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Traitement médiatique du Covid-19

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Atlantico.fr : Alors que certains medias semblent découvrir seulement aujourd’hui que le virus Covid-19 pouvait se transmettre par la parole, vous avez alerté, dès la fin février et dans Altantico même en mars, sur ce mode de propagation. En quoi les paroles médiatiques, politiques et scientifiques n’ont pas été à la hauteur de leurs attributions depuis le début de la pandémie ?

Yves Roucaute : Oui, il est scandaleux que certains médias français osent présenter depuis quelques jours comme un prétendu scoop la découverte d’une « possible » transmission du covid-19 par la parole, via ces gouttelettes qui sortent de la bouche quand vous parlez, même normalement. Car cette prétendue découverte est connue depuis 3 mois par la communauté scientifique, la vraie, celle qui travaille sur le covid-19 dans les labos et qui combat dans les hôpitaux ! Celle qui diffuse ses informations sur tous les sites sérieux de santé accessibles pour tous des Etats-Unis à Beijing. L’opinion publique aurait dû être alertée par les médias il y a longtemps déjà, au lieu d’attendre la confirmation du parapheur gouvernemental.

Et le scandale continue ! J’ajoute, pour la énième fois, que cette transmission par les airs n’est pas seulement « possible » mais qu’elle est certaine. Et je souhaite savoir à quel moment ces mêmes journalistes, qui se sont tus hier, vont dire enfin toute la vérité : car ces gouttelettes qui s’appellent « gouttelettes de Flügge », découvertes en 1990 par Karl Flügge, restent non pas quelques secondes dans l’air comme le prétendent les ânes, mais jusqu’à 3 heures. Oui, jusqu’à 3 heures ! A quel moment aussi révèleront-ils ce scandale d’une administration qui a interdit le mois dernier à un laboratoire vétérinaire qui le proposait, de fournir aux français 100 000 masques par semaine sous prétexte que « vétérinaire » n’était pas « médical » ?

Craignent-ils donc d’en tirer les conséquences ? Car cela signifie clairement que le coronavirus s’est transmis lors des élections municipales. Qu’entrer dans un isoloir, dépouiller des bulletins, tenir un bureau de vote a été une source de la mortalité énorme qui sévit en France. Craignent-ils donc d’avoir à demander pourquoi les morts du coronavirus ont atteint un record de + 59,6%, 14 jours après les municipales ? Cela signifie tout aussi clairement que les fameuses « barrières » étaient bel et bien une ligne Maginot, même si garder ses distances, se laver les mains ou porter des gants sont des mesures de bon sens. Faire la queue en se tenant à 1 mètre de son voisin chez les boulanger ou se prendre un moyen de transport en commun sans masque  est dangereux car les gouttelettes ne sont pas en plomb, même si certains cerveaux de nos technocrates ressemblent à des pois-chiches.

Oui, je suis extrêmement choqué, plus encore comme citoyen que comme philosophe théoricien des sciences. J’ai moi-même arrêté certaines de mes recherches pour tenter de percer la croûte d’ignorance médiatique et de connivence politique qui règne en expliquant à ceux que je pouvais joindre par des textes et des vidéos publiés sur Facebook, You Tube, Twitter, par Atlantico qui m’avait interrogé, par des blogs, par des conférences, ce que tous les savants qui travaillent sur cette question savent depuis trois mois. Oui, la transmission par la simple parole a été prouvée par les travaux publiés par l’Anestasia Patient Safety Foundation des Etats-Unis, depuis le 12 février, par les laboratoires d’Hamilton du Professeur Vincent Munster du Centre de virologie des États-Unis, diffusé massivement début mars, de Princeton, de l’UCLA, d’Harvard… De fin février à début mars, des dizaines de centres ont publié leurs recherches, relayées par les sites populaires de publications et prépublications comme MedRxiv, par les réseaux sociaux et les journaux chinois ou américains. Depuis le 3 mars, l’Organisation Mondiale de la Santé assène que l’absence de masques met en danger la communauté médicale, et pas seulement, évidemment en raison du mode de transmission par les airs. Et je rappelle que cette transmission se fait par la simple parole mais aussi par certains métaux et les plastiques sur lesquels il survit jusqu’à 3 jours, avec 12 heures en moyenne sur les aciers, 16 heures en moyenne sur les plastiques, et sur les cartons jusqu’à 4 heures. Pas vu, pas pris ?

Non seulement certains médias n’ont pas relayé l’information qu’ils auraient pu trouver mais ils ont relayé la désinformation mortelle, selon laquelle les « geste barrière » suffiraient, tandis que les masques ne seraient pas efficaces ! Aujourd’hui encore, nombre de Français jugent le masque inutile et courent, à cause d’eux, au-devant de la mort, leur désinformation sous le bras.

Une désinformation pourtant combattue depuis trois mois par tous les laboratoires du monde qui travaillent sur cette question, y compris en Europe, du principal institut de santé des Pays-Bas à celui d’Edinburgh. Les fameuses gouttelettes de Flügge qui transportent le coronavirus sont arrêtées aussi bien en projection qu’en inhalation de 98,7% à 100% par les masques FFP2, et de 78% à 100% pour les masques chirurgicaux.

Non seulement les grands médias n’en font jamais fait leur titre mais je vois même des journalistes manipulés se lancer dans des diversions pour passer sous silence le fait que sur 193 États dans le monde nous sommes médaille de bronze. Ainsi, ce procès médiatique contre François Bayrou sous prétexte qu’il aurait livré gratuitement à la population des masques d’origine chinoise. Diantre ! « chinois », vraiment ? Pas touche au gouvernement qui a imposé des élections, n’a fourni aucun masque durant trois mois et a prétendu qu’ils ne servaient à rien, envoyant à la mort des milliers de Français, mais haro ! sur un maire qui avait protesté contre la tenue des élections municipales et qui ne veut pas laisser mourir les habitants de Pau ? Et puisque le textile vient essentiellement de Chine et d’Asie, devrait-on aussi se promener nus ?

Dans certains pays, dont la Chine précisément, qui n’est pas un modèle de démocratie et qui a elle-même organisé la désinformation meurtrière en décembre, cette désinformation sur les moyens de se préserver du coronavirus est aujourd’hui considérée comme un crime et punie comme tel. Ici, c’est trop souvent une vertu.

Pourquoi avec vos confrères scientifiques n’avez-vous pas été entendus et quelle est la source de cette débâcle médiatique ?

Il y a le manque de moyens dans les médias en France évidemment. Des Tintin cela a un coût et une rentabilité aléatoire. Enquêter prend plus de temps qu’écrire un éditorial et demande plus d’investissements.

Mais il y aussi un phénomène français, propre à certains pays en voie de développement. C’est l’ignorance appuyée sur la connivence politique. C’est Bouvard appuyé sur Pécuchet.

Sur l’ignorance d’abord. Les journalistes manquent trop souvent de culture scientifique. Sauf exceptions notables. Il en va d’ailleurs de même pour la philosophie souvent confondue en France avec le bavardage littéraire. La curiosité permet de compenser l’itinéraire, mais elle n’est pas si bien partagée qu’elle se devrait.

La réception de Yuval Noah Harrari annonçait ce que l’on voit aujourd’hui. Alors que tous les chercheurs des laboratoires en Intelligence artificielle, en nanotechnologies et en biotechnologies ont ri devant les thèses incohérentes de ses livres, les médias français l’ont encensé comme un vrai livre scientifique, criant même au génie à l’image d’un hebdomadaire qui n’a pas craint le ridicule en décrétant qu’Harari était le plus grand penseur de notre temps. Il faut néanmoins reconnaître que faire croire à l’opinion que nous serions menacé par une Super Intelligence qui nous boufferait a le mérite de rappeler les histoires de Mère-Grand et du méchant loup, ce qui permet de vendre papier et audience et ce qui a assuré un beau succès littéraire à Harari. Littéraire mais non scientifique. J’ai répondu à ces élucubrations par Le Bel Avenir de l’Humanité, appuyé par les vraies connaissances et les laboratoires avec lesquels je travaille depuis une vingtaine d’années mais évidemment, sachant la puissance de séduction des machines à fantasmes apocalyptiques, je n’ai pas pensé une seconde arrêter de telles sornettes, simplement défendre le camp du progrès.

C’est le même processus qui s’est opéré avec le Covid-19. Allez expliquer à des journalistes que n’ont aucune culture scientifique que si un virus est petit, il ne passera pourtant pas à travers les mailles d’un masque quand les technocrates du gouvernement ont expliqué avec leurs règles que le coronavirus de 0,125 micron s’en moquait en enfant polisson. Que faire, si, par paresse, ils refusent d’aller vérifier les informations sur les sites des laboratoires, ceux d’infectiologie, de l’APSF, des instituts de virologie… qui tous disent depuis deux mois, voire trois, que masques FFP2 et masques chirurgicaux arrêtent la contagion parce qu’ils arrêtent les gouttelettes qui sortent de la bouche quand on parle ? Écrire des articles, diffuser des vidéos ? Je l’ai fait, comme j’ai écrit Le Bel Avenir de l’Humanité, mais beaucoup ne lisent plus comme il y a vingt ans, préférant la facilité de l’estampille gouvernementale, et à moins d’un gros buzz divertissant autour d’un Panoramix régional, difficile de les faire bouger.

Le second problème est la connivence. Elle touche aussi certains milieux scientifiques qui courent après les prébendes et les décorations. Elle tient aussi parfois à un souci légitime de préserver la république du chaos ou de ses ennemis. Mais elle obtient le contraire de ce qui est recherché. D’approximations en petits calculs, imaginant les conséquences possibles d’une information vraie qui tournerait au bénéfice possible du Rassemblement national ou de l’extrême-gauche, de la droite moribonde ou de la gauche vagabonde, nombre de journalistes se sont dits qu’il était plus prudent de suivre le gouvernement au lieu d’éclairer la société pour le bien public.

Croit-on que parce que Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon disent que 3 + 2 font 5, il faut dire le contraire ou le cacher ? La première avait conseillé la fermeture des frontières, avait-elle tort ? Moi-même j’en ai douté en février, croyant encore possible de fermer les frontières européennes et priant pour que l’Europe avance en ordre. Le second réclamait plus de moyens pour les hôpitaux, n’avait-il pas raison ? De ce point de vue, je n’ai jamais varié, souhaitant que le partenariat public-privé et européen soit renforcé dans les biotechnologies et que matériels et salaires soient à la hauteur des défis. Être du côté du mensonge et du simulacre n’a jamais fait avancer la cause républicaine. Et quand on se trompe, mieux vaut l’admettre, ce qui es ten général pardonné.

Pour ma part, je suis d’accord avec Aristote dont la légende dit qu’un jour lui fut demandé pourquoi il critiquait Platon, il aurait répondu « Platon est mon ami, mais la vérité l’est plus encore ». Cela vaut pour certains membres de ce gouvernement et certains journalistes que j’apprécie mais qui errent.

Ils ont été aveugles sur le fait que les études administratives et économiques de la technostructure ne donnent aucune compétence à gouverner en général, et certainement pas en période de crise sanitaire. Et qu’il est absurde de confier son navire en pleine tempête à un capitaine qui n’a pas même son permis côtier. Il l’a prouvé lors de la crise des Gilets Jaune, il le prouve à nouveau aujourd’hui.

Au moins médias et bureaucratie vietnamiens ont-ils eu plus de bon sens. Sachant leur ignorance crasse, les politiques n’ont pas organisé un système de psychorigidité bureaucratique. Ils ont mis en place une structure de vrais scientifiques et d’épistémologues qui ont décidé que faire, dès le départ, sachant ce qui était arrivé avec les coronavirus précédents. Faute de moyens pour tester toute la population, masques et confinements furent décidés. Les médias sont relayé les scientifiques. Et il n’y a aucun mort. Pas même à la frontière chinoise.

Ne vous attendez-vous pas à quelques réactions violentes, telles celles que vous avez connues lorsque vous aviez écrit « Splendeurs et Misères des journalistes » et comment la parole médiatique politique ou scientifique peut-elle être réhabilitée ?

J’ai peu de mots à retirer de ce livre, seulement des noms à changer. Je sais qu’il y a assez de journalistes qui croient en leur métier, auquel je suis moi-même attaché, pour en défendre les valeurs. Cela fut d’ailleurs le cas à l’époque de la sortie de ce livre qui s’est vendu comme du bon pain, celui dont ont besoin les républiques quand l’un de leur pilier menace de s’écrouler. Car le journalisme d’enquête, indépendant des pouvoirs, intercesseur de la société civile et non censeur, est indispensable dans une république libre. Il s’agit là d’une condition pour que le débat puisse avoir lieu entre tous les citoyens pour la recherche du bien public. Ce qui n’interdit pas à chacun de défendre des opinions tranchées, des engagements politiques fermes mais jamais au détriment de la recherche de la vérité. On tâtonne, on cherche, on se trompe souvent, mais avec honnêteté. Sans cette vertu, la république est morte avant d’avoir sombré.

La France est moralement affaiblie. Les politiques qui gouvernent ont préféré des positons psychorigides à la mise en cause des procédures prévues Et certains médias n’ont pas fait leur métier de contre-pouvoir dans lequel ils doivent exceller. Aller chercher la vérité, enquêter du côté des scientifiques, des médecins, des politiques publiques menées ailleurs, éclairer l’opinion publique et lui permettre de s’exprimer, exiger des réponses du gouvernement, relever ses incohérences, ne fut pas la préoccupation première. Qui peut m’expliquer par exemple comment des journalistes dans ce pays ont vraiment pu croire qu’un masque ne servait à rien pour le quidam ordinaire mais qu’il serait indispensable pour les médecins ? Pour que le masque soit efficace, il fallait donc une carte de professionnel de la santé ? Si on les suit, c’est donc la carte du parti qui protégeait les Vietnamiens masqués comme le concombre de la bande dessinée puisqu’il n’y a eu là-bas aucun mort ?

Réhabiliter la parole médiatique c’est exactement le processus inverse de celui qui permet de lutter contre le Covid-19. Il faut retirer les masques. Ceux de la connivence, non seulement politique mais aussi économique et idéologique. Afin d’organiser la seule connivence acceptable : avec la vérité et l’opinion publique, celle qui n’a de comptes à rendre qu’à elle-même, d’être l’intercesseur de tous sur l’espace public, de surveiller les pouvoirs au nom des n’importe qui. Car c’est cela qui fait la grandeur du journalisme, son caractère indispensable dans une république, cette défense de la liberté, en communion avec des réseaux sociaux que le journaliste, le « gentilhomme » du XXIème siècle comme dirait Confucius, doit aussi éclairer pour qu’ils ne soient pas le lieu d’une guillotine médiatique.

Sur LCI, avec ROSELYNE BACHELOT. 6 mai.

Avec la toujours excellente et sympathique Roselyne Bachelot, sur LCI. le 6 mai. Thèmes: Notre Dame des Landes et faut-il punir les familles des enfants absentéistes en supprimant leurs allocations? Pour le lien, cliquer ici: https://www.lci.fr/replay/replay-l-heure-de-bachelot-du-jeudi-16-mai-2019-2121268.html

https://www.lci.fr/replay/replay-l-heure-de-bachelot-du-jeudi-16-mai-2019-2121268.html

Sommaire. « Le Bel Avenir de l’Humanité »

Le bel avenir de l’humanité: https://www.amazon.fr/Bel-avenir-lhumanité-révolution-contemporains/dp/2702163483/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1548346235&sr=8-1&keywords=le+bel+avenir+de+l%27humanité

Introduction
PREMIÈRE PARTIE – L’HOMO CREATOR AU PAYS DES MERVEILLES
Chapitre I – « je suis Celui qui crée »
La nature humaine est de transformer la nature ; La révolution néolithique ; Le voile d’ignorance de la pensée magico-religieuse ; « Je » n’est plus un autre
Chapitre II – Robot : l’humanité déchaînée
Symptôme de l’aveuglement des apocalyptiques : robots contre automates ; Monde prométhéen : le règne de l’esprit néolithique ; Prométhée enfin mis en congé
Chapitre III – Vers l’abolition du travail
Vers la disparition de tous les emplois ; La fin de l’illusion de la destruction créatrice
Chapitre IV – Robot, le meilleur ami de l’homme
La quotidienneté bouleversée ; La santé bouleversée ; Un robot nommé désir
Le drone ne tue pas, il empêche d’être tué ; Au bar du Bon Accueil, le robot barman
Chapitre V – La cigale et la fourmi : la créativité, origine de la richesse des nations
Ni fourmi, ni abeille, ni castor : bévues libérales, fantasmes socialistes ; L’origine de la richesse n’est pas le travail ; L’erreur de Karl Marx ; Les crises économiques sont d’abord des crises de la créativité humaine
Chapitre VI – La cigale et la rentière
Travailler moins pour gagner plus ; Soyez fous
Chapitre VII – Super intelligence et singularité humaine
À la découverte du cerveau ; Super intelligence : construction d’une mystification ; La super Intelligence bienfaisante ; Mémoire créatrice et mémoire artificielle ; La supériorité de la mémoire humaine
 
DEUXIÈME PARTIE – LE CORPS HUMAIN « TOUJOURS + »
Chapitre VIII – Retour vers le futur IV, à la recherche de l’humain perdu
Retour vers le futur IV ; L’humain toujours plus ; Amélioration biologique : un désir naturel
Chapitre IX – Le secret du Sphinx, le sourire du cyborg et la joie d’Œdipe
Sens caché de la mort du Sphinx : l’Homo creator ; « Moi d’abord » ; Libérer l’humanité des données naturelles
Chapitre X – Là où y a du mauvais gène, y a pas de plaisir
Œdipe + ; Corps biologiquement amélioré pour préserver l’humanité ; Le corps n’appartient plus aux maîtres de Vérité
Chapitre XI – Clone-toi, le Ciel t’aidera !
Donner aux vivants les moyens de survivre ; Le clonage pour mieux vivre ; Le clonage reproductif fabriquera des êtres différents et libres
Chapitre XII – Bébé creator +
La gestation pour autrui n’est pas immorale ; La procréation médicalement assistée n’est pas immorale ; Fécondation in vitro : la seule chance de survie de l’humanité ; le bébé creator + ; Liberté et amour augmentés
Chapitre XIII – L’immortalité par l’élixir de jouvence et la cryogénisation
Pourquoi ne pas s’attaquer à la mort ?; Télomère, mon assurance immortalité ; Cryogénisons !
Chapitre XIV – Les nanotechnologies, nouvel âge de la création
Le grand renversement : déconstruction-dépassement du réel ; À la conquête de l’infiniment petit pour détricoter ; Détricoter pour tricoter un réel + ; Ce qui est ne dicte plus à la nature humaine ce qui sera
 
 
TROISIÈME PARTIE – QUAND LE VERBE HUMAIN SE FAIT CHAIR
Chapitre XV – Le crépuscule de l’État
Le totalitarisme, plus ancienne forme d’organisation politique ; La démocratie ne rompt pas avec la sacralisation du pouvoir ; Esprit néolithique et totalitarisme moderne ; La tyrannie de l’idolâtrie étatique ; Le grand nettoyage a commencé
Chapitre XVI – Les ailes des papillons
Le jardin à l’anglaise ; La dynamique papillonne ; Le filet à papillons de Colbert ; La sortie de crise de 1929 n’est pas due à l’étatisme ; La Chine communiste dit la règle ; Les entreprises d’un type nouveau ; Vers la gratuité
Chapitre XVII – Salaire universel, radeau de la méduse
La justice sociale et Raminagrobis ; Sacrifices humains et archaïsme de Socrate ; La vision juste d’Aristote et l’errance socialiste ; Le coup du radeau ; Théorie de la justice contemporaine : premier pilier, l’interdiction du sacrifice ; Second pilier : la plus grande créativité possible pour le plus grand nombre ; Troisième pilier : la réalisation de soi ; Pour en finir avec la balade de Nayarama
Chapitre XVIII – Adieu écritur é écol ☹, Bjr gai savoir ☺
L’écriture et les intellectuels au service des pouvoirs ; La parole-Vérité contre la parole-dialogue : le détournement des écoles ; Pouvoir du livre et livre du pouvoir ; Le modèle archaïque français ; La parole-dialogue des Temps contemporains
Chapitre XIX – Du droit des nations à la paix d’humanité
Nation ethnique et esprit des tombes ; De l’étranger et des guerres ; Le refus du droit des nations des modernes, donc la guerre ; Droit des nations : première condition de la paix d’humanité ; La preuve par la Catalogne ; La preuve par la Corse ; Nations spirituelles : seconde condition de la paix d’humanité ; La nation des Temps contemporains
 
QUATRIÈME PARTIE – L’ODYSSÉE DE L’HOMO CREATOR
Chapitre XX – Abolition de la famine et fin du sacrifice animal
Granivores, frugivores, végaliens, végétariens : le bal des tartuffes ; La fin de la famine ; La fin du calvaire animal
Chapitre XXI – Le bonheur ici et maintenant
L’esprit néolithique de Socrate ; L’esprit néolithique des matérialistes ; Le bonheur passe par la créativité ; Le souverain bien ; Moi d’abord, moi d’accord : aime-toi toi-même pour aimer les autres ; Le bonheur dans la réalisation de la singularité déterritorialisée
Chapitre XXII – Contre le Beau, l’art de sa vie
Dès son origine, l’art se définit par la créativité, non par le beau ; Kant, le can’t de l’art ; Le monde est un terrain de jeu pour « Je » ; Le geste créatif transforme l’humain en artiste
Chapitre XXIII – Morale universelle du « Moi d’abord, moi d’accord »
« Connais-toi toi-même » : formule archaïque de l’esprit néolithique ; « L’humanité est la mesure de toutes choses » contre l’immoralité de Kant ; Le véritable impératif moral, le bien et le mal ; La révolution des Temps contemporains annonce la défaite du mal et la paix perpétuelle ; Vers l’amour universel
Chapitre XXIV – Le nom de Dieu, le Verbe des humains
Contre Harari : le matérialisme n’est pas à la source de l’humanisme ; Contre Harari : le matérialisme n’est pas à la source des sciences ; Le matérialisme anti-humaniste des Lumières ; Matérialisme archaïque de la Nature et des atomes ; L’idéalisme est incompatible avec la nature créatrice humaine ; Adieu matérialisme et idéalisme ; Les conditions d’un nom de Dieu compatible et le sens caché de ce nom
Chapitre XXV – L’odyssée de l’espace
Des déluges comme s’il en pleuvait ; La condamnation de la terre ; Le grand départ ; L’humain, passager clandestin de la terre ; Le sens du véhicule intelligent ; Les arches de Noé
Bibliographie

Gilets Jaunes: Le Bel Avenir de la Politique?

Chers amis,
Au lieu de répondre à la violente attaque d’Eric Zemmour contre mon livre, Le Bel Avenir de l’Humanité, et contre moi-même, sur une 1/2 page du figaro où il dénonce l’ « imbécile heureux » et me désigne comme ennemi N1 de la France, pour ceux qui craignent les samedis difficiles et aiment discuter cordialement dans le souci du bien commun de l’avenir de la France, je me permets de vous donner la tribune que j’ai publiée ce jour, le 7 décembre, sur le site Atlantico https://www.atlantico.fr/fiche/yves-roucaute-1501621.

« GILETS JAUNES : LE BEL AVENIR DE LA POLITIQUE ?

Par Yves ROUCAUTE, philosophe, Professeur agrégé des facultés, auteur de « Le Bel Avenir de l’Humanité ».

LA FRANCE RETIENT SON SOUFFLE EN REGARDANT LE FEU QUI COUVE SOUS LA BRAISE. QUE SE PASSERA-T-IL SAMEDI PROCHAIN ET DANS LES JOURS SUIVANTS AVEC LES GILETS JAUNES ? ET SI C’ÉTAIT LE DÉBUT D’UN BEL AVENIR POLITIQUE QUI SE DESSINAIT ENFIN ?

La France retient son souffle en regardant le feu qui couve sous la braise. Que se passera-t-il samedi prochain et dans les jours suivants avec les Gilets Jaunes ? Qu’adviendra-t-il si un manifestant est tué par les forces de l’ordre ? La crise d’autorité est là depuis trois semaines, la crise de la légalité se profile depuis samedi dernier, demain la crise de légitimité pourrait emporter le régime. Le pire est devenu chaque jour moins incertain. « Il n’y a aucun mal à changer d’avis, pourvu que ce soit dans le bon sens » disait le malicieux Winston Churchill. Hélas !, après n’avoir pas voulu changer d’avis, la panique étant mauvaise conseillère, le gouvernement a choisi le mauvais chemin. En acceptant trop tardivement un « moratoire » puis l’annulation des taxes sur les carburants, il semble toujours en retard d’une guerre, incapable de saisir l’espace et le temps des nouvelles formes de mobilisation. Le désordre est là, la chienlit menace.

Car chaque jour révèle l’incompréhension du sens de ce qui se joue à l’heure de l’expansion des réseaux, de la destruction du rapport magico-religieux au pouvoir et des multiples possibilités de coordination virtuelle puis réelle des citoyens qui se veulent acteurs de leur vie. La nouvelle démocratie, que j’appelle « collaborative » dans mon livre Le Bel Avenir de l’Humanité, c’est l’association de la gouvernance, de la démocratie représentative avec les réseaux, avec ces mille plateaux de discussion et de mobilisation qui alimentent le tissu de la vie dans la Cité. Mais au lieu de concevoir et de construire ces nouvelles relations, ce à quoi pourtant le candidat Emmanuel Macron semblait disposé contre les vieux partis classiques, le gouvernement a imaginé, et imagine encore, un ennemi dans ces réseaux au lieu de voir un partenaire.
Résultat : une dynamique de crise dont il ne pourra sortir sans changer de logiciel. L’augmentation des taxes avait « cristallisé » le mécontentement des classes moyennes qui se paupérisent et de la France périurbaine qui se voit de plus en plus délaissée. Le comportement autoritaire du gouvernement, cette façon absurde de jouer le temps et le pourrissement du mouvement selon les vieux canons politiques, a conduit à « décristalliser ». Aux yeux des Gilets Jaunes, cette mesure est d’abord devenue le symbole d’un gouvernement qui ne se préoccupe pas du malheur quotidien. Puis, là où hier encore ils voyaient une mesure particulière, ils découvrent la pointe immergée de l’iceberg de leur malheur social. Ainsi, au lieu d’éteindre la crise, le pari de l’attentisme gouvernemental a conduit à agglomérer des demandes sociales qui, au départ, n’étaient pas liées, du SMIC aux retraites, et à mobiliser des scènes sociales qui, de l’école aux transports, semblaient hier n’être pas directement concernées. Et les corps intermédiaires, partis, syndicats, élus locaux, qui auraient pu jouer un rôle de gardien à la porte de l’État, pour trier les demandes, en éliminer certaines, en simplifier d’autres, éliminés par le gouvernement, non seulement n’apaisent pas le conflit mais l’attisent. En les tuant, en voulant se venger d’eux, peut-être creuse-t-il sa tombe politique et celle d’Emmanuel Macron qu’il voulait protéger : Victor Hugo aurait pensé qu’il y a du Lucrèce Borgia dans ce gouvernement là.

A l’heure de la révolution des Temps contemporains qui met par les technologies l’individu au cœur du jeu politique, il n’est plus possible pour un Président de la République, quel qu’il soit, d’espérer par les élections un chèque en blanc pour cinq ans. « Tu as voté, donc tais-toi » ? Ce monde a disparu. Après avoir voté, le citoyen des Temps contemporains n’accepte plus de se taire jusqu’aux prochaines échéances électorales. Et s’il a élu un Président, il ne se sent plus contraint d’accepter toutes les mesures de son programme, sans exception ; dans la hotte du Père Noël, il veut pouvoir choisir ou refuser les jouets. Quant aux mesures pas même annoncées, il n’est plus dupe et sait les mille ruses politiques pour faire avaler les couleuvres ; derrière la « transition énergétique », il voit bien le prétexte pour alimenter le budget au pays champion des prélèvements obligatoires.
« Jupitérien » disait Emmanuel Macron de lui-même. Tout est là, dans cette vision magico-religieuse inconsciente qui le tient depuis son élection et qui vient de loin dans l’histoire, des prêtres-rois aux sacralisations modernes du pouvoir. « Jupitérien » ? Une perspective de Maître de vérité prompt à organiser les sacrifices individuels et sociaux au nom du bien général sans se préoccuper de ce qui se vit « en bas ».
Les Gilets Jaunes le disent : ce logiciel qui fut celui des pouvoirs avant la révolution numérique n’est plus en état de fonctionner. Avec FaceBook, Twitter, WeChat, Youku, You Tube…. avec ses « amis » virtuels et ses potes du village global, l’individu prend conscience de sa nature libre et créatrice et construit avec d’autres individus, les multiples réseaux du contre-pouvoir. Ils s’installent dans les nœuds de circulation de l’information numérique comme ils contrôlent les ronds points et les entrées des autoroutes.
Ainsi disparaît l’idolâtrie politique qui avait si souvent transformé le citoyen en ombre entre deux élections. Jupiter est reconnu pour ce qu’il est : une chimère. Le n’importe qui prend le sceptre et se met à parler en citoyen au milieu du cercle des égaux à la façon des aristocrates de la Grèce antique. Explosion des réseaux, parole-dialogue horizontale, hybridations culturelles, prises en charge par l’intelligence artificielle de la quotidienneté, autorégulations intelligentes : l’aura magico-religieuse qui entourait la gestes du pouvoir est décortiquée et dispersée, la verticalité et l’absence de contrôle avec elle. Les Gilets Jaunes annoncent à leur façon le crépuscule de l’État et du pouvoir politique séparé de la société civile.

L’avenir de la vie politique s’écrit du côté des Giles Jaunes

L’avenir de la vie politique s’écrit du côté des Gilets Jaunes. Il est la forme d’organisation née des nouvelles technologies. Admirable, ce refus de recréer les structures pyramidales des partis. Cocasse de voir des ministres se promener dans les rues une lanterne à la main, pour trouver les « représentants » de ce mouvement, tel Diogène jadis à Athènes cherchant l’ « Homme ».
Révolution de l’espace politique : la force de cette horizontalité fluctuante est d’exiger des réponses dans un espace d’égaux qu’ils construisent eux-mêmes sans reconstruire une hiérarchie. Révolution du temps politique : la temporalité n’est pas celle de la politique, des élections ou des séances du Parlement, mais la temporalité numérique qui, dans l’instant, surveille et contrôle le pouvoir, délibère et choisit.
Ce fut assurément la marque d’une incompréhension totale de croire possible de plier cet espace et cette temporalité des réseaux au temps politique classique et de se parer d’un argument d’autorité pour les contrer. Refuser d’annuler la mesure honnie quand les réseaux avaient réussi à convaincre plus de 70% des Français ? Mais d’où parle donc ce pouvoir ? Recevoir des partis politiques comme s’il était possible de sortir de la crise par leur biais alors qu’ils ont été désavoués et sortis quelques mois plus tôt ? Quelle légitimité opposée à celle des réseaux pouvait donc en sortir ? Et que dire de cette proposition d’un « moratoire » qui supposait que les réseaux devaient attendre le résultat des discussions au sommet et s’en satisfaire. Face aux réseaux, le gouvernement a joué à « couvrez moi ce sein que je ne saurais voir. Par de pareils réseaux, les pouvoirs autoritaires sont blessés. »
Le temps est venu de mettre la république en marche. D’abord, prendre des décisions rapides pour satisfaire certaines demandes, ensuite organiser par les extraordinaires possibilités d’internet, les moyens de consultation, de délibération et de choix sur les projets de demain.
Le Président Emmanuel Macron retrouvera-t-il cet esprit d’ouverture et de dialogue qui fit le charme du candidat Emmanuel ? Changera-t-il de logiciel pour devenir un dirigeant des Temps contemporains ? Il le faudrait. Les vendeurs d’illusions sont à l’affut. Incendiaires d’hier, ils crient à l’incendie. Préparant la chienlit de demain, ils dénoncent le désordre. Ils n’aiment pas les mille plateaux de ce bel avenir de l’humanité où l’on ne dresse pas d’échafauds, où chacun cherche des solutions d’avenir heureuses face aux défis des Temps contemporains, tels ceux de la disparition des emplois prévisible avec l’intelligence artificielle ou des services loin des métropoles. Ces démagogues feignent de soutenir le mouvement pour se glisser dans les failles du malheur social avec leur catastrophisme, leur pessimisme, leurs haines nationalistes et sociales. Leur objectif n’est pas d’aider ce mouvement bon enfant, de trouver ensemble les éléments d’une concorde mais de tirer la couverture à eux pour préparer demain avec leur étatisme, leur vision verticale du parti et de la vie, leur conception antifrançaise de la France, des jours plus sombres encore.
Opposer ce formidable surgissement des réseaux à la démocratie représentative ? Dés la publication de mon livre, j’ai entendu la critique. Certes, le rejet des partis traditionnels en France et dans nombre de pays, l’indique clairement : la démocratie représentative classique a vécu. Sous sa forme exclusive. La Vème République quasi monarchique avec elle. « L’État est notre serviteur et nous n’avons pas en être les serviteurs », disent les Gilets Jaunes à la façon d’Albert Einstein. J’aime l’idée. La révolution numérique nous entraîne vers la démocratie « collaborative », celle qui conjugue gouvernance, démocratie représentative et les mille plateaux à chaque instant. Celle qui permettra d’éclairer les choix de l’exécutif et du législatif par une libre délibération dans les forums. Celle qui permettra d’un clic de savoir ce que les citoyens pensent et veulent. Celle qui autorisera les manifestations virtuelles et réelles du nouveau contre-pouvoir dont toute république entrée dans les Temps contemporains, a besoin.
La France ne souffre pas d’avoir trop de Gilets Jaunes mais de n’en avoir pas assez. Il reste à espérer que ce gouvernement ne jouera pas la carte du pire pour que vienne vite le moment où chacun comprendra qu’il faut aussi savoir arrêter un mouvement.

https://www.atlantico.fr/fiche/yves-roucaute-1501621

Entretien Le Bel Avenir de l’Humanité (Atlantico)

Entretien pour Atlantico. 28 octobre 2018.

https://fr.news.yahoo.com/bel-avenir-l-humanité-livre-va-secouer-074535323.html

 

Yves Roucaute est l’auteur de l’ouvrage « Le bel avenir de l’humanité », publié aux éditions Calmann-Lévy. Dans ce livre à la fois joyeux et érudit, accessible et savant, il balaie les illusions d’hier. Ses analyses rigoureuses et pleines d’humour revisitent les fables et les récits mythologiques. Retrouvez l’entretien d’Yves Roucaute.

Atlantico : Votre livre peut être lu comme une réponse cinglante, voire comme un soufflet, à un écrivain que Le Point décrivait il y a peu comme « le penseur le plus important de notre époque », l’Israélien Yuval Noah Harari. Vous le qualifiez pour votre part de « petit maître de Vérité ». Comment expliquez-vous son succès alors qu’il proclame l’arrivée d’un « Homme Dieu », à la place de l’homo sapiens, ce qui préparerait, par les progrès technologiques, la disparition de l’espèce humaine ?

Yves ROUCAUTE : Oui, c’est vrai, on peut aussi voir mon livre comme une réponse à Yuval Noah Harari et à son conte d’une humanité qui serait détruite par ses propres œuvres bien que j’ai commencé cet ouvrage il y a 4 ans.
Mais je ne voudrais pas que les lecteurs pensent que je n’aime pas les contes pour enfants (rires). J’utilise d’ailleurs les fables, les mythes, les récits, mais, à la différence de Yuval Noah Harari, il s’agit pour moi d’amuser le lecteur, de lui procurer de la joie et de la légèreté afin de lui permettre de saluer la fantastique période que nous vivons.
La séduction des prophètes du malheur qui vendent l’apocalypse pour demain s’explique facilement. Toute période de bouleversements en produit comme le notait l’ami Umberto Ecco. Ils rencontrent l’assentiment de ceux qui ont peur de l’avenir. Or, notre époque est propice aux vendeurs d’apocalypse car, dans l’histoire de l’humanité, si l’on met de côté l’usage massif du feu il y a 400 000 ans, il y a eu deux révolutions fondatrices et nous sommes en train de vivre la seconde.

https://fr.news.yahoo.com/bel-avenir-l-humanité-livre-va-secouer-074535323.html

 

Le Lionceau Mélenchon et le Moucheron communiste

Le Lionceau et le Moucheron

par

Yves Roucaute

(paru Valeurs Actuelles, 25 septembre 2017)

« Entre nos ennemis, les plus à craindre sont souvent les plus petits » disait Jean de la Fontaine. Depuis longtemps déjà, le lionceau Mélenchon tançait de haut le moucheron communiste. L’insecte, à vrai dire, paraissait chétif et, pour tout dire, moribond : 6,60% de voix aux présidentielles  de 1995, 2,33% en 2002, 1,97% en 2007, et incapacité de se présenter depuis. Aux présidentielles de 2017, le rugissant en avait profité et avait présenté sa candidature sans avis du virevoltant qui, raillé, dut se rallier. La fête de l’Humanité devint celle de l’inimitié. Oubliant toute bienséance royale, au lieu de gambader dans la savane de La Courneuve pour flatter le moucheron, le quadrupède joua le coup du mépris : il partit aux antipodes, du côté de l’océan indien.

Depuis, bataille picrocholine.« « Il est absent, mais le peuple est présent » déclara le leader communiste, Pierre Laurent qui dénonça « sirènes du dégagisme » et monarchie mélenchonienne usurpée car « personne ne peut détenir la vérité à lui tout seul ». « Tout le monde pleure parce que je n’y suis pas« , le peuple c’est moi, répliqua Mélenchon-Moi-Les-Gens qui fustigea une « direction communiste en perdition« . Et d’appeler, solo, à une manifestation anti-Macron le 23 septembre.

Facile de se moquer. Le PCF n’a pas seulement abandonné la faucille et le marteau, il a aussi substitué la méthode Coué à la dialectique. 1945, première fête de l’Huma d’après guerre : un million de personnes se rassemblèrent, pour écouter « Maurice » (Thorez) et célébrer « le parti des fusillés » aux 26,23% des voix. Le simulacre avait de la gueule. Aujourd’hui, 80 000 personnes pour écouter Iggy Pop ou Renaud. Enlevez les concerts : plus personne. Se flatter d’avoir la présence de Benoît Hamon, trotskistes, écolos rouge-vert? Quelques cars de tourisme supplémentaires. Pas de quoi se frayer un passage entre insoumis de Mélenchon et gauche macronienne. Sans oublier une PS qui pourrait bien renaître de ses cendres si le terrain de la gauche classique était laissé en friche.

Reste qu’affaibli, le PCF bourdonne, irrite et pique. Communisme municipal ? 135 villes de plus de 3500 habitants. Parti ? Il existe, pas seulement sur internet. Et Pierre Laurent sait le tenir: réélu avec 100% des voix. Une capacité de nuisance suffisante pour interdire au grand démagogue français d’unifier la gauche demain pour s’en repaître. Pas nécessairement une mauvaise nouvelle.

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Nicolas Hulot dans l’œil du cyclone

Nicolas Hulot dans l’œil du cyclone

 

Par

Yves Roucaute

(Paru Valeurs Actuelles, 18 septembre 2017)

 

« Que ça nous serve de leçon, le pire est devant nous » : profitant d’Irma et de Jose, les cyclones qui ont déferlé sur les Antilles, Nicolas Hulot joue à Zacharie, prophète de l’Apocalypse. Et « il y a un moment où on touche les limites ». Origine des ouragans ? Le réchauffement dû aux humains qui ne l’écoutent pas. De force 4 ou 5, ils n’auraient jamais été aussi nombreux. Irma, le plus monstrueux: vents de 295 km/h, vagues de 10 mètres, 11 morts, du jamais vu, jamais connu, foi de Nicolas Hulot.

Après les cavaliers, les ânes de l’apocalypse. Passons sur Katrina, en 2005 : vents de 280 km/h, vagues de 11 mètres. Sur Mitch, en 1998 : 290 km/h, 20 000 morts. Mais Hugo, en 1989? Rafales de 300 km/h, Guadeloupe ravagée. Gilbert, en 1988 ? Antilles, Etats-Unis, Venezuela, Mexique : vents à 295 km/h, 29 tornades, 341 morts. Camille, en 1969 ? Rafales de 340 km/h, marée de 7,5 mètres, Mississipi, Louisiane, Alabama saccagés. Je n’ose évoquer Bhola, en 1970, 500 000 morts, ou Nancy, en 1961 : 173 morts, 870 millibars de pression, vents de 345km/h. Oubliés l’ouragan de Galveston, en 1900 : rafales de 300 km/h, 10 000 morts et le Grand Ouragan  de 1780: 320km/h, 19 000 morts. Des cyclones de 1666, 1672, 1680, 1694… en Martinique, île  rasée en 1766, avec 500 morts et 580 blessés ? Politiquement incorrect.

De plus en plus de cyclones ? 13 en 1950, 14 en 1954, 10 en 1954, 12 en 1955… En 1887 : 17 tempêtes tropicales dont 10 ouragans. A l’inverse, pas d’ouragan de catégorie 4 ou 5 en 2012 et seulement 2 en 2013. En cause ? El Nino, qui n’est pas écolo. Trois ouragans de suite, exceptionnel? Non. Martinique et Guadeloupe, en 1967 et en… 1642 aussi. Mélangez un amas nuageux orageux, de l’eau de mer chaude (26,5 ° minimum) sur 50 mètres de profondeur au moins, des vents réguliers, pas trop près de l’équateur: et hop !, baisse de pression en bas vers la mer, hausse de pression sur le haut des nuages, notre cyclone est là. Aves Zacharie Hulot abolissons Neptune : ouragans de 2500 km/h.

Retenir des « leçons » ? Pourquoi pas. Pas d’évacuations de Saint Martin, pas d’envoi de troupes, comme aux Etats-Unis, avant l’arrivée d’Irma, prévu depuis longtemps. Chaos, pillages, machettes ? Imprévisibles dans une île réputée pour sa délinquance ? Las !, l’idéologie est une seconde nature et « Il est impossible de faire concevoir à un homme naturellement aveugle qu’il ne voit pas » (Montaigne).

 

Fables : l’eau fraîche de La Fontaine en CM2

Fables : l’eau fraîche de La Fontaine

par

Yves Roucaute

(paru Valeurs Actuelles. 13 septembre 2017)

Offrir les Fables de Jean de La Fontaine  à 150 000 élèves de CM2? Anecdotique proclament les syndicalistes archaïques, qui préfèrent dénoncer la « vision passéiste » » du ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, « libéral sanguinaire », (Francette Popineau). Anecdotique ? Pas sûr. «  Les fables ne sont pas ce qu’elles semblent être; Le plus simple animal nous y tient lieu de maître. Une morale nue apporte de l’ennui: Le conte fait passer le précepte avec lui. » (Le Pâtre et le lion). Et quels préceptes ! Force gens font du bruit en France » pour s’opposer à toute réforme dit L’Âne vêtu de la peau du lion. Tel cet âne déguisé en lion qui « faisait trembler tout le monde ». Soudain, perdant sa peau, le simulacre est éventé. La peur s’éloigne. L’intérêt général peut l’emporter.

Combien de ministres ont été effrayés par les menaces, manifestations et grèves de ces archaïques nourris d’égalitarisme, de laxisme, de pédagogisme et de bureaucratisme? Grands perdants : les enfants déshérités. Malgré 50,5 milliards d’euros pour l’éducation, en 2018 : échec garanti pour eux. « Hélas ! On voit que de tout temps/ Les petits ont pâti des sottises des grands » (Les Deux taureaux et une Grenouille).

Pour en sortir ? Laisser les ânes et redonner son sens à l’éducation. Sinon, « faute de cultiver la nature et ses dons, O combien de Césars deviendront Laridons ! » (L’Education), des enfants étouffés par des pédagogues aux discours vains et aux idées courtes, des assistés des cuisines de l’Etat, futurs chômeurs. Comment cultiver les dons, sinon en montrant, à la façon du laboureur, « que le travail est un trésor » (le laboureur et ses enfants) ? Autorité des maîtres, Marseillaise, classes d’excellence, bilingues et européennes, latin et grec, doublement, semaine de quatre jours, devoirs sur table, initiatives de terrain, autonomisation des établissements jusque dans le recrutement, dédoublement de 2500 classes au CP dans les zones d’éducation prioritaire et la musique  même ! Et au lieu de l’adhésion du lobby, celle de la nation.

Critique des idolâtries et construction d’une citoyenneté respectueuse d’autrui, des lois et des autorités ? Culture de tolérance, paix et amitié : merveilleuses Fables de La fontaine pour cimenter les jeunes à la nation. « Qui veut faire de grandes choses doit penser profondément aux détails » disait Valéry, un autre de nos grands poètes.

Corée : quand les pacifistes perdent le nord

Corée : quand les pacifistes perdent le nord

par

Yves Roucaute

(paru Valeurs Actuelles, le 31 août 2017)

Désescalade entre États-Unis et Corée du nord ? Le feuilleton de l’été se termine. Qui s’en plaindra ? Remake de la guerre de Corée (1950-1953), le psychodrame a viré en farce. La faute aux acteurs.

Passe encore pour Kim Jong-un, le burlesque dictateur nord-coréen qui voulait «faire payer aux Etats-Unis le prix de leurs crimes un millier de fois» en menaçant d’attaque nucléaire l’île américaine de Guam. Et pour Donald Trump qui a promis, en riposte, « feu et fureur». Chacun dans son rôle. Mais les acteurs « pacifistes » étaient vraiment grotesques de vouloir rejouer au manifestant anti-impérialiste qui soutenait, en 1950, la Corée communiste quand elle avait envahi le Sud, après la partition du pays entre Etats-Unis et URSS autour du 38ème parallèle.

Yann Moix aurait « enquêté » en Corée du nord sur la pensée des Nord-coréens. Sa source d’info ? Les « guides » touristiques. Choisis par le parti : du solide. « Les Nord-Coréens vous expliquent à longueur de journée que pour eux, taper en premier n’a aucun sens » (Paris Match) dit-il, convaincu aussi du pacifisme des dirigeants. Pacifisme inouï: dénonciation de l’armistice avec le sud en 2009, annonce d’un nouvel état de guerre en 2013, envoi de missile dans la zone japonaise, militarisation de la société, menaces de massacres nucléaires.

Plus incroyable encore : profitant d’une menace fantasmée de Washington, «  les leaders Kim Il-sung, Kim Jong-il puis Kim Jong-un ont réussi à dresser la population et la souder. »  Oui, les Coréens derrière leur leader, ça c’est de l’info ! 300 000 prisonniers politiques qui ne ressortiront pas vivants des camps de Yodok, Kaech’on, kwan-li-so, Haengyong, Chongjin, tellement ils y sont bien. 100 000 habitants qui ont fui en Chine pour gambader. Tortures, disparitions, exécutions, condamnations à la prison à vie pour christianisme, bouddhisme, pratique du Cheondogyo : Disneyland et bientôt un film.

Faute de guides, l’O.N.U. condamne un régime de terreur. La Chine même vient de refuser importations de fer, de minerais et de fruits de mer nord-coréens. Et Washington a brisé Kim Jong-un en rappelant que son arme nucléaire n’est pas dissuasive : 70 sous-marins, âgés d’un demi siècle pour les plus performants (classe Roméo), et pas de sous-marin nucléaire lanceur d’engins. Donc, pas de seconde frappe. En cas de conflit : anéantissement coréen garanti. N’en déplaise à quelques acteurs présomptueux, il était vraiment temps d’arrêter le mauvais téléfilm.

First lady: Le nouveau jeu de Dames

First lady: Le nouveau jeu de Dames

Par

Yves Roucaute

(paru, Valeurs Actuelles, le 3 août 2017)

« Que diable allait-il faire dans cette galère ? » (Molière). Le Président devait-il sortir de ses cartons un statut de Première Dame pour l’inscrire dans la Constitution ? Un brin maladroit et un tantinet intempestif : chômage, terrorisme, migrations , 897 voitures brûlées le 14 juillet, régime des retraites, réforme territoriale, fiscalité, référendum d’entreprise étaient sans doute plus urgents.

La gauche militante a évidemment joué la moralité outragée et l’égalité bafouée. 220 000 signatures pour exiger l’abandon du « statut » et le refus d’un emploi familial élyséen. « À l’heure où l’Etat (…) souhaite moraliser la vie politique, se pose un problème de conscience nationale » tonitrua Thierry Paul Valette, initiateur de la pétition, écrivain potentiel, parfois peintre, organisateur du concerts de casseroles contre François Fillon, dirigeant d’Égalité nationale dont il est l’adhérent, qui avait naguère lancé un texte contre « l’importation de poupées robots sexuelles » (191 signatures).

Et le gouvernement a cédé.  Adieu, le « statut de Première Dame » ! A la place ? « Une Charte de la transparence ». Plus qu’un recul, un signal de faiblesse.

Un statut de Première Dame serait-il d’ailleurs inutile ? Dénoncer la monarchie ? Ce statut n’y existe pas. La tyrannie ? Pas plus. Quand, le 9 novembre 1932,  Nadedja, irritée par ses frasques, refuse de lever son verre avec son époux Staline pour célébrer l’anniversaire de la révolution, celui-ci crie : « Eh toi ! Bois un coup ! ». « Mon nom n’est pas, eh toi ! » répond Nadedja qui quitte la salle avant de se suicider. L’épouse de Mussolini, Rachele Guidi ? Celle d’Adolf Hitler, Eva Braun ? Des « eh, toi ! ». Et il en va ainsi dans tous les Etats autoritaires aujourd’hui encore.

Dolley Madison, en 1812, épouse du Président James Madison (1809-1817), fut la première à refuser d’être une « eh, toi ! ». Elle aida les orphelins et sauva au péril de sa vie des trésors nationaux dans la guerre contre les Britanniques. Depuis, les épouses de Président sont des « First Lady », non salariées, assistées d’un cabinet, hôtesses de la Maison Blanche, chargées d’un rôle social. Et quand la femme est Gouverneur, le mari est un « First Gentleman ».

Contre le « Eh, toi ! » : l’acceptation du couple présidentiel avec ses responsabilités, inégales mais réelles. Le bon sens républicain qui, de la Tchéquie au Brésil, n’a pas besoin d’être gravé dans la Constitution.

 

Quand la blouse fait le buzz

Quand la blouse fait le buzz

Par

Yves Roucaute

(paru Valeurs Actuelles. 26 juillet 2017)

Les soixante-huitards l’avaient abolie, les Français l’ont anoblie : la blouse dans les écoles a le vent en poupe. Naguère bleue ou blanche pour les garçons, rose ou jaune pour les filles, grise pour les instituteurs, 56% des Français en ont la mélancolie. Faut-il dénoncer un désir « réactionnaire », à la façon des marmitons de la sociologie Bourdieu-Passeron, qui imaginent sous le col l’ étiquette « domination étatique et bourgeoise » ? Ou, en pédagogues « non directifs », rappeler le droit des élèves pubères à leur projet individualiste, jupes Chanel, top Cacharel et abaya islamique compris?

Le sens commun manque-t-il à ce point de bon sens ? Toutes les grandes civilisations, évitant la démagogie, ont construit leur système éducatif sur l’uniforme ou la blouse. Condition pour organiser symboliquement l’acquisition des savoirs et la culture commune des futurs citoyens dans la rupture nécessaire entre le monde de l’école et son dehors.

Quand François Guizot, en 1833, prescrit une école de garçons aux communes de 500 habitants, généralisée à toutes les communes par Falloux, en 1850 (qui ajoute l’école de filles), avant que Jules Ferry n’avalise l’instruction obligatoire et gratuite en 1882, la blouse s’imposer logiquement ? N’est-elle pas d’ailleurs l’instrument de travail du monde rural ? Et puis, elle évite de tâcher, par l’encre des porte-plumes, ceux qui n’ont qu’un « habit du dimanche ». Enfin, elle écarte, en partie, commérages, jalousies, rivalités autour des vêtements, pertes de temps.

Surtout, pour ces républicains, la blouse signale l’adieu aux signes ethniques, sociaux, religieux, et la mise à distance des différends inutiles au système. Sont seulement mesurés et jugés, le travail, les connaissances, l’habileté, la capacité dans les arts et les sports. Contre l’inégalité de droit voulue par certains monarchistes. Contre l’égalité de fait, impossible disait Jules Ferry à ses ennemis socialistes et anarchistes qui s’opposaient à l’école libre et gratuite, prétendue ruse du capital pour asseoir sa domination : la clef d’un ascenseur social fondé sur l’inégalité juste, mesurée par le mérite. Une façon, en même temps, de vivifier le patriotisme par l’amour de la France qui donne à chacun sa chance, et le respect des autorités républicaines incarnées par le maître en blouse grise salué par les élèves.

Si l’habit de fait pas toujours le moine, assurément la blouse façonne l’enfant républicain.