derrière Hollywood ? Où sont lesRossellini, De Sica, Visconti ?Les Quo Vadis ou les Ben
Hur ? Les westerns-spaghettis même ? Cinecittà s’est éteinte. La fée Fellini est devenue le Donald Duck d’un parc à thèmes. Faute d’aides, de réglementa- tion, de volonté politique.
 
En Europe : 69 % des films ingérés viennent des États-Unis. En Espagne, pas d’équivalent du Festival de Cannes. En Suède ? Depuis bien longtemps, à l’image de Sourires d’une nuit d’été de Bergman, la reconnaissance se trouve à Cannes. Le Festival de Berlin ? Le cinéma d’auteur n’y est pas toujours au rendez-vous. À l’inverse, à Cannes, en 2016, les longs métrages français représentent plus de la moitié de la compétition de la sélection officielle, et 66 % des films en sélection à la Quinzaine des réalisateurs. En 2015, le cinéma français a représenté 106 millions d’entrées à l’international avec 515 films exploités.
Deux fois et demie plus de films aux États-Unis qu’en France ? Vrai. Pour une population cinq fois plus nombreuse. L’Inde ? Le Bollywood indien est subventionné et protectionniste. En Chine aussi.
Évaluer le dispositif de soutien à la production cinématographique ? Le statut des intermittents ? Les obligations d’investissement des diffuseurs ? Les effets d’aubaine pour la médiocrité ? D’accord. Mais n’oublions pas le sens caché de l’exception culturelle.
La culture, cinéma en tête ? C’est un soft power, le sel de la guerre culturelle dans la mondialisation, clé des exportations, des emplois, de la puissance. Benito Mussolini le savait, qui inaugura Cinecittà, en 1937, « la plus puissante des armes ». Les États-Unis et la Chine aussi, qui se battent pour exporter leurs films, cheval de Troie de leurs produits.
Plus encore. Contre acculturation et décultura- tion, indifférenciation et médiocrité, avec son excep- tionnalité la France porte le grand message de la liberté créatrice. Celui de Jean Zay, initiateur du Fes- tival de Cannes, en 1939, et qui, le 20 juin 1944, avant de mourir, cria à ses bourreaux : « Vive la France ! »
 
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