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Interdiction de la viande dans les écoles ?

Interdiction de la viande dans les écoles ? Face aux délires des partisans de ‘l’écologie profonde”, maire de Lyon en tête qui a décidé de l’exclure des cantines à partir du 22 février 2021, je vous propose un extrait (gratuit) de mon livre “Le Bel Avenir de l’Humanité » publié aux éditions Calmann Lévy. https://www.amazon.fr/Bel-avenir-lhumanité-révolution-contemporains/dp/2702163483 Et pour ceux qui voudraient connaître les 7 millions d’années de bataille de l’humanité face à une Planète impitoyable à laquelle ils ont dû répondre, notamment par chasse et pêche, je leur conseille d’aller jeter un oeil du côté de “L’Homo Creator face à une planète impitoyable » sous-titre: “7 millions d’années face à l’idolâtrie de la nature. » http://yvesroucaute.com/pour-commander-lhomo-creator…/

EXTRAIT

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“En avant pour la bataille du siècle disent les « végétariens », qui refusent dans leurs assiettes viandes et poissons, les « végétaliens », qui interdisent en plus les aliments issus de ces animaux, lait, œufs, et miel aussi, et les « végaliens », qui ajoutent l’interdiction de tous les produits dérivés, du cuir à la laine en passant par les cosmétiques. Assistera-t-on bientôt à des heurts avec les amis des végétaux devant l’holocauste programmé par les amis des bestiaux ? Déjà, les « orthorexiques » se dressent contre l’ennemi pour réclamer l’interdiction de toucher les végétaux qui ont quitté le sol depuis plus de quinze minutes. Trop mou, vous êtes des collabos, protestent les « frugivores », qui prônent l’interdiction totale de toucher à leurs potes végétaux et exigent la cueillette des fruits au lieu de la souffrance végétale. C’est bouffer du fruit qui vient de nos arbres si gentils qui est inacceptable quand on a un peu d’humanité, protestent les « granivores » qui exigent de compatir devant la poire et la clémentine en bouffant seulement des graines de céréales.

Granivores, frugivores, végaliens végétariens : le bal des tartuffes

L’objectif des écolo-archaïques serait d’abord de respecter la vie, me dit-on. Admirable. Mais il ne s’agit pas de la vie humaine. Toute l’histoire de l’humanité le démontre, la survie de l’espèce se put grâce à la chasse, à la pêche et à la cueillette. Et non grâce à la cueillette exclusivement. Cela dure depuis soixante-cinq millions d’années et l’ère céno-zoïque des premiers primates. L’écologie a seulement quelques dizaines d’années, une idéologie née sur les campus américains où nos archaïques, survivants des millions d’années de bonne bouffe animale, ingurgitaient encore des hamburgers.

Vivre dans le respect de la nature ? Je crains de ne pas trop bien comprendre. Veut-on évoquer la nature humaine ? Si l’humain n’était pas conçu pour être omnivore, donc carnivore, cela se verrait, même sans lunettes. Vouloir transformer les humains en ruminants est certes un projet intéressant, mais nous ne sommes guère préparés à une telle transformation. Il est aussi absurde de vouloir interdire à l’humain de la viande animale qu’à l’oiseau d’aller ingurgiter des insectes.

Des canines au côlon, tout est prévu pour l’ingestion et la digestion de nos amies les bêtes. Dès la viande mâchée par des dents dûment assermentées, nos enzymes accourent dans la bouche pour casser les glucides (amylase salivaire) et dissoudre les graisses (lipase lingual) ; plus tard, d’autres surgissent sur le long parcours, certaines se chargent des protéines (protéinase) ou du lactose (lactase) par exemple. À peine cette viande arrivée dans l’estomac après avoir été poussée et moulue par l’œsophage, enzymes et acide chlorhydrique sont prévus pour la dissoudre, tuer la plupart des bactéries nuisibles et la transformer en purée (chyme).

Prévu : tout est là. Une fois cette viande transformée parvenue dans l’intestin, les sucs se jettent dessus pour en enlever l’acidité, récupérer les protéines dont le corps raffole et les briser en petits morceaux afin de les transporter dans le sang. Puis, les graisses animales descendent. Elles subissent des jets de bile et l’action des lipases du pancréas pour être explosées en éléments minuscules évacués dans le sang mais, cette fois, par les lipoprotéines, des véhicules qui donnent plein d’idées aux savants des nanotechnologies car ils se baladent pour alimenter les cellules à la demande : moi, j’en voudrais un peu de ta graisse animale, dit l’une ; moi non, dit l’autre. Un voyage accompagné du jeu de milliards de bactéries, les « probiotiques », qui attaquent les bactéries nuisibles, fermentent les fibres, produisent des acides qui limitent le cholestérol et entretiennent notre équilibre. Une partie du reste est stockée, une autre poursuit dans le côlon qui absorbe l’eau de la bouillie restante et permet une évacuation facile.

L’usine humaine est donc parfaitement conçue pour ingurgiter de la viande. Évidemment, après en avoir avalé des tonnes, tout risque de ne pas très bien se passer ! Mais si certains ont des accidents après avoir roulé à deux cents kilomètres à l’heure à New York, faudrait-il pour autant interdire les automobiles ? La nature se venge d’ailleurs à sa façon de pareilles facéties qui nient le réel quand elles deviennent extrêmes. Nos frugivores ? Destination hôpital, faute de graisses, ils mettent même en péril la vie de leurs enfants.

Le plus drôle dans ce conte pour idéologues qui ne manquent de rien ? Nos écologistes ne respectent pas la vie. Car le végétal est du vivant. Donc en le consommant, nos végétariens et toutes les sous-sectes ne respectent pas le vivant. Ils s’en empiffrent même matin et soir. Ce qui me paraît un tantinet cavalier, eu égard à leur moralité. Pourquoi ingurgitent-ils aussi du pain ? Fabriqué avec de la levure, donc des champignons, donc du vivant, les voilà à nouveau dévoreurs de vivants.

Finalement, selon mon enquête auprès des plus militants, ils se donneraient le droit d’ingurgiter 90 % du vivant, des algues aux champignons. Tout, sauf les animaux, proclament-ils. Sinon nous serions des assassins, type Frankenstein, précisément.

Nos végétariens ne sont-ils pas, eux aussi, des assassins ? Le doute m’assaille. L’effroi même quand ils dénoncent les carnivores humains. Aspirant de l’air par la bouche, nos niais écologistes ingurgitent des bactéries et même des insectes, par exemple des acariens par la poussière ou en les aspirant goulûment, endormis sur leurs oreillers. Or, les bactéries sont des animaux et il y en a une dizaine de millions d’espèces. Indispensables à la vie humaine, comme nous venons de le voir dans leur rôle pour l’assimilation des aliments ; quand bien même l’écolo éviterait de respirer, il en ingurgite des milliards, en particulier par les végétaux, et en tue tout autant dans ses intestins.

L’écologiste végétarien massacre donc sans vergogne ses amis les bestiaux. Quelle farce !

Oui, mais cela ne se voit pas, me disent-ils, c’est tout petit. Si je comprends bien, ne disposant pas de lunettes assez puissantes, nos végétariens bouffent goulûment de l’animal jour et nuit. Pas vu, pas pris. Plus myopes encore, ils ingurgiteraient un chevreuil sans défaillir.

Ce qui les ennuie, me susurre-t-on, ce serait la souffrance animale. Vous voulez dire la souffrance d’un moustique écrasé sur le mur de leur villa dans les Hamptons ou de Saint-Tropez par exemple ? Tous ceux que je connais ne semblent guère avoir de générosité envers ceux qui les piquent, les mordent, les agressent pour les croquer.

Laissons de côté ces étranges principes à géométrie variable qui tiennent plus de l’optique que de la morale. Admettons que certaines espèces, en particulier certains mammifères, subissent des souffrances inutiles. Vaches, lapins et agneaux, en raison de leurs cerveaux et de l’expression de leur détresse quand ils vont mourir, me paraissent pouvoir être regardés avec plus de sympathie que Yersinia pestis (bactérie de la peste), punaises, crocodiles ou scorpions. Je me souviens de n’avoir pas éprouvé la moindre pitié devant les piranhas pêchés lors de mes voyages dans les rivières de la forêt primaire d’Amazonie, mais j’aurais été désolé d’imaginer la maltraitance des dauphins roses du rio Negro.

Venons-en aux inepties des végaliens et à leurs moutons que, sans lunettes, ils peuvent voir. À les croire, enlever la laine sur leur dos serait une souffrance pour l’animal. Les dessins animés de Walt Disney n’en faisant pas état, ces végaliens ignorent que ce quadrupède charmant ne mue pas l’été, comme beaucoup d’autres animaux d’ailleurs. Ne pas le tondre permettrait seulement aux parasites de le couvrir de blessures et l’amènerait à souffrir considérablement de la chaleur, au point de mourir peut-être. Prendre le miel des abeilles serait-il un autre effroyable pillage digne d’une condamnation à l’enfer ? Elles n’en souffrent pas non plus. En général d’ailleurs, les apiculteurs sont assez bien reçus. Quant à prendre le cuir sur les cadavres des bovins, où est leur souffrance puisqu’ils sont morts ?

Les végétaliens ont, eux aussi, depuis longtemps permis aux éleveurs bien des fous rires. Souffrir en songeant à la violence inouïe subie par la poulette dont on prend les œufs ? Et pleurer en songeant à tous ces petits poussins si mignons qui ne naîtront pas ? Le génocide, paraît-il, dans l’omelette du matin. Quelqu’un devrait peut-être les informer qu’une poule pond toujours, même sans coq. Or, sans coq, les œufs ne sont pas fécondés, donc pas de poussins potentiels, seulement de possibles omelettes. Prendre les œufs serait-il un vol ? Pas certain, car la poule n’ingurgite pas et n’échange pas ces œufs non fécondés. Les laisser ? Ils pourriront à ses côtés et, dans la pestilence, ils finiront par servir de plat aux gentils insectes attirés.

Quant à la pertinence de l’idéologie végétarienne, elle a largement été prouvée durant des siècles, j’en conviens : en Inde en particulier, où l’on mourut de faim durant trois mille ans, et pas toujours dans la joie, paraît-il !

Néanmoins, ces « écolâtres » posent trois problèmes réels : famine, pollution, détresse de certains animaux. Puisqu’ils se placent sous le signe de l’écologie, je suis d’accord avec cette vision de départ, mais en la remettant à l’endroit : d’accord avec l’écologie humaine, celle qui dit « l’humain d’accord, l’humain d’abord ». Pour les dinosaures, je n’ai pas d’abonnement.”

Réponse aux partisans de l’«écologie profonde » et de la «théologie de l’intendance»

SOMMAIRE

I. Style inquisitorial d’une idéologie anti-scientifique

1. Spirale de l’insulte, spirale de l’attaque personnelle. I.2. Manichéisme ? La paille et la poutre ; I.3. « Idéologie » ? Pourquoi ils falsifient l’histoire de la planète ; I.4. L’« écologie profonde » contre l’esprit des sciences ; I. 5. « Social » et « politique » : camp du progrès contre écologie profonde

II. Le fond de l’« écologie profonde » : l’ignorance païenneI

1. Fondements animistes de l’« écologie profonde » ; 2.  « Au vu de l’ensemble du contenu biblique » : « écologie profonde à visage chrétien » et « théorie de l’intendance ; II. 3. Simulacre d’humanisme des antihumanistes de l’« écologie profonde » ; 4 Colonialisme, esclavagisme… la maladie infantile de l’écologie profonde ; .5 Croissance : les affabulations des bobos de l’écologie profonde ; 6. La fantasque santé de la planète et celle des humains.

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Présentation

En cette période d’hiver de la pensée qui entraine tant de bons esprits vers l’idolâtrie de la planète, Robin Sautter, Roger-Paul Bory et Vincent Wahl, qui se réfèrent à un réseau appelé « Bible et Création », ont cru utile d’ajouter leur touche aux frimas. Pour défendre l’« écologie profonde », ils ont publié, le 4 décembre 2020, sur le Forum de Regards Protestants, un texte virulent au titre qui laisse songeur pour qui connaît les thèses de ce courant :  « Écologie : sortir du manichéisme ». «Au vu de l’ensemble de la Bible » dont ils auraient le secret, ils dénoncent mon « manichéisme » qui se serait exprimé dans un petit texte paru sur mon blog de Regards Protestants sous le titre : « les différentes écoles de l’écologie ». 

Ce texte énonçait l’idée que « la vraie écologie est incarnée par le camp du progrès, seul apte à mettre l’humanité au cœur de sa pensée et à résoudre, notamment par les nouvelles technologies, les défis de la planète, pollutions comprises. » Il donnait, en même temps, un aperçu rapide de certaines réponses scientifiques à quatre questions souvent soulevées par les partisans de l’« écologie profonde » : le CO2, l’énergie, la démographie et la santé. Il se référait explicitement à mes deux derniers ouvrages afin que chacun puisse discuter plus au fond de mes thèses, s’il le désirait. D’abord à « L’Homo creator face à une Planète impitoyable », qui raconte l’histoire de l’humanité durant 7 millions d’années avec les effets sacrificiels de l’animisme et de son idolâtrie de la nature. Ensuite, au livre « Le Bel Avenir de l’Humanité », qui prouve, contre les visions apocalyptiques, comme celles d’un Yuval Noah Harari ou de l’ « écologie profonde », la merveilleuse révolution des Temps contemporains née de l’explosion des nouvelles technologies et de la libération de la créativité humaine, en particulier celle des femmes, avec son mouvement vers l’abolition progressive du travail aliénant, vers la fin des maladies génétiques, virales, bactériologiques, cancers… le nouveau rapport au donné génétique et à la mort, la nouvelle productivité infinie sans déchets née des nanotechnologies, une énergie inépuisable, l’extinction de l’ « État » et de l’idolâtrie des « pouvoirs»… et même un chapitre sur le « Nom de Dieu » en hommage à l’ami Umberto Eco dont j’aime croire que, s’il avait vu ma perception proche de celle de Max Planck et la recherche de paix héritée de Leibnitz, il l’aurait apprécié. Ce dernier livre, comme le savent les lecteurs du blog, publié avec deux ouvrages inédits de Raymond Aron et Hannah Arendt, ayant conduit à relancer la collection « Liberté de l’esprit » de Raymond Aron chez Calmann-Lévy.

Répondre aux trois accusateurs ? À vrai dire, en période ordinaire, je passerai mon chemin face à des gens qui m’attaquent personnellement, m’accusent envers eux de mépris et d’« insulte », délit pénal, alors que je ne les connais pas, déforment systématiquement mes positions, dénoncent en miroir ma prétendue « idéologie », qu’ils sont bien incapables de désigner, prétendent même que je n’ai aucun souci du « social ». Va encore pour leurs fantasmagories gauchistes d’un effondrement prévisible d’une « civilisation occidentale » et « impérialiste » qui aurait produit, outre quelques effets positifs, colonialisme, esclavagisme, oppression et, qui, aujourd’hui, serait coupable de « brûler la planète ». Passe encore qu’ils se réclament du philosophe norvégien Arne Næss, inventeur de l’« écologie profonde », dont il dissimulent l’idolâtrie fondatrice, celle de la planète. Mais ils nous informent que s’ils m’incriminent, c’est « au vu de l’ensemble de la Bible », ce qui les autoriserait à co,nsiérer pur nuls certains textes de la Genèse et à m’accuser de défendre « une domination despotique et même parfois tyrannique de l’humain sur la planète », en propageant la plus dangereuse des idolâtries : la « prééminence » de l’humanité. J’ignorerais que « la créature idolâtrée est bien plus souvent l’homme qui se proclame tout-puissant » et ils vont même jusqu’à prétendre que le « vrai humanisme » biblique célèbrerait non pas l’humain, comme j’oserais en hérétique le faire, mais la vraie « créature » de Dieu, « qui peut être comprise comme la nature, gaïa » dont l’humanité serait une partie, en « interdépendance » avec les autres sous-systèmes naturels.  

Dans son Court Traité du Pouvoir Tyrannique, face à ses inquisiteurs qui l’accusaient « au vu de l’ensemble du contenu biblique », Guillaume d’Occam (1285-1347) notait déjà : « vous rejetez ceux qui veulent vous informer de la vérité, vous défigurez leurs arguments, et vous les condamnez », alors pourquoi débattre ? Néanmoins, malgré les risques, il l’avait accepté en raison des enjeux : « je ne veux pas être ajouté au nombre de ceux qui craignent de parler librement parce qu’ils redoutent de perdre les bonnes grâces des hommes ».

 Aujourd’hui, en raison de cette vague obscurantiste qui déferle sur certains pays occidentaux riches au nom de la « planète », il n’est peut-être pas absurde de profiter de l’occasion pour tenter de percer un peu le brouillard idéologique diffusé par les apôtres de l’« écologie profonde » et de la « théologie de l’intendance ». Car, sans nier leurs bonnes intentions, force est de constater qu’ils désespèrent la jeunesse, détournent les énergies du progrès, freinent la créativité nécessaire contre la détresse, diffusent tristesse et nostalgie au lieu de la joie et de l’espérance, et cela pour diffuser un panthéisme animiste contre lequel judaïsme, christianisme et islam se sont dressés dès leurs naissance.

Mais bien incapable de ce « vu d’ensemble de la Bible » de mes détracteurs, on me pardonnera, puisqu’accusé d’hérésie, de tenter en chemin une interprétation singulière, et sans doute critiquable, de quelques textes bibliques qui concernent les points soulevés. Une façon d’affirmer, en sujet éthique tâtonnant et conscient des abîmes d’ignorance qui m’habitent, mais déterminé à refuser les idolâtries, un droit d’interprétation qui se passe de Maîtres de Vérité. Cela pour défendre cette idée du camp du progrès depuis la Renaissance,  que l’humanité est au centre de la création, en position « prééminente », infiniment supérieure aux autres vivants, irréductible à une prétendue « interdépendance » avec végétaux et animaux, en position de devenir « temple de Dieu », de recevoir grâce et sacrements, de prier et célébrer un créateur qui l’a fait (et lui seul) à son image, avec le droit de créer pour dominer la nature et d’assujettir ce qui s’y trouve, le devoir d’aimer son prochain (humain), fut-il étranger, comme lui-même… et même de recevoir une bonne nouvelle en attendant une résurrection individuelle éternelle, totalement indépendante de cette planète condamnée avec ses mottes de terre, un jour, à disparaître. 

I. Style inquisitorial d’une idéologie antiscientifique

I.1. Spirale de l’insulte, spirale de l’attaque personnelle

Dès le début, les trois auteurs annoncent qu’ils ne répondront pas « point par point » à une prétendue « instrumentalisation des données scientifiques ». En effet, ils ne répondent ni « point par point », ni, d’ailleurs, à aucun point. C’est une des caractéristiques de ce courant. 

Au lieu d’argumenter sur les faits, ils préfèrent l’attaque personnelle. À les en croire : « il est difficile de réagir à un article où l’auteur manie, avec dextérité, le pamphlet, la stigmatisation et le mépris de tous ceux qui ne partagent pas sa propre idéologie sans tomber soi-même dans le piège d’une spirale de l’insulte ! »

Le sens du mot « insulte » est sans équivoque : il est l’expression d’une volonté d’outrager personnellement, une forme d’injure sanctionnée par le code pénal. Il renvoie au viol des bonnes mœurs et à la volonté de dégradation humaine envers un individu désigné. 

Or, je n’insulte aucune personne dans l’article incriminé et certainement pas ces trois inquisiteurs dont je ne connaissais pas même l’existence. À l’inverse, je critique l’« écologie profonde », sa démagogie, son obscurantisme, sa misère théorique et ses propagandistes dont je ne préjuge aucunement qu’ils seraient, en plus, opposés aux bonnes mœurs.

Qu’ils avouent leur avoir été « difficile » d’éviter la « spirale de l’insulte », révèle non leur grande vertu mais leur incapacité à distinguer les thèses d’un auteur, qui peut être critiqué comme auteur, et sa vie privée comme personne, avec sa moralité. C’est pourquoi, ils enclenchent dès la première ligne la spirale de l’attaque personnelle qui se justifie à leurs yeux, comme pour toute inquisition qui préfère au débat d’idées, l’accusation d’immoralité. 

I.2. Manichéisme ? La paille et la poutre

Ils m’accusent d’être « manichéen » et de condamner « tous ceux qui ne partagent pas (ma) propre idéologie ». Le vieux truc des inquisiteurs qui prétendent que leurs opposants sont nécessairement simplificateurs, sectaires et isolés. 

Accusation cocasse venant de partisans de cette « écologie profonde » née (nous y reviendrons) du rejet radical de tous les courants de pensée qui défendent croissance et progrès, et des courants écologistes appelés avec mépris « écologie superficielle » par Arne Næss. « On voit la paille dans l’œil du voisin mais pas la poutre dans le sien »…

Le titre de mon article était clair : « Les différentes écoles de l’écologie », et non « les deux écoles de l’écologie ». Le contenu aussi : j’y défends le camp du progrès, et ses nombreuses écoles, contre le camp obscurantiste de l’« écologie profonde ». 

Serait-il donc « manichéen » de tenir pour fausse l’ « écologie profonde » ? À les en croire, il faudrait être plus subtile et prendre en compte les différences entre leurs sectes, plus ou moins rouges, plus ou moins vertes, toutes idolâtres. Or, si je ne suis pas favorable d’aimer « à la folie » l’idole Gaïa-la-Planète, je ne le suis pas non plus de l’aimer « beaucoup », ni même « un peu ». Mais « pas du tout ». Car la planète n’est pas un vivant. Pas même un être.

Contre les gris-gris de l’imagination, ma position n’est pas plus manichéenne que de tenir pour faux que « 2+3 » fassent « », « 5,5 » ou « 5,01 ». Contre l’animisme, pas plus que la lune ou le soleil ne sont des êtres, la conscience qu’il existe un amas appelé « terre » ne prouve ni la vie, ni, encore moins, la conscience de cette planète..

I.3. « Idéologie » ? Pourquoi ils falsifient l’histoire de la planète

Je défendrais une « idéologie ». Laquelle ? Ils n’en disent mot. Le lecteur doit comprendre que puisque je refuse la leur, c’est que j’en défends une autre. Un truc largement utilisé par toutes les inquisitions pour diaboliser leurs adversaires.  Il suffit de relire les réquisitoires du Moyen-Âge ou les minutes des procès staliniens.

Une idéologie est un système fermé et global d’idées, de valeurs, de comportements qui veut s’imposer sur la société au nom d’un idéal social et politique, au mépris des faits et du respect des droits individuels. Pour ce qui me concerne, il suffit de lire mes écrits pour savoir que non seulement je n’en défends aucune mais que je les combats toutes. Comme dans mes cours d’épistémologie, j’y défends les « sociétés ouvertes » (Karl Popper), les « programmes de recherche scientifiques » (Imre Lakatos) qui avancent par essais-erreurs et une métaphysique qui place les individus, leur libre créativité et leur capacité de décider du bien et du mal (quand elle est éclairée) au centre. 

À l’inverse, les partisans de l’« écologie profonde » falsifient les faits jusqu’à inventer une planète fictive avec laquelle l’humanité aurait été en harmonie. Une harmonie idéale qu’ils prétendent retrouver par des actions de contrôle sur le mode de production, les sciences et la vie quotidienne des citoyens. Cela au nom de la « planète » qu’il faudrait « sauver » et dont ils connaitraient les besoins en nouveaux Maîtres de vérité. Leur idéologie est ainsi tendanciellement totalitaire. 

Contre cette idéologie, j’ai rappelé quelques faits dans l’article incriminé et, en détails dans L’Homo creator face à une Planète Impitoyable

Quand commence le paléolithique, il y a environ 3,5 millions d’années, nos ancêtres ont déjà traversé 4 millions d’années d’holocaustes dus à la planète. Combien sont en vie ?  100 000 seulement après 4 millions d’années ! La fameuse Gaïa a détruit tous les autres. Après le paléolithique, encore des holocaustes et non une vie harmonieuse avec la nature. Des glaciations en nombre, 17 lors des seuls 2,6 derniers millions d’années, et autant de réchauffements inconnus de nos idolâtres qui veulent, pour culpabiliser l’humanité, tout ignorer des explosions nucléaires du soleil, des variations de l’angle de l’orbite et de l’axe de rotation terrestre, des déséquilibres « naturels » de l’atmosphère elle-même. Tout ignorer aussi des éruptions volcaniques, secousses sismiques, tempêtes, cyclones, tornades, tsunamis… des virus et bactéries, tout aussi naturels, vieux de plusieurs dizaines de millions d’années pour la coqueluche, la tuberculose, la lèpre, la syphilis… des cancers de toutes sortes, des os au cerveau… des maladies génétiques, des attaques animales… Que reste-t-il quand débute le néolithique, il y a 12 000 ans, des espèces humaines du genre Paranthropes et Homo qui survivaient encore au paléolithique? « Les Paranthropes ? Des trois espèces, il ne reste bientôt plus rien, détruits à leur tour. Des 22 espèces du genre Homo ? Une seule a survécu. Oui, une seule. La fameuse Gaïa-la-Terre bienveillante a éliminé les 21 autres de la carte planétaire » ( L’Homo creator face à une Planète impitoyable). Finalement, 500 000 humains seulement sont parvenus au néolithique. Un gain de 400 000 individus en 3,5 millions d’années ! Et seuls 12% peuvent espérer dépasser 40 ans. 

Voilà les faits. Les idéologues de l’ « écologie profonde » doivent nier l’histoire et même prétendre que les maux d’hier perpétués aujourd’hui, des virus aux cyclones, sont dus à l’humanité, tant ils craignent de voir les humains en conclure que la planète ne mérite aucune génuflexion, brisant l’autel de Gaïa et renvoyant à leurs études ces Maîtres de Vérité. 

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I.4. L’« écologie profonde » contre l’esprit des sciences

Pour vendre leurs dogmes, les idéologues de l’ « écologie profonde » n’hésitent pas à attribuer à leurs opposants des positions si ridicules sur les sciences que Bouvard et Pécuchet eux-mêmes ne pourraient y adhérer. Ils prétendent que nous refuserions de discuter de la « pertinence des innovations technologiques » dont nous défendrions les bienfaits aveuglément. Eux, à l’inverse, avancent cette banalité connue depuis plus de deux mille ans, qu’ils prennent pour une découverte exceptionnelle de leur courant : les sciences se trompent parfois et connaissent même des impasses. Ce qui leur permet de se livrer à une attaque en règle contre l’esprit des sciences et ceux qui le soutiennent.

Où ai-je écrit qu’il était interdit de discuter des innovations technologiques ? Nulle part. Dans le petit article incriminé, je réponds seulement par des faits scientifiques à quelles unes des affabulations de l’écologie profonde. 

Ils ont pourtant raison : les positions du camp du progrès et les leurs sont incompatibles.

Car loin de nier les impasses et les erreurs scientifiques, les amis du progrès les célèbrent. Et cela depuis Aristote et Archimède. Toute l’histoire du progrès est en effet une avancée par essais et erreurs. C’est pourquoi il est si important pour toute proposition authentiquement scientifique d’être falsifiable par les faits contrairement à l’écologie profonde, que la concurrence scientifique soit assurée et que soit libérée l’innovation créatrice en lui donnant par la croissance les moyens d’avancer toujours plus loin. Important aussi d’offrir aux individus le maximum de culture possible pour qu’ils participent à la créativité et aux débats rationnels et résistent ainsi à l’obscurantisme des démagogues qui leur vendent vents apocalyptiques et éoliennes idéologiques en guise de pensées. 

À l’inverse, les idéologues de l’« écologie profonde «  profitent de la moindre erreur, de la moindre faille, de la moindre imperfection pour pointer du doigt les innovations, attiser les peurs, freiner la créativité et vendre l’apocalypse selon saint Profond. Au nom de la précaution et de la prévention, ils utilisent les sciences pour combattre l’esprit d’innovation des sciences. Or, puisqu’il y a toujours des imperfections, des points d’ignorance, des incapacités à prévoir les conséquences des innovations, puisque tout ce que l’humanité peut faire c’est « le meilleur possible » (Aristote) et non le meilleur, les occasions sont innombrables pour qu’ils puissent vendre effondrement de la civilisation, terre qui brûle, Planète qui meurt… Ils auraient interdit l’usage du feu, généralisé il y a 400 000 ans au nom des incendies possibles et la taille du silex au nom du danger de fabriquer des pointes de flèche comme ils dénoncent aujourd’hui la « course » des nouvelles technologies.  

Face aux erreurs et impasses, face aux effets pervers de l’avancée de l’humanité vers la maîtrise de la nature, le camp du progrès dénonce la misologie (haine de la raison) comme la pire des solutions. Il affirme que nous ne souffrons pas de trop de savoir et de technologies mais de pas assez. Non pas de trop d’individualisme créatif mais de pas assez. Et, j’ose même m’aventurer à défendre que les avancées du savoir sont un peu comme des grâces, des dons de l’Esprit de Dieu, distribués « pour le bien commun du genre humain »…

I. 5. « Social » et « politique » : camp du progrès contre écologie profonde

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 « Les questions sociale et politique sont entièrement absentes du discours de M. Roucaute, sinon pour fustiger les rouges-verts au détour d’un paragraphe » accusent mes inquisiteurs. « Entièrement » ? Me voilà sans cœur « social » et sans conscience « politique » mais non sans reproches. Encore un vieux truc des idéologues contre leurs opposants. 

Qu’ils associent eux, « social et politique » et qu’ils envisagent l’absence comme un manque, est symptomatique de ces défenseurs de l’« écologie profonde » qui prétendent régler les « problèmes sociaux » par des réglementations « politiques » : punitions, chasse aux riches, aux savants politiquement incorrects, aux philosophes qui défendent la liberté… jusqu’au droit à l’inquisition dans la vie privée des citoyens. 

Le camp du progrès refuse cette association. Certes, dans les trous des mailles du filet social, quand le libre jeu interindividuel et inter-associatif ne suffit pas, alors les interventions politiques peuvent être utiles pour arrêter le crime, aider les plus défavorisés, veiller à l’égalité des chances, permettre d’exercer la créativité individuelle de chacun en supprimant les obstacles… le champ d’action peut être plus large dans les situations de crises ou les moments de résistance à l’oppression étrangère. Mais je soutiens avec John Locke, que tout ce qui est social n’est pas politique et que l’appétence pour le « pouvoir » est concomitante de la tendance à en abuser. 

Ce que démontre encore cette volonté de l’« écologie profonde » d’enfermer les libertés sous prétexte de « sauver la planète ». Le politique est un mal, nécessaire seulement contre un plus grand mal.  C’est pourquoi il doit être limité, contrôlé, réduit dès qu’on le peut. Derrière l’étatisme de l’écologie profonde, comme hier derrière le stalinisme qui jouait lui aussi l’air de la sociale, j’entends les grognement su Léviathan.

À l’inverse, avec le camp du progrès, j’ai bien le souci du « social ». Du vrai social. Car défendre les innovations technologiques, la mondialisation, la croissance et la créativité pour une domination toujours plus grande de la nature est l’expression d’un point de vue « social ».

Oui, il est « social » d’éradiquer au bénéfice de ceux qui en souffrent, les maladies virales naturelles, les maladies bactériennes naturelles, la maladies parasitaires naturelles, les maladies génétiques naturelles… de prévoir les moyens de résister pour les villages et les villes aux éruptions volcaniques naturelles, aux tsunamis naturels, aux cyclones naturels, aux tornades naturelles, aux tremblements de terre naturels… d’abolir la mortalité infantile qui touche surtout les plus défavorisés, d’augmenter l’espérance de vie pour tous… de préparer l’abolition du travail qui conduit à l’aliénation et à la souffrance, de façonner des aliments améliorés et faible prix voire gratuits, de produire de l’eau jusqu’au Sahel, de partager savoirs et technologies avec les pays les plus déshérités…  

Des problèmes sociaux ? Il y en a, et il y en aura longtemps. L’humain n’est ni un dieu, ni un demi-dieu. Mais l’humanité n’a pas besoin des idéologues de l’« écologie profonde », de ses militants et chefs ignorants. Elle a déjà payé lourdement dans le passé sa croyance en des Maîtres de vérité qui profitent de la souffrance pour vendre recettes de bonheur et mesures liberticides. Et qui freinent la course à la créativité et à la croissance, donc la course vers toujours moins de souffrance et plus de justice sociale. C’est pourquoi, il est vrai de dire que non seulement l’écologie profonde n’a pas le monopole du cœur mais qu’elle en est son fossoyeur. 

II. Le fond de l’« écologie profonde » : l’ignorance païenne

II.1. Fondements animistes de l’« écologie profonde »

Contre le camp du progrès, les partisans de l’« écologie profonde » prétendent qu’ils échapperaient à l’idolâtrie, surtout quand il se trouvent dans des environnements influencés par les religions du Livre. Que mes trois accusateurs se réclament du philosophe norvégien Arne Næss pour un tel déni est étonnant. 

Certes, Arne Næss, à partir de son article de 1973 publié par la revue Inquiry, est le fondateur de cette idéologie qu’il définit comme « écologie profonde » (« deep ecology »). Cela en opposition avec ceux qui croient au progrès scientifique et technique, au productivisme, à la croissance et qui mettent l’humain au centre de leur projet (« anthropocentrie ») mais aussi aux autres courants écologiques, condamnés sous l’étiquette d’ « écologie superficielle » (« shallow ecology »). Elle nierait en effet l’urgence de sauver la planète menacée d’une « éco-catastrophe » par des déséquilibres grandissants, des pollutions innombrables et un épuisement des ressources dus à l’humanité. Elle est accusée d’une sorte de collaboration avec l’ennemi en voulant « protéger la nature » au lieu de la sauver. Par la diminution des effets négatifs du mode de vie capitaliste et consumériste, elle lui permettrait de survivre et même de développer un business vert. Elle reproduirait la « prééminence » de l’humain, faute de s’attaquer aux fondements « anthropocentriques » de la destruction de la planète. Finalement, elle peindrait en vert les illusions appelées « développement », « croissance », « consommation ». Au passage, on s’amuse de l’accusation de « manichéisme » de trois inquisiteurs….

Arne Næss exige de changer radicalement de point de vue, d’appréhender le monde « profondément ». Au lieu de partir de l’humanité, il faudrait adopter celui de la planète, du « Grand Soi », sorte de super-organisme que l’un des théoriciens de l’« écologie profonde », James Lovelock, appelle « Gaïa ». Il engloberait tous les sous-systèmes, en particulier le petit « soi », le « soi »  humain. 

 En conséquence, comme il le dit dans Écologie, communauté et style de vie, moralement le sous-système humain, ne vaut pas plus que les écosystèmes animaux, végétaux et minéraux. Il est un sous-système de la nature non pas « disjoint » de la planète mais « relié » à elle. Toutes les « formes de vie » se valent et sont à protéger. C’est l’« égalitarisme biosphérique ». Une vision que je crois aux antipodes du christianisme.

Cette « approche morale » conduit à « s’indigner » devant les violences faites à la planète et à éprouver en soi le « sentiment » qu’elle éprouve face à l’action destructrice des humains. Tout comme ces enfants qui tuent des moucherons avec un spray, voyant leur souffrance, parviendraient à cette conclusion que « ces animaux, comme vous, préfèrent probablement vivre que mourir ». Arne Næss donne aussi l’exemple des propriétaires de chiens qui découvrent que « le bien-être de leur animal est plus important que celui de leur voisin ».

Tout étant lié, les attaques de l’humain contre le Grand Soi provoqueraient logiquement, en retour, des réponses négatives des autres sous-systèmes et de la planète tout entière. Ce qui expliquerait le malheur humain. Si la terre brûle et menace la vie humaine, s’il y a des virus et de la souffrance humaine, la cause en serait ces comportements antinaturels. 

Mais, youpi ! grâce au parti de l’« écologie profonde », le salut serait possible. En changeant de point de vue, l’humanité retrouverait le chemin de l’harmonie, de la « symbiose » avec la nature, un « style de vie » dit Arne Næss qui conduira le « soi humain » à communier avec le « Grand Soi ». C’est ce qu’il appelle « la Réalisation de Soi » qui n’a rien de la réalisation de « soi » : la majuscule du « Soi » indiquant que l’égocentrisme n’est plus de mise. Chacun doit avoir l’objectif moral d’« être la nature » par identification à son environnement, car le vrai « soi » est commun aux animaux et aux plantes et la voie de sa réalisation passe par l’identification avec « tous les êtres vivants »( Self Realisation).

Donc « les humains n’ont pas le droit de réduire cette richesse (de la nature) et cette diversité, sauf pour satisfaire des besoins vitaux ». Il faudrait s’engager vers « une baisse substantielle de la population humaine », 9 milliards d’individus étant le maximum, et du « niveau de vie » avec une décroissance des sociétés « riches ». D’où la défense d’une « éthique de la terre » théorisée par américain Aldo Leopold et reprise par quelques évêques américains en 1980 : « une chose est juste quand elle tend à préserver l’intégrité, la stabilité et la beauté de la communauté biotique ». Une éthique qui conçoit l’humain au même titre que « le sol, l’eau, les plantes et les animaux ou, collectivement, la terre » (Almanach d’un comté des sables). Une éthique qui proclame avec Arne Næss: « la nature compte sur vous » pour la sauver. 

Cette « voie » aurait été préparée par le philosophe Spinoza, qui est l’un des seuls théoriciens à échapper aux foudres d’Arne Næss en raison de son panthéisme, mais aussi par le bouddhisme, le taoïsme et l’hindouisme de Gandhi, dont il dit qu’ils l’ont influencé pour rompre avec l’« anthropocentrisme » . Mais évidemment pas un seul théoricien chrétien. Elle conduirait à une « écosophie » au lieu d’une « philosophie ». Dans « philo », l’idée d’ « aimer »(φιλεῖν) placerait encore l’humain au centre. L’« écosophie » développe elle l’« écocentrisme » : le primat de l’écosystème et du « Grand Soi » sur l’humain. 

Transformer la nature en être, vivant et supérieur, et réduire l’humanité à être une partie de ce « Grand soi » comme le fait Arne Næss, révèle la seule profondeur de l’ « écologie profonde » : profondément animiste et païenne. 

II. 2.  « Au vu de l’ensemble du contenu biblique » : « écologie profonde à visage chrétien » et « théorie de l’intendance »

Naguère il y avait les communistes « à visage humain », aujourd’hui il y aurait des « écologistes profonds à visage chrétien ». Nos trois inquisiteurs n’y vont pas par quatre chemins : « justifier une domination despotique et même parfois tyranique (sic) de l’humain sur la planète par le verset 28 du premier chapitre de la Genèse est un contresens terrible au vu de l’ensemble du contenu biblique ». 

Voilà donc d’où parlent nos trois compères : « au vu de l’ensemble du contenu biblique ». Tout devient clair. Conséquence : leurs opposants sont accusés d’hérésie. Grave puisqu’elle mène à un contresens « terrible ». Encore une vieille tactique inquisitoriale pour terroriser les opposants.

 Ces Maîtres de Vérité disposent-ils d’un Évangile selon saint Profond ou d’un manuscrit caché de la mer Morte ? Ils citent le pape pour appuyer leurs propos : ont-ils eu la révélation d’une infaillibilité pontificale dans son magistère social que les catholiques ignoraient ? 

Évidemment, je n’ai jamais justifié une telle « domination despotique ou tyrannique » sur la planète. L’absurdité d’une telle affabulation n’échappera à personne. Le « despotisme » et la « tyrannie » signifieraient l’existence de relations politiques entre des êtres vivants qui ont une conscience : d’un côté les humains oppresseurs, de l’autre la planète opprimée. Or, la planète n’est pour moi ni un vivant, ni même un être. Je ne « justifie » donc rien de toutes ces balivernes de « despotisme » ou de « tyrannie » qui me sont attribuées.

Qu’à l’inverse, nos trois accusateurs croient de telles relations possibles démontre leur réification païenne de cet amas de particules qui tourne autour du soleil, au point d’imaginer que l’on pourrait lui faire subir une oppression dont il faudrait le « sauver ». 

« Au vu de l’ensemble du contenu biblique », nos trois compères n’hésitent pas à passer par pertes et (surtout) profits, la Genèse I.26 où il est indiqué : Faisons l’humanité à notre image, selon notre ressemblance, et qu’elle domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur les animaux domestiques et sur toute la terre, et sur les reptiles qui rampent sur la terre. » Eux ont-ils une version où Dieu dit que l’humanité ne vaudrait pas plus qu’animaux, végétaux et minéraux, eux aussi créés à l’image de Dieu ? 

Perspective assénée à nouveau plus loin : « Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et soumettez-la, et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se meut sur la terre. ».

Dieu en rajoute : il semble avoir trouvé « bon » (ou « bien ») la création de la nature, minéraux, végétaux et animaux. Mais, après avoir créé l’humain, femme et homme : « Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait, et voici cela était très bon. » Oui, Dieu ne dit plus « bien » mais « Très bon » ou « éminemment bien »(וַיַּרְא אֱלֹהִים אֶת-כָּל-אֲשֶׁר עָשָׂה, וְהִנֵּה-טוֹב מְאֹד; ). Ciel ! et l’« égalitarisme biosphérique » ?

Même après la chute et le déluge, à la sortie de l’arche de Noé, Dieu continue à développer un « contre sens terrible » dans la Genèse : « Soyez féconds, multipliez et remplissez la terre. Vous serez craints et redoutés de toute bête de la terre, de tout oiseau du ciel, de tout ce qui se meut sur la terre et de tous les poissons de la mer : ils sont livrés entre vos mains. » 

Songez même qu’il incite Abraham à construire la nation juive en invoquant une prééminence humaine et qu’il exige de lui sacrifier un bélier, pourtant un vivant, au lieu d’Isaac ! Tous les vivants ne se valent-ils donc pas ? Et j’en passe d’autres passages scandaleux de cet « anthropomorphisme » qui conduit Dieu à passer une alliance avec Moïse, au lieu d’avec les animaux et des végétaux… jusqu’à nous donner à la nation juive une terre « en possession » (GenèseExodeDeutéronomeJosuéNombresEzéchiel…), leur demandant sur ce royaume d’Israël de croître et de se développer… 

Certes, en 1982, certains luthériens américains ont cru pouvoir intituler un texte « Le Terre : un don de dieu, notre responsabilité ». Ils invoquaient à l’appui de leurs thèses la Genèse (2, 15) où il serait demandé de « cultiver et de garder » avec amour la terre.

Mais ce texte concerne Adam et Éve, dans le Jardin d’Éden, en aucune façon la vie de l’humanité après la chute qui engage un rapport disharmonieux et exige la transformation infinie de la nature, comme le montrent les textes qui ont trait au royaume d’Israël et à sa croissance. On retrouve cette différence qualitative dans toutes les traditions qui évoquent ce paradis perdu appelé́ « jardin d’Éden» par juifs, chrétiens et musulmans, «Satya Yuga » par l’hindouisme, « âge d’or», par le poète Hésiode… Il suffit de se reporter pour les Grecs au mythe de Prométhée.

Paradoxalement d’ailleurs, il est dans la Bible que même dans cet Éden, il faille « cultiver » la terre. Or, cultiver est une action de transformation proprement humaine qui ne laisse pas la nature en l’état. Il n’y a pas ici d’harmonie préétablie. Et cet Éden lui-même n’est pas le moins du monde un produit naturel de la planète. Le texte (Genèse, 2,8) dit que Dieu l’a « planté ». L’harmonie relative ne doit donc rien à la planète.

C’est bien pourquoi aucun culte ne lui est dû à la différence de Dieu. Le texte hébreu dit d’ailleurs que l’humanité doit « soigner », et non garder (2,15) l’Éden. L’intervention humaine s’impose pour répondre aux desseins divins. Et puisqu’il s’agit de soigner, elle indique bien l’exceptionnalité humaine et non l’équivalence des « écosystèmes ». D’ailleurs l’Éternel précise (2,16) : « tous les arbres du jardin tu peux t’en nourrir » sans aucune considération pour les végétaux, seulement pour la seule satisfaction humaine Et c’est bien pour avoir désobéi à Dieu, et non pour avoir pillé l’Éden, que les humains sont punis. 

En vérité je ne connais aucun texte qui dise l’amour dû à la planète ou l’équivalence de l’humanité avec des « écosystèmes ». Certains évêques partisans d’une « éthique de l’intendance » avaient cru, en 1980, trouver quelques lignes en ce sens dans le Lévitique (25 :23) : « Et le pays ne se vendra pas à perpétuité, car le pays est à moi ; vous, vous êtes chez moi comme des étrangers et comme des hôtes ».À les en croire, Dieu aurait ainsi un jour demandé aux humains de jouer le rôle d’ « intendant » pour préserver la terre et d’en voir un usage modeste. 

Or, il n’y a aucune trace à ma connaissance (certes limitée) de cette modestie d’usage demandée. Ce chapitre 25 évoque non pas la conduite à tenir de l’humanité sur les siècles à venir, mais seulement les 49 premières années d’installation de la nation juive sur les terres inhabitées d’Israël ; la cinquantième année étant le « jubilé ».

Et après 50 ans ?  « Chacun d’entre vous rentrera dans son bien » ( Lev.25, 10). Ce qui est confirmé ensuite : « En cette année jubilaire, vous rentrerez chacun dans votre possession. » (Lev, 25, 13) Alors ceux qui occupent les sols devront le faire fructifier et ils pourront se nourrir « abondamment » (Lev. 25,19) des produits de leur exploitation, avec le souci de la croissance, de la richesse et du bien-être dans le respect des lois divines. La suite indique : « je vous donnerai les pluies en leur saison, et la terre livrera son produit, et l’arbre du champ donnera son fruit », (26-4) ou bien encore, au lieu d’évoquer une interdépendance et l’équivalence des sous-systèmes naturels : « je ferai disparaître du pays les animaux nuisibles » ou « je vous ferai croître et multiplier »…Les exemples abondent.

Le texte cité par les évêques se situe durant la période qui précède le jubilé. Et uniquement celle-ci. Elle ne concerne pas l’utilisation et l’exploitation de la terre mais seulement la question juridique de la propriété individuelle et la protection des juifs qui auraient des difficultés à conserver la terre donnée par Dieu. Car juridiquement, la propriété revient de droit au premier occupant, comme cela est commun sur toute terre découverte et chacun devrait pouvoir en faire ce qu’il veut. Mais, Dieu va suspendre en partie le droit de propriété pour protéger les plus malchanceux.  Ainsi, si un juif éprouve des difficultés au point de devoir vendre son bien, Dieu interdit qu’elle soit achetée « irrévocablement » durant 49 ans. Il précise : « dans tout le pays que vous posséderez, vous accorderez le droit de rachat sur les terres. » Celui qui a été contraint de vendre pourra ainsi racheter en priorité sa terre et le nouvel acheteur sera contraint de la lui restituer. Plus encore : celui qui est ruiné durant cetet période peut vendre le bien mais il le récupèrera juste après le jubilé. 

Ce n’est pas l’humain qui est intendant, mais Dieu. Son objectif en offrant la possession mais pas le droit de pleine propriété n’est pas de préserver la planète mais l’individu élu. Avec des exceptions comme la propriété des Lévites dans la banlieue des villes qui est « inaliénable ».

Et loin d’en appeler à un culte de la nature ou du « Grand Soi », le texte indique : « Ne vous faites point de faux dieux; n’érigez point, chez vous, image ni monument, et ne mettez point de pierre symbolique dans votre pays pour vous y prosterner: car c’est moi, Éternel, qui suis votre Dieu ».(Lev, 26,1) 

Et que dire finalement de tous ces textes « terribles » car « anthropocentriques » qui indiquent que la grâce est comme « la lumière qui éclaire tout humain venant dans le monde » (Évangile selon Jean) et seulement les humains ? Lumière qui permet de croire que Dieu a demandé de s’aimer les uns les autres, d’aimer même l’étranger comme soi-même (Lév, 33,34), voire qui dit « aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés » (Jean, 13-34), c’est-à-dire jusqu’au sacrifice, sans référence à l’amour pour les sous-systèmes animaux, végétaux, minéraux ? Et que penser de ces débats sur la justification par la foi ou les œuvres, puisque le salut vient de la désœuvre pour sauver les écosystèmes de la planète ? De ces sacrements qui s’adressent aux humains, aux petits « soi »  mais non aux autres petits « soi », moucherons, mygales, arbres et pierres qui vaudraient pourtant autant qu’eux ? Et de ces prophètes venus pour les seuls humains jusqu’à l’annonce de cette résurrection du dernier jour dans l’oubli du « Grand Soi»?

« Contresens terrible » ? Contre le paganisme, je maintiens que moralement, socialement, politiquement, cosmologiquement, ontologiquement, l’humain est au-dessus de tout vivant et du non-vivant, qu’il n’a de comptes à rendre qu’à lui-même, sinon à Dieu, et qu’il doit croître, se multiplier, humaniser la planète et assumer dans la joie sa libre nature créatrice. 

II. 3. Simulacre d’humanisme des antihumanistes de l’« écologie profonde »

 « Au vu de l’ensemble du contenu biblique », nos idéologues prétendent qu’« un véritable humanisme serait de trouver la juste place de l’humain dans une interdépendance avec le reste du vivant et de la planète ». Le mérite de leur écologie « profonde » serait « d’avoir souligné cette interdépendance au sein d’écosystèmes, de maisons communes, remettant en cause la prééminence d’une espèce, d’un individu, d’un organe qui serait central ». 

« Interdépendance » ? Ce mot indique une dépendance réciproque, voire une relation biunivoque. Je n’en crois rien. Car si nul ne songe à nier l’influence que peut avoir l’environnement sur chacun, d’une part celui-ci ne se réduit pas à la terre mais comprend aussi lune, soleil… tout comme famille et différents éléments de la société civile, gènes et évolution corporelle… où est-il écrit que l’humain ne serait pas irréductible à ces relations, un être doté de liberté et de créativité, capables de jouer sur les déterminations, de les modifier, les transformer, les dominer ? Refuser de croire à cette dépendance n’est-ce pas même la condition de la vie humaine ? 

J’ai pour moi 7 millions d’années de vie de l’humanité face à cette nature impitoyable et l’action de notre créativité jusque sur les gènes. J’ai pour moi l’« Humanisme » réel, défini grammaticalement et historiquement et non fantasmé. 

Grammaticalement, il associe « humain » et le suffixe « isme », qui vient du grec ismós (ισμός). Le « isme » désigne une vision du monde, une théorie, une idéologie, une religion qui place au centre ce dont il est le suffixe : par exemple le Bouddha dans le bouddhisme, ici  l’humain dans l’humanisme. 

Historiquement, le courant humaniste est né autour des études d’humanité (studiae huminitatis) qui redécouvraient les anciens et retraduisaient la Bible, particulièrement en latin comme le fit Gutenberg. Il s’est développé à partir du XVIème siècle, liant Pic de la Mirandole, Rabelais, Montaigne, Léonard de Vinci, Dürer… dans une même consécration de l’humanité, avec son exceptionnalité et ses droits, source des droits de l’Homme et sa juste place, comme plus bel ouvrage de Dieu. C’est aussi ce sens que les théologiens chrétiens lui donnent quand bien même il y eut des débats, par exemple lors de l’opposition entre Luther et Érasme. Mais ces débats portaient sur le salut par les œuvres ou par la foi, non sur le message d’amour dû à cette espèce exceptionnelle, appelée l’humanité. 

Cet humanisme s’oppose à l’animisme qui durant des centaines de milliers d’années a imaginé que les écosystèmes étaient équivalents et que toute action humaine devait être compensée par des offrandes pour conserver le prétendu équilibre, dont des sacrifices animaux ou humains. Cette conception du monde a largement été démontrée en particulier par les ethnologues lors des enquêtes sur les dernières populations nomades dont je donne les références dans l’Homo creator face à une planète impitoyable et, pour ma faible part, lors de mon étude in situ sur les indiens Yanomami. Cet humanisme s’oppose aussi à tous les paganismes qui refusaient aussi cette suprématie de l’humanité, son universalité et acceptaient le sacrifice humain. Il s’oppose encore à toutes ces théories venues du marxisme qui dénonçaient l’humanisme comme une illusion bourgeoise et aux théories raciales, qui sont, au fond, une résurgence de l’animisme.

Appeler « humanisme » une idéologie qui nie la prééminence humaine et imagine que nous serions des éléments en « interdépendance » dans ce « Grand Soi » avec lequel nous devrions communier ? Voilà l’imposture. En fantasmant sur un être-planète, en mettant les systèmes vivants en équivalence, en refusant à l’humanité sa liberté et le droit de dominer la nature et de croître, en propageant une vision païenne animiste, l’ « écologie profonde » démontre seulement son antihumanisme …profond.

 II.4 Colonialisme, esclavagisme… la maladie infantile de l’écologie profonde

Afin de stigmatiser leurs opposants et de se présenter, contre eux, en défenseurs de la liberté et des nations opprimées, les partisans de l’« écologie profonde » les accusent de défendre « une civilisation née en occident, qui s’est imposée de manière impériale et a mêlé le meilleur sur le plan culturel et sociétal et le pire : colonialisme, esclavagisme, oppression des cultures considérées comme primitives. 

On s’amusera devant ces poncifs de l’extrême-gauche tiers-mondiste des années soixante et cette critique sur un site protestant, de la « civilisation née en occident » dont le christianisme est pourtant l’un des fondements. 

Ces Tartuffe feignent d’ignorer que toutes les civilisations, oui toutes, ont été esclavagistes, colonialistes, impérialistes, oppressives depuis le néolithique, commencé il y a 12 000 ans. Et si quelque chose de spectaculaire et de nouveau, propre aux civilisations européennes sous influence chrétienne est arrivé n’est-ce pas l’exigence de l’abolition universelle de l’esclavage et le respect des nations, au nom d’une « prééminence » humaine, qui place l’humanité au-dessus des animaux et d’autres « écosystèmes » auxquels on réduisait jusqu’alors certains humains ? Est-ce même un hasard si les thèses anticolonialistes, antiimpérialistes, le droit des nations à disposer d’elles-mêmes ou les droits de l’homme sont nés en occident et non dans ces régions du monde ou dans ces époques où l’on pensait que les « écosystèmes » humains, animaux, végétaux et minéraux se valaient ? 

N’ont-ils donc jamais entendu parler, ces idéologues si « profonds », de l’esclavagisme, du colonialisme et de l’impérialisme à Sumer, au IVème millénaire avant J.-C. ? À Uruk ? Chez les Hittites ? Les Assyriens ? Les Scythes ?… Les Grecs cela ne leur dit rien ? Et Athènes, où se trouve plus d’esclaves que de citoyens tandis que dans toute l’Attique on compte, vers -317, 21 000 citoyens pour 400 000 esclaves ? Et l’empire romain, jamais vu, jamais rencontré, il n’aurait été ni esclavagiste, ni colonialiste, et il n’aurait pas, comme tous les autres, opprimé des populations jugées plus primitives, appelées « barbares », y compris quand il fut dirigé par un empereur « noir » comme l’empereur Septime Sévère ? 

L’Asie, ils ne connaissent pas non plus ?  Trop petite peut-être ? Car tous les royaumes et empires orientaux étaient esclavagistes, colonialistes, oppressifs… comme ces Javanais qui, cherchant la paix avec les empereurs Ming (1348-1644), parmi les offrandes, leur donnent 30 000 esclaves africains, en 1381, à Hongwu.  Ignorent-ils la distinction, dans la dynastie Tang (618-907), entre les Hans, investis par les esprits de la nature, et les autres humains, qui peuvent être mis en esclavage, colonisés ou tués au nom de cette même nature ? L’impérialisme et les marchés aux esclaves des royaumes de Kediri, Singasari, Majapahit… en Indonésie, pas vus non plus ? Plus de 2000 ans d’esclavage au Japon ? Et en Corée depuis au moins les Trois Royaumes (-57 ; 668) ? Et en Inde, où l’on trouve encore aujourd’hui 15 millions d’esclaves ? C’est Albertine disparue, le charme de Proust en moins ? L’empire ottoman serait-il issu d’une bande dessinée ? N’aurait-il pas été esclavagiste, colonialiste, impérialiste, oppressif ? Est-ce parce qu’il vend des esclaves noirs et, surtout, blancs, jusqu’en 1890, et même, encore en 1913 à Constantinople, que les idéologues gauchistes de l’écologie profonde mettent aux oubliettes terreurs et malheurs de l’Europe orientale et d’une partie de l’Europe centrale ? « L’impôt sur le sang », ou Devchirmé, qui contraignit durant trois siècles tous les villages à donner aux Turcs leurs fils ainés, à partir de 6 ans,  pour être esclaves (60%) ou soldats, et certaines de leurs femmes choisies pour aller dans les harems avant d’être exécutées quand elles devenaient « hors d’usage » ? Des blancs chrétiens, donc cela ne compte pas ?

Et l’Afrique, elle n’existe que pour condamner l’Europe chrétienne  ? Faudrait-il se taire sur la traite transsaharienne et maritime des tribus africaines par les tribus arabes et berbères à partir du VIIIème siècle, probablement entre 12 et 15 millions de morts ? Il ne faudrait pas se demander pourquoi il n’en reste aucun descendant survivant alors qu’un Président métis peut être élu aux États-Unis et quelques descendants d’esclave devenir maires, députés, sénateurs, ministres ou chefs de gouvernement dans nos terribles démocraties « occidentales » ? Au passage n’ont-ils donc jamais entendu parler de l’esclavage des dizaines de milliers de blancs par les pirates « barbaresques », de l’esclavage entre tribus arabes ou de l’impérialisme et du colonialisme des empires africains de Gao puis Songhaï, du Ghana, du Mali, des royaumes du Buganda, du Burundi, du Rwanda… ? L’Afrique n’existe donc pas avant le colonialisme européen faute de convenir à leurs contes à dormir debout ? 

Non, l’Européen qui défend la liberté n’a pas plus à se battre la coulpe de ce que ses ancêtres ont fait en matière d’esclavagisme et d’oppression que tout autre population de ce globe. Pas plus qu’il ne doit culpabiliser d’avoir eu des ancêtres anthropophages car tous nos ancêtres le furent, y compris ceux de l’« écologie profonde », pour célébrer, comme eux, les esprits de la nature et rétablir la prétendue harmonie naturelle.

Ce qui fantastique ? Que dans certains pays européens, des consciences se soient levées pour exiger l’abolition universelle de l’esclavage contre ceux qui ne voulaient pas de la « prééminence » humaine. Qu’y fut découvert le droit des nations à disposer d’elles-mêmes ; moralité inachevée car il n’est pas un continent où je ne vois des populations opprimées. 

L’ « écologie profonde » ? Expression du vieux monde qui affaiblit le modèle politique de la liberté dans le monde, les démocraties représentatives occidentales, et qui prétend continuer à vouloir imposer en bobos colonialistes leur modèle à toutes les nations, y compris pauvres, jusqu’à freiner leur développement et imposer cette chimérique décroissance économique et démographique. Non pas le point de vue de la liberté mais celui des ennemis de la liberté. 

II.5 Croissance : les affabulations des bobos de l’écologie profonde

Avant d’en terminer, les inquisiteurs vendent l’apocalypse qui vient si on osait s’opposer à eux : « on sait aujourd’hui quel est le tendon d’Achille de la nôtre (civilisation). Elle est dépendante de la fuite en avant d’une croissance technologique et industrielle illimitée qui épuise les ressources d’une planète limitée. » Prenant en référence le « rapport Meadows » de 1972, ils dénoncent « les mesurettes qui sont prises de manière dispersée (…) loin d’être à la hauteur des discours sur la planète qui brûle ». 

Qui est donc ce curieux « on sait » qui interdit de penser hors de leurs cadres ? L’objectif est de briser toute contestation dans l’œuf et de l’isoler en se référant à un prétendu consensus. Ils reprennent les couplets d’Arne Næss contre l’écologie « superficielle » et ses « mesurettes » au nom d’une « planète qui brûle ». Et pour preuve définitive, ils citent ce « rapport Meadows » de 1972 qui, 50 ans après, fait sourire. Les auteurs n’annonçaient-ils pas que la mise en culture des terres, en raison de la démographie, serait de plus en plus couteuse, conduirait à la disette et à des problèmes insurmontables d’approvisionnement en eau potable ? Que les ressources énergétiques comme pétrole, gaz, lignite, seraient insuffisantes et nous condamnant à la pénurie ? Que la pollution nous tuerait ? 

Loin d’être le « talon d’Achille » des démocraties occidentales (et orientales), la « croissance technologique et industrielle » fut la clef de leur survie et du mieux-être de leurs populations. Ce n’est pas un hasard s’il n’y a jamais eu autant de pays pour suivre ce modèle de « course » à la croissance et aux technologies : car ça marche ! 

Ce modèle de croissance est si efficace que sur les 10 premières puissances mondiales en 2019, 10 jouent cette « course ». Sur les 20 premiers pays selon l’indice de qualité de vie, tous la jouent aussi. 

À l’inverse, le refus de ce modèle ou l’impossibilité de le mettre en œuvre caractérise les populations les plus misérables de la planète.

Certes, j’admets la « fuite » vers la croissance et les technologies.  C’est la course pour fuir la misère et diminuer la souffrance humaine. Cette course qui caractérise tant de pays qui subissaient la famine, comme la Chine ou l’Inde.

Il y avait 3,7 milliards d’habitants au moment du rapport Meadows, 7,85 milliards aujourd’hui. Or, loin de l’apocalypse annoncée, grâce à la croissance et aux aides internationales, la famine a considérablement reculé. Il y avait 36% de la population en sous-alimentation en 1970, 20% en 1990, 12,9 % en 2015, 10,8% en 2018, 8,9% en 2019. Les dernières famines massives, celles de la Péninsule indienne, datent de 1973 et 1974, les autres sont dues aux conflits militaires (Éthiopie, Somalie…). Des conflits dont la caractéristique économique majeure est qu’ils empêchent… la croissance. 

Et si environ 690 millions de personnes restent en état de sous-nutrition aujourd’hui, la moitié se trouvent dans les zones de conflits. Même cause, mêmes effets : freins de la croissance et misère. La vraie crainte ?  L’augmentation de la sous-alimentation en raison du Covid-19 naturel, qui freine la fameuse « course » au progrès dénoncée par nos idéologues. 

Les expressions comme « insécurité alimentaire », « sous-alimentation », « au bord de la famine » révèlent tout à la fois le chemin encore à parcourir, car cette sous-nutrition est une réalité, et celui qui l’a été, car la famine disparaît. Oui, a disparu la famine que j’ai vue en Inde où dans ces matins blêmes à Delhi et Calcutta les corps étaient jetés dans des bennes, celle que j’ai vue au Bengladesh où les enfants mourants nous regardaient de leurs yeux noirs si grands que notre propre souffrance s’y noyait. 

Ce qui est nouveau : l’accélération de la distribution des bienfaits grâce à l’abaissement rapide des couts, aux nouveaux modes de distribution, aux technologies et à la conscience morale que nous participons tous de la même humanité, cette espèce exceptionnelle qui a la prééminence sur terre. 

Ce qui est ancien : que des démagogues tentent de profiter de la souffrance et des injustices pour vendre leur idéologie au lieu d’aider les pays les plus pauvres à entrer dans la dynamique de la créativité qui permet la croissance.

Oui, la population n’est pas trop nombreuse, cette vieille lune reprise depuis Malthus par tous ceux qui n’ont aucune vision de la créativité humaine qui règle toujours les problèmes qu’elle se pose, en avançant. Il était faux hier, avec le rapport Meadows, de prétendre que les ressources énergétiques seraient rares et en voie de disparition. Faux aujourd’hui. Comme je l’ai déjà prouvé dans Le Bel Avenir de l’Humanité, et rappelé sur quelques points résumés dans l’article incriminé, les solutions sont en nombre pour extirper l’énergie à notre disposition. La révolution des nanotechnologies, par exemple, avec son mode de production « bottom up » ans déchets, ses solutions pour transformer même le CO2… ou la révolution des biotechs, par exemple l’usage industriel et agricole des « ciseaux génétiques » (CRISPR-Cas9)… et toutes les autres technologies démontrent que l’humanité ne pose pas de questions auxquelles, par sa créativité illimité et libérée, elle ne pourrait répondre.  

Et la planète ne brûle pas. Sinon lorsque se réveillent des volcans ou que les tremblements de terre détruisent les villes.  Elle se réchauffe me dit-on ? Je veux bien le croire. Mais la réponse n’est pas la recherche d’un équilibre impossible dont les esprits de la nature auraient donné les clefs aux Maîtres de vérité de l’écologie profonde après leur avoir offert celles de la Bible. Contrairement à leur vision démagogique et orgueilleuse, vu les forces titanesques à l’œuvre, pour la part qui revient à l’humanité, comme face aux pollutions, les solutions se trouvent dans le savoir et dans une morale joyeuse qui croit en l’humanité et en son esprit de responsabilité. C’est pourquoi, puisque nous avons besoin de financer cette course illimitée aux savoirs pour alléger le malheur, nous ne souffrons pas de trop de croissance, mais de pas assez. 

II.6. La fantasque santé de la planète contre celle des humains.

Il n’est pas anodin que les trois auteurs, à l’image de tous les idolâtres rouges-verts de la planète, m’accusent de « réduire la santé à la dynamique d’une industrie pharmaceutique et des biotechnologies » ce qu’ils dénoncent comme « un raccourci très réducteur ». Et pour vendre leur idéologie, ils inventent que jusqu’au début du 20e siècle, la santé se définissait comme « l’aptitude au travail et à la jouissance » dans une perspective d’adaptation à une société industrielle occidentale fondée sur la production et la consommation. Aujourd’hui,  on prendrait « conscience que la bonne santé de l’humain passe par celle du vivant qui nous environne ». Ils donnent l’exemple des bons microbes dont ils ont entendu parler qui favoriseraient notre système immunitaire. Communier avec la nature serait le chemin pour la sauver et nous en même temps.

En ce qui concerne le « raccourci très réducteur », nos inquisiteurs se posent là. Car où ai-je écrit qu’il fallait se fier aveuglément à l’industrie pharmaceutique et aux biotechnologies ? Nulle part. Falsifier est évidemment plus facile pour condamner. Et dénoncer démagogiquement les industries pharmaceutiques permet de trouver quelques soutiens.

Leur concept de santé comme « aptitude au travail et à la jouissance »? Il n’a jamais existé, seulement dans leurs fantasmes anticapitalistes et puritains qui servent à vendre leur idéologie. Car l’idée de préserver la santé apparaît dès les Âges des Métaux sans aucun souci ni de rentabilité, ni de jouissance. En rupture avec l’animisme, à partir au moins de l’école de médecine de Cnide, vers – 700 av. J.-C., puis, plus tard, celle d’Hippocrate (-460, -377), à Cos, les Grecs considèrent ainsi le corps humain dans son dysfonctionnement en visant son rétablissement dans le souci d’un état de bien-être global, physique, mental et social, ce pour quoi, par exemple, les rites autour du dieu Asclépios sont associés à la médecine. Un processus similaire se déroule en Égypte, qui met en place la pharmacopée, avec déjà des produits « chimiques » et les premières prothèses connues non pour amener au travail ou à la jouissance mais à l’harmonie. D’ailleurs, la première prothèse connue est celle de la fille d’un prêtre égyptien. 

Mais avec la découverte de la « santé », cette harmonie recherchée n’est en aucun cas une harmonie avec la nature. Mais contre les maux qu’elle occasionne. À la manière d’Aristote, lui-même fils de médecin, et d’Hippocrate, le souci de la santé et ainsi dès l’origine celui de l’homme et de sa « prééminence ». D’où le serment attribué à Hippocrate qui vise ce bien être global : Je dirigerai le régime des malades à leur avantage, suivant mes forces et mon jugement, et je m’abstiendrai de tout mal et de toute injustice. » « À leur avantage » : l’ »anthropocentrisme » est bien la clef et soigner le corps humain pour qu’il résiste aux agressions naturelles et s’améliore, fut-ce par des plantes arrachées au sol, l’objectif de la santé.

Une vision qui se dégageait peu à peu de l’animisme du chamanisme qui transportait ce fantasme de l’« écologie profonde » selon lequel la santé de l’humain passerait par « celle du vivant qui nous entoure ». Les chamanes pensaient en effet que les problèmes de santé seraient dus aux dérèglements de la nature dont les humains seraient responsables. Ainsi, pour les Yonamami du haut-Orénoque au Venezuela, où tous les écosystèmes se valent, humain, jaguar, banane, fleuve et roches, la maladie se pense comme rupture disharmonique avec la planète due aux humains. « Un puma tué, une banane enlevée, une feuille de palmier ôtée : c’est un esprit « en moins ». Il va falloir se faire pardonner d’avoir ainsi retranché par ses activités des esprits à la nature, des esprits végétaux ou animaux. Il va falloir compenser ce vol en donnant un équivalent « en plus ». Une sorte de troc des esprits. (…) Ainsi, manger des fruits du palmier est bon pour les Yanomani qui peuvent troquer cela contre une prière ou une offrande, sauf pour une femme qui a ses premières règles, qui n’a pas droit au troc, et qui serait alors sanctionnée par un éborgnage de son mari, via une épine de ce même esprit- palmier qui viendrait se ficher dans l’œil. (…)» (L’Homo creator face à une planète impitoyable) Malheur à la tribu qui ne chercherait pas à communier avec les « écocystèlmes » !

Nos experts en eau profonde ont même découvert des bactéries sympathiques pour appuyer leurs dires. Ce qui les rend plus animistes encore que les chamanes qui imaginaient, à côté d’esprits bienfaisants, des esprits mauvais qu’il fallait séduire par prières et sacrifices. 

Certes, il y a un millier de sortes de bactéries dans le corps mais dans quelle pochette surprise ont-ils découvert qu’elles étaient nécessairement conviviales et anodines à condition de tenter la vie en harmonie dans le « Grand Soi » et de ne pas laisser se développer croissance et capitalisme ? Les humains morts il y a plus 510 000 ans de la tuberculose, avaient-ils trop célébré l’industrie dans leurs abris sous roche ? Et ceux qui ont été tués par la syphilis, il y a 1,5 million d’années ? De la coqueluche, il y a 2 millions d’années ?  Gentils les petits virus, si on ne les chagrine pas ? 200 espèces pathogènes, c’est pour se venger ? A coups de variole, d’encéphalite… de virus T-lymphotropique transmis par les gentils animaux qui cause la leucémie au paléolithique peuvent-ils être courtisé s? Et les cancers comme celui des os, qui existent depuis au moins 1,95 million d’années seraient-ils dus à la pollution … du paléolithique ? Vivre en harmonie avec Gaïa permettrait donc d’éviter les 6 000 maladies génétiques, dont nombre sont prouvées depuis des milliers d’années ?  

Plus près de nous le tiers de la population d’Athènes mort de typhoïde en – 430, la disparition de 10% de la population de l’empire romain par la peste entre -165 et -170, l’épidémie de variole qui tua jusqu’à 5 000 individus par jour à Rome au IIIème siècle, et qui ravagea jusqu’à l’Égypte ?… tout cela serait dû à la « course à la croissance » et à un manque de prise en compte des autres vivants ? 

Oui, j’ai écrit que « la santé impose le progrès » et celui-ci, les sciences. Ce que le traitement du Covid-19 prouve encore. Ai-je écrit que le progrès n’impose « que » les sciences ? Comment ignorer les règles d’hygiène, l’alimentation, les comportements etc…  ?  Au passage, sont-ils à ce point ignorants qu’ils réduisent les sciences aux biotechnologies ? Et ne pourraient-ils s’intéresser aux « biotechnologies jaunes » dont l’objectif est de résoudre les problèmes environnementaux, ou aux « biotechnologies vertes » qui améliorent agriculture, élevage et agroalimentaire, essentiels contre la sous-nutrition ? 

Comment financer sans croissance ? Par quelle opération de Saint Profond ? Le coût moyen de production d’un médicament ? Entre 800 millions et 1,5 milliard de $. Est-ce un hasard si les biotechnologies représentent plus de 1000 milliards de dollars de capitalisation dans les seuls pays riches ? Et si les sociétés les moins prospères sont aussi celles qui souffrent le plus de problèmes sanitaires ? 

La santé de la planète ? L’idée que la bonne santé des humains passerait par celle des autres vivants ? Des chimères qui démontrent l’archaïsme de ces « écologistes profonds » qui ont la profondeur des abysses de leurs eaux glacées. 

Avec le camp du progrès, je maintiens cette proposition de bon sens : « La santé impose le progrès donc les sciences, donc la croissance »Grâce à l’industrialisation et aux laboratoires, grâce aux technologies et aux savoirs, grâce à cette domination chaque jour plus conquérante de la planète, il n’y a jamais eu autant d’espoir pour lutter contre les souffrances qui assaillent l’humanité. Et quand bien même on m’annoncerait une apocalypse, je continuerais à défendre cette nature créatrice humaine qui humanise cette planète. Comme le disait Martin Luther, « si l’on m’apprenait que la fin du monde est pour demain, je planterais quand même un pommier ». 

L’homo creator face à une Planète impitoyable

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Le Bel Avenir de l’Humanité

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Le puits sans fond de l’ “écologie profonde » et les différentes écoles de l’écologie

Publié dans Regards protestants le 10 novembre 2020

«Sauvons la Planète», implorent les uns, «Make the Planet great again», gémissent les autres qui pensent peut-être qu’en anglais la formule serait un tantinet moins ridicule. Difficile de ne pas rire de ces Don Quichotte de l’écologie profonde, qui ont troqué leur cheval pour le vélo, écologie si profonde que nul d’ailleurs n’en voit le fond. Curieusement, cet engouement fervent pour célébrer les bienfaits de la fameuse Gaïa-la-Terre quand un virus bien naturel, le Covid-19, décime l’humanité, ne les conduit pourtant pas à aller chercher au magasin bio du coin le produit naturel qui y mettrait fin. Car je les vois, dès qu’ils ont quitté les plateaux télévisés, espérer, comme le quidam ordinaire, une solution du côté des produits bien artificiels, bien biochimiques, bien génétiquement modifiés, ce que l’on appelle communément médicaments et vaccins. Sans idéologie, ils applaudiraient même Le Bel Avenir de l’Humanité qui démontre, contre les apocalyptiques, que la vraie écologie est incarnée par le camp du progrès, seul apte à mettre l’humanité au cœur de sa pensée et à résoudre, notamment par les nouvelles technologies, les défis de la planète, pollutions comprises.

Hélas, il n’en est rien. Et si l’idéologie rend aveugle, elle ne rend malheureusement pas muet. En pleine pandémie, nos écologistes de l’écologie punitive, spécialistes de la mauvaise conscience et inquisiteurs des partisans du progrès, continuent à vendre la plus vieille idolâtrie qui soit, celle de la Terre. Ils osent tout et c’est même à cela qu’on les reconnaît. Pollutions, réchauffement, maladies, chômage… tout est bon pour contrôler nos vies. Jusqu’à attribuer les virus, dont le Covid-19, à une faute, celle de l’humanité punie par la fameuse Gaïa, irritée par l’industrialisation, la croissance, la consommation, la mondialisation, et plein de trucs qu’elle jugerait détestable en son for intérieur, ce for intérieur auquel nos prêtres écologistes auraient directement accès.

Faisons le point, en revenant au vrai fond, les fondements. Et en montrant la voie de résolution des problèmes.

La vraie écologie

Écologiste? La barbe ne fait pas l’écologiste. Et quand bien même la rime est troublante, l’écologie n’est pas nécessairement condamnée à être parente de l’idéologie. Cela même si je vois bien que savoir regarder le thermomètre, les mottes de terre et les opuscules des apocalyptiques, paraît bien plus judicieux que s’intéresser aux sciences et lire la Bible qui, au-delà des 9 premiers paragraphes, montrerait une rare incorrection au point de demander aux humains de dominer et soumettre la planète et même d’assujettir tout ce qui s’y trouve. Gaïa, n’autorise pas pareille désinvolture.

Écologiste ? J’ose dire que je le suis. Mais vraiment. Je veux dire sans idéologie. Rien d‘exceptionnel: tous les partisans du camp du progrès le sont, évidemment. Ou, plus exactement, seuls ils le sont. Car ils mettent l’humanité en avant, contre les idolâtres de la planète. Le mot écologie signale d’ailleurs la mystification de l’écologie profonde: éco vient de oikos (οἶκος) qui signifie maison en grec, et non planète ou nature; l’écologie profonde a clairement, avec la langue grecque, le plaisir de ne l’avoir jamais rencontrée. Or, qu’est-ce qu’une maison? Désolé pour le lecteur qui doit se dire que je perds beaucoup de temps à enfoncer les portes (des maisons) ouvertes. Mais comment faire autrement ? Car une maison n’est pas un don de la planète, miraculeusement issu des fameuses mottes de terre et du travail de sympathiques insectes. Dès son origine, c’est une construction produite par la créativité humaine à partir de bois, de pierres, de peaux, d’os… arrachés à la planète, aux forêts, aux minéraux, aux animaux… L’objectif de la maison? Protéger l’humanité contre les menaces de la planète et non l’idolâtrer. Condition indispensable pour se multiplier et vivre libres. Un symptôme: l’humanité ne peut vivre sans domestiquer la planète. Toujours mieux et toujours plus. Songez aux 17 glaciations et autant de réchauffements, inconnus de nos écologistes archaïques profonds, lors des seuls derniers 2,6 millions d’années, aux éruptions volcaniques, aux tremblements de terre, tempêtes, tornades, tsunamis… Aux maladies dues aux virus, aux bactéries, aux gênes… Aux attaques de ces animaux qui traquaient avec ruse et force nos ancêtres, qui traquent encore les dernières populations nomades humaines… Toutes menaces qui existent encore.
Oui, la vraie écologie, c’est la protection de l’humanité, celle de sa vraie maison, celle qu’elle fabrique jour après jour grâce à ses artifices pour protéger sa vie.

L’écologie positive s’inquiète seulement de ce sur quoi elle peut agir, sans imaginer des grigris et des sacrifices absurdes au bénéfice d’une planète qui n’a ni conscience, ni projet. Trois éléments sont pris en compte: la part de déséquilibre qui pourrait nuire à l’humanité, dont elle serait responsable et, enfin, celle sur laquelle elle pourrait agir.

Contre l’écologie négative, je me contenterai dans ce court billet de rappeler ici, en les résumant, quelques-uns des faits rapportés dans mes deux derniers livres. Les lecteurs me pardonneront.

Le CO2 est-il maudit ?

A cause du CO2 maudit, il faudrait nous faire pardonner nos atteintes à la planète?

Le CO2? Il est indispensable à la vie sur terre. Sans cette couverture chauffante, les rayons naturels radioactifs gamma et X mortels du soleil ne sont plus arrêtés et les rayons infrarouges qui transportent la chaleur ne peuvent plus passer. Équilibrer les effets de serre du dioxyde de carbone et du méthane? Le premier réchauffement climatique monstrueux eut lieu dès la naissance de la Terre, il y a 4,5 milliards d’années. Et, faute de CO2, il y a eu des situations de terre entièrement gelée, dite Terre boule de neige (Snowball Earth), équateur compris, comme il y a 635 millions d’années. Entre explosions nucléaires du soleil, angle de l’orbite et axe de rotation terrestre, les déséquilibres de l’atmosphère, les innombrables épisodes glaciaires et réchauffements monstrueux depuis 4,5 milliards d’années, dont le dernier s’est produit il y a seulement 12000 ans, rendent difficiles la vie humaine sans que celle-ci, apparue il y a 7 millions d’années, puisse évidement en être tenue pour responsable.

Et la solution au déséquilibre se trouve dans le progrès non dans son arrêt. Cessons ces larmes de crocodile destinées à alimenter les fantasmes des idolâtres. Au lieu de regarder du côté de la forêt amazonienne et de pleurer sur la disparition des espèces, dont 90% ont déjà disparu en 20 millions d’années, regardons du côté des labos qui créent des feuilles artificielles qui imitent, en mieux, les feuilles naturelles à partir d’oxyde de cuivre pour prendre le CO2 et le transformer en oxygène et méthanol. Et les pièges bleus qui transforment le gaz à effet de serre en air pur et en énergie en imitant la longueur d’onde bleue du soleil et en passant par un réseau métal organique qui brise les molécules de dioxyde de carbone. Et ces instituts qui utilisent des nanoparticules de cuivre dans des nano-aiguilles de graphène pour transformer le CO2 en éthanol ou qui modifient des enzymes pour provoquer une photosynthèse 20 fois plus rapide que la photosynthèse naturelle.

L’énergie inépuisable

Non, l’énergie n’est pas épuisable. Les fermions, quarks et leptons, ainsi que les bosons contiennent une énergie infinie. Ils sont de l’énergie potentiellement inépuisable dont les laboratoires extirpent peu à peu les virtualités. Comment pourraient-ils demain manquer? Ils composent l’univers. Nous sommes arrivés tout juste à mettre le bout des doigts de pied sur les pentes de l’Himalaya. L’énergie à extirper dans la nature est infinie comme nous venons de le voir par l’exploitation du CO2 via les nanotechnologies. Toutes les technologies vont dans ce sens. Par la biologie synthétique avec ses bioréacteurs cellulaires artificiels peuvent même être fabriquées des hydrocarbures sans exploitation des sols… Les déchets actuels? Eux-mêmes sont des réservoirs d’énergies utilisables. Les déchets futurs? L’assemblage des atomes, fabriqué localement, alimenté par les cellules ou les énergies solaires, n’en crée guère. Moins que les éoliennes.

Nous vivons l’explosion de la production de combustibles à partir des matières premières et la réduction de la consommation de certaines sources d’énergie polluante. Ainsi pour les véhicules. Nous n’arrêtons pas la pollution en revenant au transport en commun ni au vélo obligatoire pour tous dans les centres des villes, handicapés, femmes enceintes, personnes âgées et bambins compris, mais en investissant dans toujours plus de progrès. Ainsi la voiture électrique autonome individuelle et la voiture sur coussins d’air qui abolira demain pneus et routes goudronnées, ne sont pas issues du retour à la charrette et de génuflexions devant la fumeuse Gaïa mais de l’exploitation et de la domination des éléments de la nature.

Il n’y a pas trop d’humains

Nous ne souffrons pas de trop d’humanité, mais de pas assez: 100000 ancêtres il y a trois millions d’années, un milliard en 1800, six milliards en 1999, 7,6 milliards aujourd’hui. Où est la catastrophe annoncée par Thomas Malthus au 19e siècle? Entre 1800 et aujourd’hui, la population mondiale est passée de 1 milliard à 7,5 milliards et, grâce à la croissance, elle a survécu.

Toujours plus de misère, de pauvreté ? De misère intellectuelle sans doute, si j’en juge par l’attrait pour les idolâtres de la planète. Mais où est le désastre humain programmé par le rapport apocalyptique de Donella et Dennis Meadows en 1972? La famine est en diminution constante: 24% d’affamés en 1990, 14% en 2017, 9% aujourd’hui. Elle disparaîtra en quasi-totalité d’ici 2030 non pas par l’arrêt des innovations mais grâce à elles, comme celles de la biotechnologie qui crée même des steaks, au goût de steack, bientôt pour moins de 1 dollar, sans tuer d’animaux.

Quand nos apocalyptiques manifestent contre les Organismes génétiquement modifiés (OGM) et attaquent les champs de blé à coups de machettes, la machette signale tout à la fois leur appartenance au genre humain, qui dut créer des outils pour se nourrir en partant à l’assaut de la planète, mais aussi leur pathétique degré d’évolution. Car ces OGM, ils les ont depuis leur naissance dans leurs assiettes. Et leurs parents. Grâce à cela, ils ont survécu. Ainsi, il y a 12000 ans, quand les humains arrêtent leurs pérégrinations au Moyen-Orient, de la vallée du Jourdain à celle de l’Euphrate, le froment n’existe pas et la plupart des espèces animales domestiquées non plus. Les espèces de blé sauvage qui sont devant eux se dispersent avec le vent et elles se fragmentent. Nos ancêtres décident alors de sélectionner, grain à grain, ce blé sauvage pour obtenir une nouvelle espèce, modifiée et résistante. Ils s’attaquent même à ses enveloppes membraneuses: l’archéologie atteste que celles-ci n’étaient pas détachables, ce qui interdisait vannage et battage. Et ces grains, qui étaient trop petits et, hélas, dépourvus de gluten, ils les transforment. Et quel succès! Ainsi sont nés les blés, le blé dur comme le froment, qui ont sauvé la vie de millions d’humains.

La santé impose le progrès donc les sciences, donc la croissance

Contre les errements des Don Quichotte écologistes, l’écologie positive rappelle que notre première maison est notre corps et que la protection de ce corps contre les agressions et les erreurs de la nature, des maladies virales aux maladies génétiques, ne se peut sans le progrès et, celui-ci, sans la croissance.

Prétendre que l’industrialisation et une prétendue surconsommation (quand tant de gens souffrent encore de malnutrition) seraient responsables des cancers? L’archéobiologie le démontre malgré la difficulté évidente de travailler sur les organes mous: les cancers existent depuis au moins 1,95 million d’années et le nombre de cancers prouvés au paléolithique supérieur est important, y compris des cancers du cerveau.

Les virus et bactéries? Ils existent depuis des millions d’années. La tuberculose? Prouvée il y a 510000 ans. Infections mycobactériennes non tuberculeuses et le bacille de la lèpre sont prouvés dès le paléolithique moyen en Afrique de l’Est. L’ensemble des maladies produites par les tréponèmes, comme la syphilis ou la pinta, sont apparues il y a 1,5 million d d’années. La coqueluche (bacille Bordetella pertussis), il y a 2 millions d’années.

Plus proches de nous, la typhoïde, les cancers du foie, de la rate, de la prostate, la malaria, les maladies cardiovasculaires sévissaient en Égypte antique il y a 3500 ans, comme le prouvent les momies. Les épidémies monstrueuses n’ont pas attendu l’industrie et la mondialisation comme le prouve la fameuse peste antonine, en vérité une variole qui a tué 10 millions de personnes sur 64 millions dans l’empire romain entre 165 et 190 après J.-C. Oui, 15% des habitants au moins. Et la rougeole a fait depuis 200 millions de morts, du 7e siècle au début du 20e.

Et que dire de la peste noire qui a exterminé 25% la population européenne entre 1347 et 1352. Et des choléra, typhus, variole qui ont exterminé des villes entières et décimées des régions au Moyen-Âge? Tout cela serait-il donc dû à une vengeance de Gaïa qui aurait trouvé insupportable les deux roues tirées par des mulets pollueurs?

Même les exemples prétendument probants des idolâtres de la planète prêtent à sourire. Le virus de la grippe espagnole, qui fit 40 millions de morts et un milliard de malades était-il armé d’une conscience lui disant qu’il fallait punir les humains de l’industrie et du commerce? Hélas pour nos Don Quichotte et leurs Sancho Pança, ce virus naturel venait de… Chine, avant de gagner les États-Unis en 1918 puis de se propager en Europe et, enfin, au reste du monde. Or, la Chine d’alors n’est guère industrialisée. Gaïa-la-sotte aurait donc commencé à punir un pays sous-développé, qui connaissait famine et misère faute d’industrialisation avant de punir les humains qui voulaient s’industrialiser?

Pourquoi d’ailleurs grippe asiatique de 1956 et grippe de Hong-Kong de 1968 frappent-elles d’abord des régions d’Asie qui n’ont pas encore choisi de jouer la mondialisation, la consommation et la croissance au lieu de commencer à Central Park ou au Bois de Boulogne? Pourquoi même notre Gaïa, a-t-elle balancé au Nigeria, en 1969, sa fameuse fièvre de Lassa qui tua exclusivement au Nigeria, en Guinée, au Liberia, en Sierra Leone des populations essentiellement agricoles et misérables… mais qui épargna tous les pays développés? Et je n’évoque pas le virus Ebola ou la méningite bactérienne de 2009-2010 qui ont ravagé l’Afrique. Myope, la Gaïa?

La véritable écologie veut préserver la maison corporelle humaine car «ceci est très bien». Elle sait que l’avenir de l’humanité, notamment la lutte contre les maladies génétiques, virales et bactériennes, contre le vieillissement même, ce sont les biotechnologies, les nanotechnologies, l’intelligence artificielle, la robotique… qui en ont la clef.

C’est pourquoi, contre la théorie de la décroissance de l’écologie idolâtre, elle veut toujours plus de croissance pour financer les recherches. Et elle salue les avancées des sciences comme cette découverte d’Emmanuelle Charpentier (dont hélas, les travaux doivent peu à la France) et de Jennifer Doudna, qui viennent de recevoir le Prix Nobel de chimie pour avoir révolutionné l’ingéniérie génétique avec leurs ciseaux moléculaires (CRISPR/Cas9) capables d’inactiver des gènes et d’en contrôler l’utilisation pour traiter les maladies hérédités de la nature, les gènes altérés par la nature, soigner les cancers venus du dysfonctionnement naturel.

Je pourrais ainsi continuer sur des pages et des pages à rappeler les faits opposables aux fantasmes des idolâtres, faits que j’ai déjà en grande partie traités ailleurs et dans mes conférences. Mais je sais aussi qu’il n’est pire sourd que l’idéologue qui ne peut pas entendre et que là où est le vide, il n’y a pas de fond.

Il n’en demeure pas moins que face aux vrais problèmes liés à une planète qui vit sa vie de planète sans se préoccuper de l’humanité, le seul mot d’ordre qui vaille est «Sauvons l’humanité» et «Faisons l‘humanité plus puissante encore». Vrai en français, comme dans toutes les autres langues.

Loi de « sécurité globale » : «Dans une République, la sécurité met le citoyen au centre »

Tribune du « Monde ». 17 novembre 2020

Que signifie un texte dans lequel pas même une ligne n’évoque le contrôle des forces de l’ordre par les citoyens ?, s’interroge le philosophe Yves Roucaute. Au-delà de l’article 24,qu’il fustige, il dénonce la tentation autocratique du gouvernement

TRIBUNE

« Mon travail, c’est de protéger ceux qui nous protègent », proclame Gérald Darmanin, ministre de l’intérieur français. Diantre ! Sa première mission ne serait donc pas de protéger les citoyens? Alors qu’une nouvelle bavure a conduit à tabasser un citoyen producteur de musique (Michel Zecler), la question posée, il y a deux mille ans, aux citoyens romains par le poète satirique romain Juvénal devient d’actualité.

Face aux forces de l’ordre de l’empereur Domitien (51-96) qui violentaient et tuaient les citoyens épris de liberté au nom de la sécurité de Rome, il demanda : « Qui nous protégera de ceux qui nous protègent ? » Certes, la tyrannie n’est pas notre horizon, mais que signifie cette loi de « sécurité globale » dans laquelle pas un article, pas un paragraphe, pas même une ligne n’évoque le contrôle des forces de l’ordre par les citoyens ? Et qui, par son article 24, menace d’un an de prison quiconque diffuserait l’image ou des moyens d’identification des policiers en intervention ? La République est indéniablement en marche… mais vers quoi ?

Étonnant  texte qui prétend défendre les forces de l’ordre bien que menaces,  insultes et violences contre elles soient depuis longtemps sévèrement punies par la loi. Dans un pays où il existe 84 619 articles législatifs et 233 048 articles réglementaires, est-elle destinée à pouvoir jouer avec le Rassemblement national à «plus sécuritaire que toi » ?

Et il faut beaucoup d’imagination pour appeler loi de « sécurité globale», cet invraisemblable bric-à-brac de 34 articles qui se réduit à la police municipale, aux entreprises de sécurité privée, à la vidéoprotection, aux forces de sécurité intérieure.

Bureaucrates sans  talent

Hélas ! On rit moins devant cet article 24, qui a attiré les foudres de tous les amis de la liberté, de gauche à droite. Signe, peut-être, de la malédiction autocratique qui touche cette Ve République quand elle est dirigée par des bureaucrates sans talent.

Interdire de filmer la police ? Si elle agit selon le droit, qu’a-t-elle à craindre ? Pour des opérations sensibles, n’est-elle pas cagoulée ? Ou bien faut-il admettre que le policier muni d’une arme devrait être protégé de la dangerosité du citoyen armé d’un smartphone… ou d’une partition de musique ?

Dans cette nouvelle République, il appartiendrait aux seules forces de l’ordre de décider si la personne qui les filme par « quelque moyen que ce soit » est « manifestement malveillante ».Comment le savoir avant l’acte ? Le premier ministre donne la clef : l’« intention » de nuire compte. Voilà les forces du ministère de l’intérieur expertes en for intérieur. Défiant cartomanciens et astrologues, avec leur art divinatoire, elles plongent dans la conscience du quidam qui sort son smartphone pour y découvrir son intention de potentielle «malveillance ». Voilà le crime de virtuelle lèse-majesté policière.

L’intention faisant le larron, le potentiel malveillant pourra être mis en garde à vue et son smartphone fouillé, au cas où une «intention malveillante » pourrait s’y cacher. Son domicile aussi, grâce au drone bienveillant qui aura suivi le manifestant potentiellement malveillant. A la place de la vie privée du citoyen, l’avis privé du policier.

Tout citoyen devient suspect

Dans ce nouveau monde, tout citoyen devient suspect. Quand bien même il ne sort pas d’appareil. Car chaque policier sait que prévenir vaut mieux que guérir. Or envoyer une vidéo sur YouTube prend une seconde. Du smartphone dans la poche à la malveillance, il n’y a qu’un pas. La porte est ouverte à l’interpellation de tout porteur d’appareil de potentielle nuisance policière.

Par chance, tout suspect est aisément coupable. La « malveillance » est avérée quand elle pourrait porter atteinte à l’intégrité «psychique» du policier. Sensible, susceptible, dépressif ? Par précaution, voilà le quidam interpellé avant même d’avoir filmé. S’il a filmé et que l’image déplaît ? Voilà la lettre de cachet. L’esprit de la Bastille, Jupiter au lieu du Roi-Soleil. 

Amender cet article en accordant un « droit d’informer » au détour de deux virgules, comme quelques tartuffes crurent bon de le faire? Faut-il donc rappeler que ce droit étant dans le bloc de constitutionnalité, il s’impose à tout pouvoir et à toute loi ordinaire ? Si la Constitution existe, l’article 24 doit être supprimé. Or elle existe, même si ce gouvernement, qui croit que toute activité citoyenne a besoin de son autorisation administrative, ne l’a pas rencontrée.

Servir et non se servir

Le temps est venu de rappeler que dans une République, la sécurité met le citoyen au centre, avec sa protection et son contrôle. Et que les forces de l’ordre doivent « servir », selon la devise républicaine des CRS créées en 1944 par le général de Gaulle après dissolution de la police pétainiste de Vichy.

Servir et non se servir. Si le citoyen a  devant lui des actes de violence policière inadmissibles, il n’a pas seulement le droit de les dénoncer, il en a le devoir. Car je ne connais pire « malveillance » que celle qui sabote les fondements de la République.

Oui, la « sécurité globale » est une nécessité pour protéger le citoyen face aux risques nés des nouvelles technologies et de la mondialisation et pour répondre aux exigences de sécurité humaine et de développement durable. Au-delà des forces de l’ordre classiques, elle appelle de nouveaux acteurs : des collectivités territoriales aux associations (consommateurs, syndicats, églises, ONG…), des entreprises (publiques et privées) aux centres de recherche. Elle met au centre la presse, qui doit alerter, mobiliser, jouer son rôle d’intercesseur, et, surtout, les citoyens, premiers concernés, premiers acteurs de leur propre sécurité.

Deux visions du monde s‘affrontent. Ceux qui rêvent d’une société de gardiennage et ceux qui veulent une République. Et celui qui applaudit aujourd’hui cette loi devrait méditer sur le sort duphilosophe stoïcien Epictète. Face à Domitien, il fit le choix de se taire pour éviter l’exil. Il subit l’exil, comme Juvénal, sans la satisfaction d’avoir défendu sa  liberté de citoyen.

¶ Yves Roucaute est professeur des universités, agrégé de science politique et de philosophie. Il est auteur notamment du « Bel Avenir de l’humanité. La révolution des temps contemporains » (Calmann-Lévy, 2018).

Les changements climatiques et l’avenir de l’humanité

Entretien dans Atlantico, du 15 novembre 2020

GRAND BOND EN AVANT

Face aux changements climatiques drastiques il y a 400 000 ans, nos ancêtres humains ont survécu grâce à leur ingéniosité

 

Atlantico : 400 000 avant notre ère, les humains ont su utiliser leur intelligence pour survivre aux violents changements climatiques. Une étude, qui vient d’être publiée à partir de fouilles au Kenya, confirme les thèses que vous développez dans votre dernier livre, « L’Homo creator face à une Planète impitoyable » dans lequel vous racontez les 7 millions d’années de lutte de l’humanité face à une planète impitoyable. Comment les humains ont-ils fait pour survivre à ces changements ? Toutes les espèces ont-elles réagi de la même manière ? 

Yves Roucaute : Vous avez raison de vous étonner, car ce qui est incroyable, c’est que des humains aient survécu sur cette planète impitoyable, en particulier aux nombreux réchauffements. Or, comprendre comment ils ont survécu hier est capital pour contrer ces menaces aujourd’hui et pour mettre en œuvre les seuls moyens efficaces dont nous avons besoin pour vivre demain. Cela avec une vision de l’écologie positive, qui met l’humanité au centre, loin des fantasmes de l’écologie négative, liberticide, ennemie du progrès et de la croissance.

Vous faites en effet référence à une étude passionnante de la revue scientifique Science Advances qui rapporte les travaux de l’équipe de Richards Potts, sur le site d’Olorgesaille, au Kenya. Il raconte la façon dont les humains ont survécu à l’un des terribles réchauffements climatiques d’Afrique de l’Est, celui d’il y a 400 000 ans, alors que la plupart des animaux ont été tués. J’ai moi-même largement commenté dans mon dernier livre les résultats des fouilles de ce site paléolithique, vieux de 1,2 millions d’années, qui avait été étudié, dès 1943, sous la direction de la merveilleuse Mary Leakey, qui nous a quittée en 1996, et de son mari Louis. Résultats qui vont dans le sens de mon livre, comme toutes les recherches sur les autres sites, sans exception.

Il faut comprendre que les changements climatiques violents sont la règle et que survivre, pour les humains, est l’exception. Le réchauffement climatique existe de façon spectaculaire avant même l’apparition de l’humanité qui a elle-même dû résister, depuis son apparition il y a 7 millions d’années, à des réchauffements extrêmes et des glaciations épouvantables dont nos niais écologistes idolâtres de la planète, entre leurs airs conditionnés et leurs chauffages, n’ont pas l’ombre d’une idée sous prétexte qu’ils n’étaient pas nés. (rires). Songez qu’il y a eu au moins 17 glaciations depuis les derniers 2,7 millions d’années, et des réchauffements d’une violence inouïe.

Ces changements climatiques dus à la planète sont la principale cause de destruction de l’humanité, avec les tsunamis, éruptions volcaniques, cyclones inondations, virus, bactéries létales… et j’en passe des friandises de Dame Nature dont on nous parle avec des trémolos. Des quelques milliers d’hominines d’il y a 7 millions d’années, comme les Shelanthropus ? Il ne reste rien. Des Australopithèques d’il y a 4,4 millions d’années ? Rien. Seuls 100 000 de nos ancêtres survivent au paléolithique, il y a environ 3,3 millions d’années, après 4 millions d’années. Essentiellement, des espèces du genre Paranthropes et Homo. Des Paranthropes ? Des trois espèces, il ne reste rien. Des 22 espèces du genre Homo ? Une seule a survécu. Et quand arrive le néolithique, il y a 12 000 ans, il ne reste que 500 000 humains survivants, un gain de 400 000 individus en 3,3 millions d’années ! Et 12% peuvent espérer, et dans quel état ! dépasser 40 ans.

Ce qui est fantastique c’est donc que quelques-uns de nos ancêtres aient survécu. Et que nous survivions encore. Songez que les espèces animales ont disparu à 90% depuis 7 millions d’années et à 99% depuis 20 millions d’années en raison essentiellement des changements climatiques de la fumeuse Gaïa-le-Terre.

Comment ? Parce qu’au lieu de manifester en benêts en proclamant « Make the planet great again » ou en pleurant sur le mal que l’on ferait à une Gaïa-la-Terre qui se préoccupe de l’humanité comme d’une guigne, nos ancêtres, comme sur le site d’Olorgesaille, au Kenya, ont été créatifs.

Je dis bien créatifs et pas seulement intelligents ou « sapiens ». Car intelligents, les animaux aussi l’étaient. Songez à l’intelligence de ces animaux de la mégafaune, des tigres aux dents de sabre, des lions américains de 4 mètres de long, de ces castors géants du Nebraska… qui chassaient même l’humain avec ruse. Ils avaient des atouts adaptés au froid mais non au réchauffement. Il était impossible pour un mammouth laineux d’Amérique du nord de se débarrasser de sa laine en la tondant pas plus qu’il n’était possible pour d’autres de se couvrir quand le froid est arrivé. Il devait suivre le rapide réchauffement en remontant vers le nord. Résultat : le premier groupe s’est éteint il y a 45 000 ans, contraint par la diminution de son espace vital en Sibérie, faute de nourriture suffisante ; le second, il y a 12 000 ans, avec la fin de la glaciation ; le dernier, dans l’océan Arctique, fut emporté par la montée des eaux qui a réduit leur espace de vie qui passent de 7 700 000 de km2 à 800 000.

Nos ancêtres créent des habitats adaptés aux différents climats, en particulier au chaud. Au lieu de préserver la nature, ils vont à son assaut, parfois avec mauvaise conscience, au prix de quelques sacrifices humains.

Leur réponse a été : toujours plus de technologies.

Par exemple, en plein réchauffement, sur le site d’Olorgesaille, ils pillent et arrachent comme avant pierres, feuillages et arbustes à la nature, détournent des cours d’eaux, tuent pour prendre des os, mais ils survivent aussi grâce à une amélioration de leurs outils et de leurs armes, avec des lames plus effilées, plus aisées à manier destinées aux animaux plus petits alors que 80% des gros animaux, comme les zèbres, ont disparu, et ajustés à la végétation plus désertique. De la même façon, lors des petites glaciations, les humains des zones froides prennent les os de mammouth et exploitent le lœss pour colmater et isoler les murs des cabanes en Ukraine, comme le montre le site de Gontsy. Ici, abris sous roche, là cabanes près des eaux : cela dépend. Et, à chaque changement climatique, les survivants transforment leur mode de nourriture, inventent de nouveaux modes de consommation, structurent des zones d’activité, inventent leur aménagement des sols. Sans GPS, ils changent de territoire, de l’Afrique de l’Est jusqu’en Asie pour certains, prenant souvent de mauvaises décisions, parfois des bonnes, parfois, le plus souvent tant la nature est impitoyable, ils meurent dans l’impossibilité de prendre une décision, détruits par le froid ou la chaleur.

Ceux qui ont ainsi survécu, l’ont pu en domestiquant la nature autant que possible. Ce que, faute de créativité, aucune espèce animale n’a pu et ne peut faire en dehors des atouts d’adaptation que la nature lui a donné. C’est pourquoi, s’il ne reste plus aucun castor géant d’Amérique, il reste encore des humains.

Est-il envisageable que les humains s’adaptent à nouveau à un changement climatique majeur qui est en train d’arriver ? 

Y.R. Je crois que le réchauffement climatique est probablement une réalité. Ce qui revient à la part des humains n’est pas clair quand l’on songe aux forces titanesques en jeu depuis 4,5 milliards d’années, des éruptions du soleil aux variations du mouvement et de l’inclination de la terre, des éruptions volcaniques aux émanations de gaz de la végétation et des animaux ; j’en ai parlé ailleurs. Néanmoins, il me paraît tout à fait sensé de vouloir essayer de préserver l’humanité autant que possible en jouant sur ce qui dépend d’elle.

Or, ce qui dépend de l’humanité, et ce qui lui a permis de survivre depuis son apparition sur terre, c’est d’abord son inventivité. Et l’une des causes des holocaustes produits par la nature, c’est le manque de progrès et donc, je le répète, le manque de croissance qui seule peut financer le progrès face aux forces destructrices de la planète. Et cela vaut aujourd’hui contre les ennemis du progrès, ces idolâtres de la planète qui freinent l’adaptation en s’opposant aux sciences et à ce qui le permet : la créativité libérée.

J’ai indiqué dans un autre livre,, Le Bel Avenir de l’Humanité, pourquoi nous avions les clefs de notre survie. J’ai montré comment nous avions avec les nanotechnologies, les biotechnologies, l’intelligence artificielle, la robotique… les solutions à nos problèmes.

Par exemple, nous savons transformer le CO2 en oxygène et en énergie utilisable, CO2 dont je rappelle aux ânes qu’il est indispensable à la vie sur terre, nous savons construire sans déchets, nous avons une énergie inépuisable que nous savons de mieux en mieux extirper, nous savons produire des feuilles vertes artificielles plus puissantes que les arbres, nous savons faire de la nourriture exactement semblable aux meilleurs steaks de bœuf sans bœuf… et j’en passe de ces inventions spectaculaires. Songez aux véhicules électriques autonomes sans pneus, aux technologies de fabrication de l’eau dans les zones désertiques, aux nanorobots swimmers qui vont détruire les cellules cancéreuses. Je n’y reviens pas car tout cela a été démontré déjà dans ce livre. Toutes ces innovations de l’humanité, qui démontrent qu’elle est « Homo creator », ruinent l’idéologie archaïque qui attriste l’humanité, la jeunesse en premier, en diffusant l’obscurantisme et la détestation de la raison.

L’adaptabilité humaine face à la nature promet-il un bel avenir de l’humanité ? 

Y.R. Oui, un avenir formidable. En cette période de Covid19, nous attendons tous non pas la bonne prière pour Gaïa-la-Terre qui se déciderait à nous pardonner je ne sais quel péché d’exister, mais le résultat des recherches des laboratoires financés par la croissance et développés par les sciences. Les centres de recherche n’hésitent pas à contrer les virus naturels, les maladies génétiques, les bactéries létales, les froids intenses, la chaleur époustouflante.

Il y aura des retours en arrière obscurantistes mais ceux-ci n’ont aucun avenir. Par exemple, la pollution automobile n’a conduit au retour du vélo, du transport en commun et de la marche à pied pour tous, y compris personnes âgées, handicapés femmes enceintes et enfants, que dans quelques régions du globe où l’idéologie archaïque domine. Contre l’esprit du troupeau et la détestation du progrès, partout ailleurs, les véhicules électriques individuels, construits et conduits selon les désirs individuels, avec des objectifs individuels sont à l’ordre du jour.

La seule question pour la France est de savoir si elle restera cette grande nation qui fit du progrès et des Lumières sa loi d’airain ou si elle deviendra cette triste province attardée d’une humanité partout joyeuse dans les pays qui croient au progrès. Car force est de constater que les idolâtres de la planète sont à l’Ouest, les partisans du progrès à l’Orient.

Entretien sur « L’Homo Creator face à une Planète Impitoyable”

HARMONIE PERDUE, CETTE PENSÉE ARCHAÏCO-MAGIQUE

Yves Roucaute : “Les écologistes ont oublié 7 millions d’années de combats acharnés de l’humanité pour survivre face à une nature impitoyable

Publié le 7 juin 2020 sur Atlantico

Atlantico : Votre dernier livre, L’Homo creator face à une nature impitoyable, dont le sous-titre est « 7 millions d’années contre l’idolâtrie de la nature », se présente comme le livre de chevet du camp du progrès face à Greta Thunberg, Nicolas Hulot et à tous les écologistes qui idolâtrent la planète. Vous les accusez de déprimer l’humanité, en particulier la jeunesse et de pourchasser quiconque ne croit pas en une Gaïa-la-Terre bienveillante. Par cette histoire de 7 millions d’années et par vos enquêtes auprès des dernières populations nomades, vous montrez que l’humanité ne peut survivre dans la nature sans l’affronter. Vous affirmez le droit voire le devoir, de coloniser la planète, de la dominer et d’assujettir tout ce qui s’y trouve. Ne craignez-vous pas d’être très isolé alors que la mode est plutôt à célébrer les bienfaits de la nature et que les écologistes semblent avoir un poids de plus en plus important au niveau électoral ?

Yves Roucaute : Franchement, un virus venu de la prétendue sainte nature vient de tuer près de 400 000 personnes et en a meurtri plus d’un million, et il faudrait que je coasse avec Greta Thunberg « green, green la nature d’accord, la nature d’abord » ? Quand j’entends un écologiste aux ambitions présidentielles prétendre que le Covid-19 est une vengeance de Gaïa-la-Terre, devrais-je acquiescer ? Et faut-il, que je manifeste pour « sauver la planète » avec une jeunesse aliénée par une armada de démagogues qui vend de l’apocalypse en guise de barbe à papa ? J’ai préféré donner une arme fatale (rires) au camp du progrès face aux Ayatollahs de l’écologie qui vivent des angoisses de l’humanité.

Par ce livre, je veux exposer les faits, briser les idoles et libérer l’humanité, les femmes en premier car elles ne seront jamais libres tant que règnera l’esprit magico-religieux du culte de la nature. 

Il n’y a pas d’harmonie perdue avec la nature pour cause d’industrialisation, de croissance ou de mondialisation. Je raconte les 7 millions d’années de combats de l’humanité pour survivre face à une nature impitoyable quand elle ne connaissait ni industrie, ni commerce, ni technologies, ni science. Le combat fut si violent et si inégal qu’au paléolithique, il y a 3,3 millions d’années, il ne reste déjà plus rien de la lignée humaine, née 4 millions d’années auparavant, hormis une poignée de survivants. 100 000 seulement en 4 millions d’années. Les autres ? La sainte Planète qui ne pouvait être assujettie, les avait détruits. Puis, arrivent encore et encore des holocaustes. Les australopithèques ? Balayés par la planète. Auprès d’eux, des espèces humaines du genre Paranthropes et Homo. Des Paranthropes ? Les trois espèces sont détruites à leur tour. Et sur 22 espèces du genre Homo, une seule survit. La fameuse Gaïa-la-Terre bienveillante a éliminé les 21 autres de son menu du jour. Ils ont survécu mais à quel prix ! 500 000 humains seulement sont parvenus au néolithique, il y a 12 000 ans Un gain de 400 000 individus seulement en 3,3 millions d’années, de moins de 500 000 en 7 millions d’années ! Et l’espèce est si meurtrie que seuls 12% peuvent espérer, et dans quel état !, dépasser les 40 ans.

Nos marchands d’apocalypse vendent un équilibre naturel de la planète mais où cela ? Durant 7 millions d‘années, elle a offert sa bénédiction non à la vie humaine mais à sa destruction via des glaciations en nombre, 17 lors des seuls 2,6 derniers millions d’années, des réchauffements climatiques terribles que nos idolâtres ignorent puisqu’ils ne permettent pas de culpabiliser l’humanité, des éruptions volcaniques, des secousses sismiques, des tempêtes, des cyclones, des tornades, des tsunamis… Étaient-ce des punitions de Gaïa la terre contre l’industrialisation qui n’existait pas ? Faut-il comme Nicolas Hulot appeler punitions les virus et les bactéries létales, car coqueluche, tuberculose, lèpre, syphilis… qui n’ont pas attendu l’industrialisation pour décimer l’humanité depuis sa naissance ? Mais punitions de quoi ? De même, cancers, maladies génétiques, handicaps… attestés depuis le paléolithique seraient-ils dus à l’industrie nucléaire ou au manque d’éoliennes et non à la vie selon la nature insuffisamment dominée ? Et que dire des attaques animales dont quelques benêts pensent qu’elles sont dues aux humains qui ne respecteraient pas respecter la vie animale ? Croyez-vous que le léopard d’Amazonie aujourd’hui ou le tigre aux dents de sabre de 3,90 mètres de long d’hier vont ronronner auprès des nomades Guyaki d’Amazonie ou des australopithèques qui se montreraient courtois ? Qu’ils aillent donc en parler aux chevaux et aux bisons ! Et qu’ils regardent les coups de crocs sur les os de nos frères en humanité tués comme du gibier il y a plus d’un million d’années.

Le mode de vie dans une nature laissée à ses règles ? C’est le régime paléolithique, le vrai, le seul, celui de la destruction des humains. L’équilibre dans la nature ? Un conte à dormir debout pour enfants attardés. Les animaux eux-mêmes en riraient s’ils le pouvaient : les espèces animales ont disparu à 90% depuis 7 millions d’années, à 99,9% depuis 20 millions d’années. Coupables les humains qui n’existaient pas même encore ? Il est d’ailleurs toujours amusant de voir les idolâtres s’extasier devant des animaux qui démontrent une cruauté incessante et tenter de culpabiliser des humains qui sont en passe, par les biotechnologies, d’abolir la souffrance animale.

Oui, toute l’histoire de l’humanité a été celle de la lutte pour dominer la nature, domestiquer la planète, assujettir tout ce qui s’y trouve.

Et quand j’entends les clochettes de nos bonimenteurs « Green, Green, green, la nature d’accord, la nature d’abord », je vois aussi les charniers du passé. Idolâtrer la planète sans l’humaniser ? À chacun son camp, à chacun sa vertu. Ce livre appelle le camp du progrès à combattre ceux qui polluent la pensée au nom de la pollution et préfèrent la défaite de l’humanité à la planète défaite. Il préfère briser les idoles pour entonner : « L’humanité, d’accord, l’humanité d’abord ».

Que représente la figure de l’Homo creator ? N’y-a-t-il pas une proximité avec Nietzsche que vous critiquez pourtant ? 

Homo creator est ce qui définit l’humain et c’est la clef du combat d’aujourd’hui contre la pensée magico-religieuse. Je démontre que l’humanité n’a pu survivre et ne le peut qu’en allant à l’assaut de la nature par sa créativité. L’humanité ne dispose ni de crocs, ni de griffes, ni de fourrure, ni de vitesse ni de force remarquables… ni d’aucun habitat naturel, seule cette énergie créatrice fut la cause de sa survie. En Homo creator, nos ancêtres ont fabriqué des outils en arrachant à la planète les biens nécessaires, en brisant des rocs puis en taillant des pierres, en cassant des arbres pour fabriquer des perches et des poteaux, en tuant des animaux pour utiliser les peaux et les os pour faire les murs ou les sols, les habits et les armes pour chasser, pécher, se défendre. Même dans la cueillette et le charognage humains qui ne ressemblent pas à des activités animales, je démontre la créativité humaine. Ils ont créé des habitats fluctuants et changeants, ici en plein air, là dans des grottes, sur les eaux ou sur terre…ils ont détourné les cours d’eau et migré sur des milliers de kilomètres, tâtonnant, cherchant, échouant souvent… dessinant sur les parois des roches, créant des rituels partout où ils passaient, transformant chaque lieu de vie en l’un des mille plateaux de la créativité humaine.

L’humain ne se distingue pas en effet des autres vivants par l’« intelligence », son côté « sapiens » (qui signifie « intelligent ») comme on l’a cru au XVIIIème siècle, à la suite de Carl von Linné qui a inventé le terme « Homo sapiens » pour désigner la dernière lignée humaine dont nous sommes issus. A tort, lui et ses successeurs pensaient que les animaux étaient comme des machines, avec des sortes de ressorts morphologiques. Ils ne savaient pas que non seulement les animaux possèdent eux aussi de l’intelligence mais qu’ils sont même parfois plus rusés que les humains comme ces lions géants qui traquaient nos ancêtres, utilisant leur cerveau et un flair bien plus puissant que le leur. Mais, jamais les animaux n’ont construit des civilisations, ni même d’outils, au sens propre, comme je le démontre. Jamais, ils ne sont sortis de ce qui leur était donné par la nature, de ce qui était biologiquement déterminé. Comme le disait avec humour le général de Gaulle, « La chasse c’est comme la guerre, sauf qu’à la guerre les lapins ne tirent pas ». Lions, hyènes, crocodiles qui effraient tant les humains du paléolithique et les dernières populations nomades ne tirent pas. Ils ne le peuvent pas, faute de créativité. Ils utilisent seulement les atouts donnés par leur morphologie naturelle dont les effets sont parfois terrifiants.

Cette énergie créatrice n’est pas le propre de quelques humains supérieurs mais, je le démontre, elle est dans tous les humains. Car depuis 7 millions d’années comme aujourd’hui encore au sein des dernières populations nomades, contrairement à ce que dit Friedrich Nietzsche, la créativité ne connaît ni genre, ni âge, ni origine, ni couleurs de peau seulement les visages de ces artistes appelés « humains ». elle est la chose du monde la mieux partagée, quand bien même toute l’histoire de l’humanité a été, et reste, la lutte contre la pensée magico-religieuse pour parvenir à la reconnaissance de son universalité.

Vous évoquez le combat de la vraie écologie contre l’écologie archaïque, quelle serait la véritable écologie ? 

Le temps est venu de révéler que ce qui freina la créativité humaine au paléolithique fut la vision magico-religieuse qui idolâtrait les esprits de la nature jusqu’à justifier non seulement que soit arrêtée la domestication de la planète mais aussi, parfois, que soient organisés anthropophagies et sacrifices humains. C’est cette même vision qui est aujourd’hui transportée symboliquement par les écologistes archaïques de nos Cités qui invoquent um prétendu équilibre de la planète qui n’a jamais existé pour répandre mauvaise conscience, dégoût de soi-même et arrêt de la créativité.

Ils réinventent l’idolâtrie venue du paléolithique. Néanmoins, je note que les nomades avaient plus de bon sens. Dans leur monde animiste, ils n’imaginent pas une déesse « Gaïa-La-Planète » bienfaisante mais des esprits bienveillants et, surtout, malveillants. Dans chaque activité naturelle qui les menace, des inondations aux éruptions volcaniques, des maladies aux attaques animales, à ils croient voir l’action de ces esprits. Face aux menaces de famine ou de changement climatique, ils doivent donc agir pour survivre. Et, pour cela, ils jouent les esprits bons contre les esprits mauvais, en flattant les uns, en exorcisant les autres.

Mais, à cause de leur idolâtrie de la nature, ils culpabilisent, comme les écologistes archaïques voudraient que nous le fassions. Ils s’imaginent responsables des dérèglements incessants de la planète. L’inondation qui noie des villageois, la maladie virale qui tue ? La tribu s’en attribue la faute. Les humains imaginent même que chacune de leur action, pourtant nécessaire à leur survie comme la chasse, la cueillette ou la pèche, est la source d’un déséquilibre dont ils seraient coupables. Tuer, ce serait ôter un esprit de la forêt, celui du léopard par exemple. Arracher une branche du palmier pour construire la hutte ? Voilà encore un esprit blessé, celui du palmier. Et ils imaginent, comme nos adolescents qui manifestent, que leur mauvais comportement est la cause de tous les malheurs. Un pêcheur emporté par le fleuve Amazone ? Voilà la preuve du mauvais comportement de la tribu punie par l’esprit vengeur du fleuve qui est aussi l’esprit du terrible anaconda.

Pris dans la pensée magico-religieuse de l’équilibre dû à la planète, ils imaginent qu’il leur faut donc compenser leur action en rendant aux esprits de la nature l’équivalent de l’esprit pris par la chasse, la pêche, la cueillette, le charognage… Un troc quotidien. Prières, offrandes, danses, chants… et parfois sacrifices humains, puisque l’humain apparaît comme le principal trublion sur terre, son sacrifiece est lui aussi potentiellement « naturel ». Par peur des esprits de la planète, ils font des promesses, via leurs chamanes, celles de ne pas tuer tel esprit animal, de ne pas prendre tel végétal, d’en prendre moins, de rendre un équivalent en esprit de ce qui a été pris.

La décroissance, le refus du consumérisme et du productivisme, le refus de la libération de la créativité humaine ? Ils sont nés là, il y a 7 millions d’années, compagnons de l’animisme. La plus vielle forme de pensée, la plus archaïque, la plus liberticide.

À l’horizon, toujours le sacrifice humain. Symbolique, par le sacrifice du bien-être au nom du bien-être des esprits de la nature et le refus de la croissance au nom de l’équilibre des esprits. Mais ce sacrifice peut être réel aussi, comme le montrent certaines populations nomades, tels les Guayakis, qui vont jusqu’à tuer des fillettes « en trop », qui exigeraient, si elles survivaient, une chasse, une pêche ou une cueillette plus intensives pour les nourrir. Donc plus d’esprits pris à la nature, donc plus de déséquilbre et une vengeance des esprits de la planète en retour.

La nature d’abord, la nature d’accord ? L’écologie magico-religieuse des petits Maîtres de vérité d’aujourd’hui est conforme à la pensée magico-religieuse des chamanes d’hier. C’est toujours l’annonce du sacrifice humain et de la schizophrénie.

Il y a une différence qualitative avec l’écologie véritable. Dégagée du magico-religieux, celle-ci ne se prétend pas issue d’un « contrat » fantaisiste avec la planète idolâtrée qu’une Greta Grunberg, un Arne Næss ou un Michel Serres prétendent avoir trouvé je ne sais où, peut-être dans un abri sous roche connu d’eux seuls. Le seul contrat possible est celui qui lie l’humanité à sa liberté créatrice infinie et à ses droits. Ce qui est conforme au mot « éco-logie ». Car « éco » vient de « oikos » (οἶκος) qui signifie en grec « maison », et de « logos » qui signifie discours rationnel. Or, en grec, la « maison » ne renvoie pas à la « planète » ou à la « nature », n’en déplaise à ceux qui ont eu, avec sept millions d’années d’histoire, sinon avec la langue grecque, le plaisir de ne s’être jamais rencontrés. La « maison », « oikos » est une construction en dur produite par la créativité humaine. Il y a plusieurs millions d’années elle était déjà un artifice humain fait à partir de bois, de pierres, de peaux, d’os… arrachés à la planète. Son objectif ? Protéger l’humanité contre la nature, des changements climatiques aux attaques animales. Au centre de la maison, non pas des mottes de terre ni quelques tarentules, mais l’humain, en particulier la femme car, avec le chamane, et mieux que lui, comme je le démontre, elle a transporté depuis au moins trois millions d’années la spiritualité créatrice des tribus.

La vraie écologie défend la créativité pour l’humanisation de la planète. Elle la défend contre ceux qui, au sein de l’humanité même, détournent la créativité vers son contraire, la destruction par les pollutions et les substances néfastes à la vie, les guerres injustes et les tyrannies, les idolâtries et la démagogie.

Car elle sait que ce n’est pas par l’arrêt de la croissance et de la créativité que l’on parviendra à régler les questions posées à l’humanité mais, comme je l’ai aussi démontré dans Le Bel Avenir de l’Humanité contre Noah Yuval Harari, par toujours plus de croissance, de mondialisation et d’hybridation des savoirs. Nous souffrons de ce camp de l’ignorance qui, tout à sa détestation de l’humanité et des sciences, ne sait pas que sur le chemin ouvert il y a 7 millions d’années par la créativité humaine, l’énergie est inépuisable, que les nanotechnologies peuvent même transformer le CO2 en énergies propres utilisables, que les chemins de la créativité sont infinis. Nous ne souffrons pas de trop de développement mais de sous-développement, ni de trop d’assujettissement de la nature mais de pas assez. La vraie écologie est celle qui pose l’individu et sa nature d’Homo creator au centre, pour créer la seule planète qui vaille, la planète humanisée.

J’espère, qu’après avoir lu ce livre, comprenant que philosopher n’est pas « vivre volontairement sur la glace et les cimes » comme le disait Nietzsche mais gambader dans les mille vallées de la créativité humaine, chacun découvrant une œuvre aussi modeste soit-elle, fut-elle celle d’un bambin sur une feuille, s’écriera, admiratif, en ayant une pensée affectueuse pour l’enfance de l’humanité : « Voici l’Humain ! ». Ou, s’il parle latin, fort peut-être de son traducteur électronique : « Ecce Homo ! ».

Sortie de “L’Homo Creator face à une Planète Impitoyable”

Présentation du livre sur le site de l’éditeur Contemporary Bookstore. Disponible dans toutes les versions numériques, en imprimé noir et blanc et en imprimé luxe-couleur, du nouveau livre du philosophe Yves Roucaute, « L’Homo creator face à une nature impitoyable », sous-titre 7 millions d’années contre l’idolâtrie de la nature

.“Donnant au camp du progrès un livre de chevet, le philosophe s’oppose à l’armada des Ayatollahs de l’écologie qui dépriment la jeunesse et menacent quiconque n’idolâtre pas la « Nature », la « Planète », la « Terre ». Virus, pollution, réchauffement ne sont pas une punition du Ciel ou d’une Gaïa-La-Terre. Il n’y a pas d’harmonie perdue pour cause d’industrialisation, de croissance ou de mondialisation. Et il faut s’enliser dans les marécages de l’histoire pour coasser, à la façon des Greta Thunberg et Nicolas Hulot, « Green, green green, la nature d’accord, la nature d’abord ».

Le philosophe Yves Roucaute rappelle les faits. Ces 7 millions d’années de combats de l’humanité nomade pour survivre aux holocaustes d’une nature impitoyable quand elle ne connaissait ni industrie, ni commerce, ni technologies, ni science. Oui, elle a dû affronter glaciations, 17 lors des seuls 2,6 derniers millions d’années, réchauffements inconnus des idolâtres, éruptions volcaniques, secousses sismiques, tempêtes, cyclones, tornades, tsunamis… Virus et bactéries, coqueluche, tuberculose, lèpre, syphilis… Cancers, maladies génétiques ; handicaps… attaques animales…

Le philosophe, qui est aussi un scientifique, nous raconte ainsi la plus fabuleuse des batailles, celle pour la survie contre la nature commencée par nos ancêtres et engagée pour des siècles et des siècles. Car toute l’histoire de l’humanité a été celle de la lutte pour dominer la nature, domestiquer la planète, assujettir tout ce qui s’y trouve.

Il donne la clef de ce qui a permis à l’humanité de survivre : sa créativité. Car c’est la créativité, et non l’intelligence, qui la distingue de tous les vivants. Ellei ne disposait ni de crocs, ni de griffes, ni de fourrure, ni de vitesse ni de force remarquables… ni d’aucun habitat naturel. Et bien des animaux étaient aussi rusés qu’elle. Mais cette énergie créatrice fut la cause de sa survie, de la fabrication des outils aux armes, des habitats aux rituels même quand ils étaient anthropophages et sacrificiels.  L’humanité est Homo creator.

Et c’est cette créativité à laquelle s’oppose depuis des millions d’années la pensée magico-religieuse, prête à sacrifier les humains aux esprits de la nature. Et c’est à cette créativité que les idolâtres d’aujourd’hui s’opposent comme ceux d’hier.

Par ce livre, le philosophe veut sauver l’humanité de la mauvaise conscience et du dégoût d’elle-même, les femmes en premier car elles ne seront jamais libres tant que règnera l’esprit magico-religieux du culte de la nature.  Il met l’individu et sa créativité libérée au centre, celle qui brise les idoles en chantant l’air de la liberté : « L’humanité, d’accord, l’humanité d’abord ».

Jean de Jalcreste

Yves Roucaute est philosophe, épistémologue, Professeur des universités, PhD et agrégé en science politique, PhD et agrégé de philosophie, conférencier sur les nouvelles technologies. Défenseur des Droits de l’Homme, arrêté à Cuba pour son soutien aux opposants, soutien du Commandant Massoud et seul intellectuel au monde invité à Kaboul pour fêter la victoire contre les Talibans, défenseur des bonzes du Vietnam et des Kurdes.  Auteur de nombreux ouvrages dont « Le Bel Avenir de l’Humanité » (Calmann-Lévy)

Port du masque : irresponsabilité médiatique et gouvernementale

Port du masque: après 5 mois de mensonges et de déni, médias et gouvernement découvrent l’eau chaude et n’ont toujours pas honte du voile d’ignorance qu’ils ont créé.

On doit au gouvernement et aux médias d’avoir fait de la #France l’un des pays au monde les plus meurtris par ce virus venu de la nature, le #Covid19: 7ème place sur 197 Etats dans le monde! Oui, aujourd’hui encore, il y a proportionnellement plus de morts en France qu’aux Etats-Unis et au Brésil malgré le silence des medias et la suffisance du gouvernement qui font un tintamarre sur l’irresponsabilité des gouvernements de ces pays, qui les montrent du doigt, MAIS QUI SE TAISENT sur l’irresponsabilité du nôtre… Connnivence quand tu nous tiens ! Il est plus facile de voir la paille dans l’oeil du voisin que la poutre dans le sien.
Depuis 5 mois, nous sommes nombreux à avoir alerté sur le PRINCIPAL mode de transmission du virus : PAR LES AIRS. et sur la NECESSITE DE PORTER DES MASQUES. TOUS les centres de virologie américains avaient prévenu début mars et diffusé leurs informations scientifiques sur leurs sites et les sites d’information scientifiques. Les gouvernements chinois, coréens, vietnamiens… ont eux-mêmes averti. 
J’ai moi-même, en épistémologue, expliqué pourquoi les « gestes barrière » étaient largement une foutaise. J’ai posté des vidéos sur YouTube, facebook, Twitter pour diffuser les conclusions des travaux des labos et j’ai publié des textes explicatifs sur des sites d’information comme Atlantico et sur mon blog, fin février et début mars… 
Oui, la transmission par la simple parole a été prouvée depuis 5 mois par les travaux publiés par l’Anestasia Patient Safety Foundation des Etats-Unis, depuis le 12 février, par les laboratoires d’Hamilton du Professeur Vincent Munster du Centre de virologie des États-Unis, diffusé massivement début mars, de Princeton, de l’UCLA, d’Harvard… De fin février à début mars, des dizaines de centres ont publié leurs recherches, relayés par les sites populaires de publications et prépublications comme MedRxiv, par les réseaux sociaux et les revues scientifiques chinoises ou américaines. 
En DESINFORMANT la population en lui faisant croire qu’elle pouvait se tenir à un mètre de distance pour échapper au virus, des milliers de Français ont été ENVOYE A LA MORT et des milliers d’autres subissent des conséquences parfois irréversibles sur leur cerveau ou leurs poumons.
Oui, ils n’ont pas alerté. Et, aujourd’hui, ils annoncent que le masque qui n’était pas nécessaire hier, en pleine pandémie, le serait aujourd’hui !
Oui les gestes barrière étaient une ineptie. Car ces gouttelettes qui sortent de nos bouches quand nous parlons, appelées gouttelettes de Flügge », car elles ont été découvertes en 1990 par Karl Flügge, restent non pas quelques secondes dans l’air mais jusqu’à 3 heures. Oui, jusqu’à 3 heures ! Et se tenir à un mètre de distance ne change rien à l’affaire, ni le parapheur gouvernemental attendu par les censeurs.

La France souffre non pas de trop de libertés comme feignent de le croire les bureaucrates et les étatistes de toute obédience qui tentent de culpabiliser la population mais de pas assez. De pas assez de contre-pouvoirs, de pas assez de médias indépendants, de pas assez de réseaux sociaux, de pas assez d’associations, de pas assez de blogs. Elle souffre d’un manque de démocratie et de savoir. Et ces manques tuent.

“LÂCHES, CYNIQUES ET/OU AVEUGLES ». Cet esprit de Munich qui affaiblit la démocratie face à une illusion d’efficacité écologique”

Entretien Atlantico. 5 juillet 2020. Pour lire sur le site : ici

Atlantico.fr : Les nouveaux maires EELV élus dans les grandes villes comme à Bordeaux et à Lyon ont déjà eu des prises de positions plutôt radicales au nom de la planète (vers une interdiction de la voiture à Bordeaux, suspension du projet de LGV entre Lyon et Turin) dans une indifférence quasi générale. Comment expliquer l’absence de réaction ?   

Yves Roucaute : Votre question appelle une réponse un peu longue, je le crains. Je n’ai pas écrit « L’homo creator face à une planète impitoyable », c’est-à-dire l’humanité face à une planète impitoyable, sous-titré « 7 millions d’années contre l’idolâtrie de la nature », sans raisons majeures. La défaite du camp du progrès face aux écologistes archaïques était prévisible et ce qui suit tout autant. Le refus de la voiture individuelle ou des lignes de chemin de fer qui permettraient pourtant de limiter la pollution ne sont que des épiphénomènes. Avec leur idolâtrie de la planète, leur volonté d’en finir avec l’individualisme prétendument « bourgeois » et leur refus de la croissance, nous avons affaire à une idéologie obscurantiste sans précédent qui séduit, faute d’opposants éclairés. 

Car, à l’exception de quelques-uns, le personnel politique républicain est dépourvu de charpente culturelle pour répondre aux ennemis du progrès. Comme la plupart des journalistes, il ne lit même plus. Et il n’est plus même capable de voir les signaux d’alerte pourtant clairement perceptibles dans une jeunesse déprimée par les écologistes, condamnée à la mauvaise conscience et « dégouttée » de l’avenir pour reprendre un mot du nouveau maire de Bordeaux qui s’en réjouit. 

La première réaction du nouveau maire de Lyon après les élections nous montre pourtant la signification de cette prétendue « rupture écologiste ». C’est une rupture avec le progrès et un terrible recul en arrière dans l’histoire de l’humanité. Il a proclamé en anglais « Make the Planet great again ». En anglais évidemment, car il doit penser que cela fait plus sérieux pour vendre des fantasmes. Ce qui peut se traduire par « faire la planète merveilleuse ou grande à nouveau ».

Pour ces prétendus écologistes emportés par une pensée magico-religieuse vieille de plusieurs centaines de milliers d’années, la planète est un être. Elle doit être protégée contre les méfaits de l’humanité qui la menace par ses interventions. Tout ce qui advient contre l’humanité, des intempéries aux changements climatiques serait de la faute des humains. On a même vu les nouveaux chamanes à petits pieds, les Nicolas Hulot et Yannick Jadot, prétendre que le covid-19 serait une vengeance d’une prétendue déesse Gaïa-La-Terre. A les en croire, virus, bactéries, cancers n’attaqueraient pas les humains si l’humanité n’attaquait pas eux-mêmes le prétendu écosystème. L’humanité serait responsable de ses malheurs. La planète la punirait. Les esprits de la forêt amazonienne se vengeraient (rire). Il faudrait pour retrouver l’harmonie perdue, une rupture écologique.

Le caractère païen invraisemblablement niais de ce que l’on ose appeler une pensée ne trouve pourtant pas de réponse. Face à cette défaite de la pensée, au lieu d’une bataille idéologique, on trouve une pensée défaite.  Le Président Macron lui-même n’a rien trouvé à redire. Plus encore, il admet lui aussi que l’humanité serait coupable de crime contre la planète, d’ « écocide ». Et il remercie de cet éclairage ces gens plein de bonne volonté, manipulés par des idéologues comme à la belle époque du stalinisme, qui ont pondu au nom d’une « convention citoyenne » abracadabrantesque, un rapport grotesque. Si j’en juge par la première sortie du nouveau Premier ministre qui reprend à son compte ce simulacre, je crains que celui-ci ne soit pas plus capable de résister aux appels des esprits de la forêt. (rires). Le pays des Lumières est-il devenu le pays des « gobe-mouches », comme disait l’auteur comique grec Aristophane qui se moquait, à Athènes, de ses compatriotes prêts à gober les propositions les plus ridicules des démagogues ?

De mon côté, je ne m’y résous pas. Les faits sont sans appel. Je le prouve dans mon livre : retrouver l‘harmonie perdue ? Il n’y en a jamais eu. Il n’y a jamais eu de prétendu « écocide » mais des holocaustes humains produits par la planète. Les humains apparaissent il y a 7 millions d’années environ. 4 millions d’années plus tard, ils ne sont que 100 000 survivants. Puis, de cette période d’il y a 3,2 millions d’années au début du néolithique, il y a 12 000 ans, il reste seulement 500 000 survivants. En 7 millions d’années 500 000 survivants seulement ! Les autres ? Tués par la fumeuse Gaïa-La-Planète-bienheureuse. Il ne reste rien des individus du type Shelanthropus apparu au Tchad, auquel appartenait Tournaï, le plus ancien de nos ancêtres connus, il y a 7 millions d’années. Rien des Orrorin Tugensensis du Kenya, d’il y a 5,9 millions d’années. Rien des Ardipithecus ramidus du Kenya et d’Éthiopie, d’il y a 5,8 millions d’années. Rien des Kenyanthropus tchadensis, ces « hommes à face plate » du Sahel tchadien, disparus il y a 3,5 millions d’années. Rien des Australopithèques, d’il y a 4,2 millions d’années. Rien des trois espèces de Paranthropes.  Et le genre Homo ? Il en existait 23 espèces, une seule a survécu, la nôtre. La gentille nature a détruit toutes les autres.

Et comment a survécu la nôtre ? En attaquant cette planète disharmonieuse mieux que les autres, en dominant, domestiquant, assujettissant, en créant des outils, des armes, des habitats. Un combat quasi biblique (rires) car dominer la planète et non la vénérer n’est-ce pas ce qu’aurait dit Dieu aux humains dans la Bible que vénèrent juifs, chrétiens et musulmans ? N’est-ce pas ce que disaient les Marx et les Jaurès dont les héritiers sont passés d’une ode à la créativité humaine à la génuflexion devant les mottes de terre ? Un combat que je raconte dans mon livre. Une Odyssée terrible pour enfin trouver une terre moins inhospitalière.

Il en fallait de la volonté de piller et transformer la nature pour survivre face aux tremblements de terre, aux éruptions volcaniques, aux tsunamis. Ainsi, de quoi a péri le célèbre Selam, mort il y a 3,3 millions d’année, un bébé de trois ans ? D’une inondation. Gaïa la planète trouvait sans doute avec Nicolas Hulot qu’il polluait l’atmosphère. Le pire ? Les glaciations. 17 en 2,3 millions d’années. Imaginez ce que pouvait être la vie humaine quand les glaces arrivaient. Quand Gaïa-la-Merveilleuse gelait le sol et détruisait des tribus humaines entières qui crevaient de froid et de faim. Les réchauffements étaient aussi nombreux, car les forces qui jouent sur le climat de la planète sont titanesques et ce n’est pas un aérosol qui empêche les explosions nucléaires du soleil, les changements de l’angle de l’orbite et de l’axe de rotation terrestre, les bouleversements de l’atmosphère elle-même qui n’a jamais réussi en 4,5 milliards d’années à équilibrer les effets de serre du dioxyde de carbone et du méthane, au point où le premier réchauffement monstrueux climatique eut lieu dès la naissance de la terre et où il y eut au moins trois épisodes de terre entièrement gelés.

Ces écologistes archaïques mentent et affabulent pour obtenir du pouvoir. Ainsi, ils croient que la disparition des éléments mous du corps, foi, intestins, cœur, cerveau, durant le paléolithique pouvaient permettre de faire croire aux gogos qu’avant la transformation de la planète, les maladies ne touchaient pas les humains. Ah, le bon vieux temps où l’on se régalait auprès des virus et des bactéries sympa.  Leur principe ?  « Pas vu, pas pris ».

Les faits. Les cancers existent depuis au moins 1,95 million d’années, comme le montrent le site de Malapa, en Afrique du sud ou celui de Swartkrans, daté de 1,7 million d’années, avec des cancers des os. Le nombre de cancers prouvés au paléolithique supérieur est important, le site de Lazaret montre même l’existence d’un cancer du cerveau.

Les virus et bactéries n’ont pas attendu l’industrialisation. Sur le site de Kocabas, un crane daté de 510 000 ans montre un individu atteint par la tuberculose. Or, la tuberculose, est une bactérie naturelle, Mycobacterium tuberculosis. Il existait des infections mycobactériennes non tuberculeuses, et le bacille de la lèpre, vieux de 20 millions d’années, a touché les humains dés le paléolithique moyen en Afrique de l’Est, et sans doute bien avant. L’ensemble des maladies produites par les tréponèmes, comme la syphilis ou la pinta, sont apparues il y a 1,5 millions d’années. La coqueluche (bacille Bordetella pertussis) ?  Il y a 2 millions d’années. Les humains sont infectés « naturellement » par leurs contacts avec les animaux porteurs, tel le virus T-lymphotropique qui peut causer la leucémie, présent dès le paléolithique en Afrique de l’Est.

Aurais-je la cruauté de rappeler que plus près de nous, la typhoïde, les cancers du foie, de la rate, de la prostate, la malaria, les maladies cardiovasculaires sévissaient en Égypte antique il y a 3500 ans, comme le prouvent les momies ? Ou bien pour ne pas fâcher nos cancres, devrais-je oublier les épidémies, comme la fameuse « peste antonine », en vérité une variole, avec 10 millions de morts sur 64 millions dans l’empire romain entre 165 et 190 après J.-C. ? Une vengeance de Gaïa qui aurait trouvé insupportable les deux roues tirées par des mulets pollueurs ?

Alors pourquoi l’absence de réaction ? L’ignorance appuyée sur la démagogie. Ce qui conduit à l’incapacité de concevoir une vraie écologie, celle qui est fondée sur la défense de l’ « oikos », qui veut dire non pas « planète «  comme le croient ces écologistes qui sont aussi fâchés avec le grec, mais « maison ». Et chez les grecs la maison n’a jamais été un produit naturel mais une construction artificielle fabriquée à partir de matériaux arrachés à la nature, des bois, des peaux d’animaux, des os… pour se préserver de la nature, des intempéries aux animaux sauvages.

La vraie écologie est celle du progrès qui libère la créativité humaine pour qu’elle produise des artifices qui lui permettent de survivre et de mieux vivre.

2. Quels sont les dangers cette absence de réaction laisse-t-elle craindre pour notre démocratie, voire pour le pays ?

Yves Roucaute : Le défi est gigantesque et l’aveuglement des politiques préoccupant. Si on continue à laisser les écologistes archaïques imposer leur vision du monde, alors, faute de croissance pour financer les nouvelles technologies, la France est condamnée non seulement à ne pas trouver de solutions aux problèmes environnementaux et sociaux mais aussi à devenir une province arriérée des États-Unis, de la Chine, du Japon et de tous ces pays qui avancent dans le sens du progrès et qui, eux, se préparent à mettre en œuvre des solutions appropriées.

La dynamique de l’écologie positive c’est croissance, d’où financement des innovations, d’où solutions aux problèmes, d’où croissance qui permet plus d’innovations, d’où de nouvelles solutions… Une dynamique créatrice qui conduit, grâce aux brevets, à des emplois, grâce aux innovations, à un meilleur bien être général pour tous, une amélioration du corps humain avec la traque des maladies, y compris des 600 maladies génétiques offertes par Dame nature, et à des solutions environnementales durables. Avec, la cerise sur ce gâteau, une plus grande influence de la France.

La dynamique de l’écologie punitive c’est la décroissance, donc moins de moyens pour les technologies, donc moins d’emplois, donc moins de bien-être, donc plus de dépendance envers les pays innovants. Donc aussi plus de cerveaux français qui vont partir dans les pays où l’idolâtrie est limitée à quelques politiques et universitaires en mal de reconnaissance.

Un exemple : le fameux CO2. La solution des archaïques est de s’attaquer à la liberté individuelle de circuler en voiture, d’imposer le voiturage et le transport collectifs, de formater nos vies pour traquer et punir ceux qui dérogent à leurs milliers de règlements « écologistes ».

La solution de l’écologie que je défends, est de financer les nouvelles technologies, par exemple les nanotechnologies qui ont déjà permis d’inventer des solutions d’avenir. Et, au lieu d’attaquer la liberté et de tenter de vivre sur la mauvaise conscience produite, de financer la liberté de recherche.

Ainsi a-t-on découvert la feuille artificielle qui piège le cO2 à l’institut de nanotechnologie de Waterloo et à l’université d’Etat de Californie. Cette feuille artificielle imite les vraies feuilles avec ses particules d’oxyde de cuivre construites pour rejetter de l’oxygène et du méthanol. Mieux encorel’UFC de Floride a réussi à transformer le gaz à effet de serre en air pur et énergie en couvrant la paroi d’un piège à CO2 de LED imitant la longueur d’onde bleue du soleil, agissant comme un photo réacteur. Ils brisent la molécule de dioxyde de carbone. On a réussi à transformer le cO2 en éthanol par procédé catalytique avec des nanoparticules de cuivre dans des nano aiguilles de graphènes… et j‘en passe sur ces découvertes financées apr toujours plus de croissance, de la NASA qui fabrique du carburant à partir du CO2, de la lumière d soleil et d’oxyde métallique jusqu’à l’Institut Max Planck qui utilise des enzymes pour une nouvelle voie de fixation du carbone…Et j’en passe aussi sur les découvertes au MIT, avec une jonction des biotechnologies et des nanotechnologies, pour stimuler l’absorption d’énergie lumineuse des plantes grâce aux nanotubes en carbone. En France même nos créatifs, malheureusement contraints souvent de partir aux Usa faute de financements, ne sont pas de reste comme ceux de Jussieu du laboratoire moléculaire qui mériterait un soutien massif. 

Mais aller faire boire un âne qui n’a pas soif…Contre les vendeurs d’apocalypse, j’ai écrit l’an dernier Le Bel Avenir de l’Humanité pour éclairer sur les avancées prodigieuses des technologies, les biotechnologies, les nanotechnologies, de l’intelligence artificielle. Calmann-lévy a relancé pour moi la collection célèbre de Raymond Aron, la liberté de l’esprit, et à publier ce livre avec un ouvrage d’Hannah Arendt et un de Raymond Aron. J’y démontre pourquoi le progrès est la clef du développement social, de la justice sociale, de la libération des femmes. Mais rien n’a changé dans la politique gouvernementale. Sans doute aussi parce que j’ai démontré que l’étatisme n’avait pas d’avenir… 

Nous sommes trop souvent gouvernés par des borgnes dans une classe d’aveugles.

Doit-on s’attendre à de nouvelles mesures liberticides de la part des maires EELV ?

Yves Roucaute : Bien entendu. Leur idolâtrie les conduit logiquement à des mesures coercitives car ils développent une vision schizophrène du monde, retrouvant celle que je décris dans mon dernier livre s’agissant des populations du paléolithique et des dernières tribus nomades. 

Ils prétendent qu’en arrêtant la croissance et la domination de la nature, nous vivrons en harmonie avec la planète. Mais, évidemment, l’histoire des 7 millions d’années de vie de l’humanité comme celle des dernières populations nomades que j’ai étudiées démontrent que cela ne se peut pas. Quand bien même nous arrêterions par folie la recherche de la croissance, il y aura encore des tsunamis, des tremblements de terre, des tornades, des  petites et grandes glaciations, des réchauffements, des animaux féroces, des virus, des bactéries. Donc, il va falloir idolâtrer une planète qui va continuer à produire ses effets létaux. Et, à chaque fois que des malheurs vont arriver, il faudra se culpabiliser de ce qui arrive et punir les humains pour ce qui leur arrive.

Ainsi, le but de ces écologistes magico-religieux est, comme l’était celui des chamanes, d’imposer que l’on aime ce qui nous frappe, de nous contraindre à briser le miroir de nos œuvres en les maudissant, et, à l’horizon, de mettre en œuvre des sacrifices humains. Et comme nous sommes contraints, ne serait-ce que pour survivre, de développer les sciences et les techniques, ils sont conduits à toujours plus de punition, toujours plus de sacrifices. D’où, derrière leur apparente bonhomie, quasi stalinienne, leur haine féroce des riches, des bourgeois, des intellectuels, des scientifiques, des technologies, du progrès… 

Contre cette schizophrénie, le camp du progrès doit célébrer et favoriser la puissance créatrice des individus dans leurs œuvres, développer la fraternité par la diffusion universelle des bienfaits des innovations, et, au lieu de coasser « Green, green green, la planète d’abord, la planète d’accord », chanter l’air de la liberté qui est celle de la véritable écologie : « l’humanité d’abord, l’humanité d’accord ». 

Entretien sur “L’Homo creator face à une Planète Impitoyable”

Entretien paru en Une d’Atlantico. Le 7 juin 2020.

L’HARMONIE PERDUE AVEC LA NATURE, CETTE PENSÉE ARCHAÏCO-MAGIQUE

Yves Roucaute : “Les écologistes ont oublié 7 millions d’années de combats acharnés de l’humanité pour survivre face à une nature impitoyable

Atlantico : Votre dernier livre, L’Homo creator face à une nature impitoyable, dont le sous-titre est « 7 millions d’années contre l’idolâtrie de la nature » se présente comme le livre de chevet du camp du progrès face à Greta Thunberg, Nicolas Hulot et à tous les écologistes qui idolâtrent la planète. Vous les accusez de déprimer l’humanité, en particulier la jeunesse et de pourchasser quiconque ne croit pas en une Gaïa-la-Terre bienveillante. Par cette histoire de 7 millions d’années et par vos enquêtes auprès des dernières populations nomades, vous montrez que l’humanité ne peut survivre dans la nature sans l’affronter. Vous affirmez le droit voire le devoir, de coloniser la planète, de la dominer et d’assujettir tout ce qui s’y trouve. Ne craignez-vous pas d’être très isolé alors que la mode est plutôt à célébrer les bienfaits de la nature et que les écologistes semblent avoir un poids de plus en plus important au niveau électoral ?

Yves Roucaute : Franchement, un virus venu de la prétendue sainte nature vient de tuer près de 400 000 personnes et en a meurtri plus d’un million, et il faudrait que je coasse avec Greta Thunberg « green, green la nature d’accord, la nature d’abord » ? Quand j’entends un écologiste aux ambitions présidentielles prétendre que le Covid-19 est une vengeance de Gaïa-la-Terre, devrais-je acquiescer ? Et faut-il, que je manifeste pour « sauver la planète » avec une jeunesse aliénée par une armada de démagogues qui vend de l’apocalypse en guise de barbe à papa ? J’ai préféré donner une arme fatale (rires) au camp du progrès face aux Ayatollahs de l’écologie qui vivent des angoisses de l’humanité.

Par ce livre, je veux exposer les faits, briser les idoles et libérer l’humanité, les femmes en premier car elles ne seront jamais libres tant que règnera l’esprit magico-religieux du culte de la nature. 

Il n’y a pas d’harmonie perdue avec la nature pour cause d’industrialisation, de croissance ou de mondialisation. Je raconte les 7 millions d’années de combats de l’humanité pour survivre face à une nature impitoyable quand elle ne connaissait ni industrie, ni commerce, ni technologies, ni science. Le combat fut si violent et si inégal qu’au paléolithique, il y a 3,3 millions d’années, il ne reste déjà plus rien de la lignée humaine, née 4 millions d’années auparavant, hormis une poignée de survivants. 100 000 seulement en 4 millions d’années. Les autres ? La sainte Planète qui ne pouvait être assujettie, les avait détruits. Puis, arrivent encore et encore des holocaustes. Les australopithèques ? Balayés par la planète. Auprès d’eux, des espèces humaines du genre Paranthropes et Homo. Des Paranthropes ? Les trois espèces sont détruites à leur tour. Et sur 22 espèces du genre Homo, une seule survit. La fameuse Gaïa-la-Terre bienveillante a éliminé les 21 autres de son menu du jour. Ils ont survécu mais à quel prix ! 500 000 humains seulement sont parvenus au néolithique, il y a 12 000 ans Un gain de 400 000 individus seulement en 3,3 millions d’années, de moins de 500 000 en 7 millions d’années ! Et l’espèce est si meurtrie que seuls 12% peuvent espérer, et dans quel état !, dépasser les 40 ans.

Nos marchands d’apocalypse vendent un équilibre naturel de la planète mais où cela ? Durant 7 millions d‘années, elle a offert sa bénédiction non à la vie humaine mais à sa destruction via des glaciations en nombre, 17 lors des seuls 2,6 derniers millions d’années, des réchauffements climatiques terribles que nos idolâtres ignorent puisqu’ils ne permettent pas de culpabiliser l’humanité, des éruptions volcaniques, des secousses sismiques, des tempêtes, des cyclones, des tornades, des tsunamis… Étaient-ce des punitions de Gaïa la terre contre l’industrialisation qui n’existait pas ? Faut-il comme Nicolas Hulot appeler punitions les virus et les bactéries létales, car coqueluche, tuberculose, lèpre, syphilis… n’ont pas attendu l’industrialisation pour décimer l’humanité depuis sa naissance ? Mais punitions de quoi ? De même, cancers, maladies génétiques, handicaps… attestés depuis le paléolithique seraient-ils dus à l’industrie nucléaire ou au manque d’éoliennes et non à la vie selon la nature insuffisamment dominée ? Et que dire des attaques animales dont quelques benêts pensent qu’elles sont dues aux humains qui ne respecteraient pas la vie animale ? Croyez-vous que le léopard d’Amazonie aujourd’hui ou le tigre aux dents de sabre de 3,90 mètres de long d’hier vont ronronner auprès des nomades Guyaki d’Amazonie ou des australopithèques qui se montreraient courtois ? Qu’ils aillent donc en parler aux chevaux et aux bisons ! Et qu’ils regardent les coups de crocs sur les os de nos frères en humanité tués comme du gibier il y a plus d’un million d’années.

Le mode de vie dans une nature laissée à ses règles ? C’est le régime paléolithique, le vrai, le seul, celui de la destruction des humains. L’équilibre dans la nature ? Un conte à dormir debout pour enfants attardés. Les animaux eux-mêmes en riraient s’ils le pouvaient : les espèces animales ont disparu à 90% depuis 7 millions d’années, à 99,9% depuis 20 millions d’années. Coupables les humains qui n’existaient pas même encore ? Il est d’ailleurs toujours amusant de voir les idolâtres s’extasier devant des animaux qui démontrent une cruauté incessante et tenter de culpabiliser des humains qui sont en passe, par les biotechnologies, d’abolir la souffrance animale.

Oui, toute l’histoire de l’humanité a été celle de la lutte pour dominer la nature, domestiquer la planète, assujettir tout ce qui s’y trouve.

Et quand j’entends les clochettes de nos bonimenteurs « Green, Green, green, la nature d’accord, la nature d’abord », je vois aussi les charniers du passé. Idolâtrer la planète sans l’humaniser ? À chacun son camp, à chacun sa vertu. Ce livre appelle le camp du progrès à combattre ceux qui polluent la pensée au nom de la pollution et préfèrent la défaite de l’humanité à la planète défaite. Il préfère briser les idoles pour entonner : « L’humanité, d’accord, l’humanité d’abord ».

Que représente la figure de l’Homo creator ? N’y-a-t-il pas une proximité avec Nietzsche que vous critiquez pourtant ? 

Homo creator est ce qui définit l’humain et c’est la clef du combat d’aujourd’hui contre la pensée magico-religieuse. Je démontre que l’humanité n’a pu survivre et ne le peut qu’en allant à l’assaut de la nature par sa créativité. L’humanité ne dispose ni de crocs, ni de griffes, ni de fourrure, ni de vitesse ni de force remarquables… ni d’aucun habitat naturel, seule cette énergie créatrice fut la cause de sa survie. En Homo creator, nos ancêtres ont fabriqué des outils en arrachant à la planète les biens nécessaires, en brisant des rocs puis en taillant des pierres, en cassant des arbres pour fabriquer des perches et des poteaux, en tuant des animaux pour utiliser les peaux et les os pour faire les murs ou les sols, les habits et les armes pour chasser, pécher, se défendre. Même dans la cueillette et le charognage humains qui ne ressemblent pas à des activités animales, je démontre la créativité humaine. Ils ont créé des habitats fluctuants et changeants, ici en plein air, là dans des grottes, sur les eaux ou sur terre…ils ont détourné les cours d’eau et migré sur des milliers de kilomètres, tâtonnant, cherchant, échouant souvent… dessinant sur les parois des roches, créant des rituels partout où ils passaient, transformant chaque lieu de vie en l’un des mille plateaux de la créativité humaine.

L’humain ne se distingue pas en effet des autres vivants par l’« intelligence », son côté « sapiens » (qui signifie « intelligent ») comme on l’a cru au XVIIIème siècle, à la suite de Carl von Linné qui a inventé le terme « Homo sapiens » pour désigner la dernière lignée humaine dont nous sommes issus. A tort, lui et ses successeurs pensaient que les animaux étaient comme des machines, avec des sortes de ressorts morphologiques. Ils ne savaient pas que non seulement les animaux possèdent eux aussi de l’intelligence mais qu’ils sont même parfois plus rusés que les humains comme ces lions géants qui traquaient nos ancêtres, utilisant leur cerveau et un flair bien plus puissant que le leur. Mais, jamais les animaux n’ont construit des civilisations, ni même d’outils, au sens propre, comme je le démontre. Jamais, ils ne sont sortis de ce qui leur était donné par la nature, de ce qui était biologiquement déterminé. Comme le disait avec humour le général de Gaulle, « La chasse c’est comme la guerre, sauf qu’à la guerre les lapins ne tirent pas ». Lions, hyènes, crocodiles qui effraient tant les humains du paléolithique et les dernières populations nomades ne tirent pas. Ils ne le peuvent pas, faute de créativité. Ils utilisent seulement les atouts donnés par leur morphologie naturelle dont les effets sont parfois terrifiants.

Cette énergie créatrice n’est pas le propre de quelques humains supérieurs mais, je le démontre, elle est dans tous les humains. Car depuis 7 millions d’années comme aujourd’hui encore au sein des dernières populations nomades, contrairement à ce que dit Friedrich Nietzsche, la créativité ne connaît ni genre, ni âge, ni origine, ni couleurs de peau seulement les visages de ces artistes appelés « humains ». Elle est la chose du monde la mieux partagée, quand bien même toute l’histoire de l’humanité a été, et reste, la lutte contre la pensée magico-religieuse pour parvenir à la reconnaissance de son universalité.

Vous évoquez le combat de la vraie écologie contre l’écologie archaïque, quelle serait la véritable écologie ? 

Le temps est venu de révéler que ce qui freina la créativité humaine au paléolithique fut la vision magico-religieuse qui idolâtrait les esprits de la nature jusqu’à justifier non seulement que soit arrêtée la domestication de la planète mais aussi, parfois, que soient organisés anthropophagies et sacrifices humains. C’est cette même vision qui est aujourd’hui transportée symboliquement par les écologistes archaïques de nos Cités qui invoquent um prétendu équilibre de la planète qui n’a jamais existé pour répandre mauvaise conscience, dégoût de soi-même et arrêt de la créativité.

Ils réinventent l’idolâtrie venue du paléolithique. Néanmoins, je note que les nomades avaient plus de bon sens. Dans leur monde animiste, ils n’imaginent pas une déesse « Gaïa-La-Planète » bienfaisante mais des esprits bienveillants et, surtout, malveillants. Dans chaque activité naturelle qui les menace, des inondations aux éruptions volcaniques, des maladies aux attaques animales, ils croient voir l’action de ces esprits. Face aux menaces de famine ou de changement climatique, ils doivent donc agir pour survivre. Et, pour cela, ils jouent les esprits bons contre les esprits mauvais, en flattant les uns, en exorcisant les autres.

Mais, à cause de leur idolâtrie de la nature, ils culpabilisent, comme les écologistes archaïques voudraient que nous le fassions. Ils s’imaginent responsables des dérèglements incessants de la planète. L’inondation qui noie des villageois, la maladie virale qui tue ? La tribu s’en attribue la faute. Les humains imaginent même que chacune de leur action, pourtant nécessaire à leur survie comme la chasse, la cueillette ou la pèche, est la source d’un déséquilibre dont ils seraient coupables. Tuer, ce serait ôter un esprit de la forêt, celui du léopard par exemple. Arracher une branche du palmier pour construire la hutte ? Voilà encore un esprit blessé, celui du palmier. Et ils imaginent, comme nos adolescents qui manifestent, que leur mauvais comportement est la cause de tous les malheurs. Un pêcheur emporté par le fleuve Amazone ? Voilà la preuve du mauvais comportement de la tribu punie par l’esprit vengeur du fleuve qui est aussi l’esprit du terrible anaconda.

Pris dans la pensée magico-religieuse de l’équilibre dû à la planète, ils imaginent qu’il leur faut donc compenser leur action en rendant aux esprits de la nature l’équivalent de l’esprit pris par la chasse, la pêche, la cueillette, le charognage… Un troc quotidien. Prières, offrandes, danses, chants… et parfois sacrifices humains, puisque l’humain apparaît comme le principal trublion sur terre, son sacrifice est lui aussi potentiellement « naturel ». Par peur des esprits de la planète, ils font des promesses, via leurs chamanes, celles de ne pas tuer tel esprit animal, de ne pas prendre tel végétal, d’en prendre moins, de rendre un équivalent en esprit de ce qui a été pris.

La décroissance, le refus du consumérisme et du productivisme, le refus de la libération de la créativité humaine ? Ils sont nés là, il y a 7 millions d’années, compagnons de l’animisme. La plus vielle forme de pensée, la plus archaïque, la plus liberticide.

À l’horizon, toujours le sacrifice humain. Symbolique, par le sacrifice du bien-être au nom du bien-être des esprits de la nature et le refus de la croissance au nom de l’équilibre des esprits. Mais ce sacrifice peut être réel aussi, comme le montrent certaines populations nomades, tels les Guayakis, qui vont jusqu’à tuer des fillettes « en trop », qui exigeraient, si elles survivaient, une chasse, une pêche ou une cueillette plus intensives pour les nourrir. Donc plus d’esprits pris à la nature, donc plus de déséquilbre et une vengeance des esprits de la planète en retour.

La nature d’abord, la nature d’accord ? L’écologie magico-religieuse des petits Maîtres de vérité d’aujourd’hui est conforme à la pensée magico-religieuse des chamanes d’hier. C’est toujours l’annonce du sacrifice humain et de la schizophrénie.

Il y a une différence qualitative avec l’écologie véritable. Dégagée du magico-religieux, celle-ci ne se prétend pas issue d’un « contrat » fantaisiste avec la planète idolâtrée qu’une Greta Grunberg, un Arne Næss ou un Michel Serres prétendent avoir trouvé je ne sais où, peut-être dans un abri sous roche connu d’eux seuls. Le seul contrat possible est celui qui lie l’humanité à sa liberté créatrice infinie et à ses droits. Ce qui est conforme au mot « éco-logie ». Car « éco » vient de « oikos » (οἶκος) qui signifie en grec « maison », et de « logos » qui signifie discours rationnel. Or, en grec, la « maison » ne renvoie pas à la « planète » ou à la « nature », n’en déplaise à ceux qui ont eu, avec sept millions d’années d’histoire, sinon avec la langue grecque, le plaisir de ne s’être jamais rencontrés. La « maison », « oikos » est une construction en dur produite par la créativité humaine. Il y a plusieurs millions d’années elle était déjà un artifice humain fait à partir de bois, de pierres, de peaux, d’os… arrachés à la planète. Son objectif ? Protéger l’humanité contre la nature, des changements climatiques aux attaques animales. Au centre de la maison, non pas des mottes de terre ni quelques tarentules, mais l’humain, en particulier la femme car, avec le chamane, et mieux que lui, comme je le démontre, elle a transporté depuis au moins trois millions d’années la spiritualité créatrice des tribus.

La vraie écologie défend la créativité pour l’humanisation de la planète. Elle la défend contre ceux qui, au sein de l’humanité même, détournent la créativité vers son contraire, la destruction par les pollutions et les substances néfastes à la vie, les guerres injustes et les tyrannies, les idolâtries et la démagogie.

Car elle sait que ce n’est pas par l’arrêt de la croissance et de la créativité que l’on parviendra à régler les questions posées à l’humanité mais, comme je l’ai aussi démontré dans Le Bel Avenir de l’Humanité contre Noah Yuval Harari, par toujours plus de croissance, de mondialisation et d’hybridation des savoirs. Nous souffrons de ce camp de l’ignorance qui, tout à sa détestation de l’humanité et des sciences, ne sait pas que sur le chemin ouvert il y a 7 millions d’années par la créativité humaine, l’énergie est inépuisable, que les nanotechnologies peuvent même transformer le CO2 en énergies propres utilisables, que les chemins de la créativité sont infinis. Nous ne souffrons pas de trop de développement mais de sous-développement, ni de trop d’assujettissement de la nature mais de pas assez. La vraie écologie est celle qui pose l’individu et sa nature d’Homo creator au centre, pour créer la seule planète qui vaille, la planète humanisée.

J’espère, qu’après avoir lu ce livre, comprenant que philosopher n’est pas « vivre volontairement sur la glace et les cimes » comme le disait Nietzsche mais gambader dans les mille vallées de la créativité humaine, chacun découvrant une œuvre aussi modeste soit-elle, fut-elle celle d’un bambin sur une feuille, s’écriera, admiratif, en ayant une pensée affectueuse pour l’enfance de l’humanité : « Voici l’Humain ! ». Ou, s’il parle latin, fort peut-être de son traducteur électronique : « Ecce Homo ! ».

L’Homo creator face à une Planète Impitoyable. Sous titre, “7 millions d’années contre l’idolâtre de la nature” 

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Traitement médiatique du Covid-19

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Atlantico.fr : Alors que certains medias semblent découvrir seulement aujourd’hui que le virus Covid-19 pouvait se transmettre par la parole, vous avez alerté, dès la fin février et dans Altantico même en mars, sur ce mode de propagation. En quoi les paroles médiatiques, politiques et scientifiques n’ont pas été à la hauteur de leurs attributions depuis le début de la pandémie ?

Yves Roucaute : Oui, il est scandaleux que certains médias français osent présenter depuis quelques jours comme un prétendu scoop la découverte d’une « possible » transmission du covid-19 par la parole, via ces gouttelettes qui sortent de la bouche quand vous parlez, même normalement. Car cette prétendue découverte est connue depuis 3 mois par la communauté scientifique, la vraie, celle qui travaille sur le covid-19 dans les labos et qui combat dans les hôpitaux ! Celle qui diffuse ses informations sur tous les sites sérieux de santé accessibles pour tous des Etats-Unis à Beijing. L’opinion publique aurait dû être alertée par les médias il y a longtemps déjà, au lieu d’attendre la confirmation du parapheur gouvernemental.

Et le scandale continue ! J’ajoute, pour la énième fois, que cette transmission par les airs n’est pas seulement « possible » mais qu’elle est certaine. Et je souhaite savoir à quel moment ces mêmes journalistes, qui se sont tus hier, vont dire enfin toute la vérité : car ces gouttelettes qui s’appellent « gouttelettes de Flügge », découvertes en 1990 par Karl Flügge, restent non pas quelques secondes dans l’air comme le prétendent les ânes, mais jusqu’à 3 heures. Oui, jusqu’à 3 heures ! A quel moment aussi révèleront-ils ce scandale d’une administration qui a interdit le mois dernier à un laboratoire vétérinaire qui le proposait, de fournir aux français 100 000 masques par semaine sous prétexte que « vétérinaire » n’était pas « médical » ?

Craignent-ils donc d’en tirer les conséquences ? Car cela signifie clairement que le coronavirus s’est transmis lors des élections municipales. Qu’entrer dans un isoloir, dépouiller des bulletins, tenir un bureau de vote a été une source de la mortalité énorme qui sévit en France. Craignent-ils donc d’avoir à demander pourquoi les morts du coronavirus ont atteint un record de + 59,6%, 14 jours après les municipales ? Cela signifie tout aussi clairement que les fameuses « barrières » étaient bel et bien une ligne Maginot, même si garder ses distances, se laver les mains ou porter des gants sont des mesures de bon sens. Faire la queue en se tenant à 1 mètre de son voisin chez les boulanger ou se prendre un moyen de transport en commun sans masque  est dangereux car les gouttelettes ne sont pas en plomb, même si certains cerveaux de nos technocrates ressemblent à des pois-chiches.

Oui, je suis extrêmement choqué, plus encore comme citoyen que comme philosophe théoricien des sciences. J’ai moi-même arrêté certaines de mes recherches pour tenter de percer la croûte d’ignorance médiatique et de connivence politique qui règne en expliquant à ceux que je pouvais joindre par des textes et des vidéos publiés sur Facebook, You Tube, Twitter, par Atlantico qui m’avait interrogé, par des blogs, par des conférences, ce que tous les savants qui travaillent sur cette question savent depuis trois mois. Oui, la transmission par la simple parole a été prouvée par les travaux publiés par l’Anestasia Patient Safety Foundation des Etats-Unis, depuis le 12 février, par les laboratoires d’Hamilton du Professeur Vincent Munster du Centre de virologie des États-Unis, diffusé massivement début mars, de Princeton, de l’UCLA, d’Harvard… De fin février à début mars, des dizaines de centres ont publié leurs recherches, relayées par les sites populaires de publications et prépublications comme MedRxiv, par les réseaux sociaux et les journaux chinois ou américains. Depuis le 3 mars, l’Organisation Mondiale de la Santé assène que l’absence de masques met en danger la communauté médicale, et pas seulement, évidemment en raison du mode de transmission par les airs. Et je rappelle que cette transmission se fait par la simple parole mais aussi par certains métaux et les plastiques sur lesquels il survit jusqu’à 3 jours, avec 12 heures en moyenne sur les aciers, 16 heures en moyenne sur les plastiques, et sur les cartons jusqu’à 4 heures. Pas vu, pas pris ?

Non seulement certains médias n’ont pas relayé l’information qu’ils auraient pu trouver mais ils ont relayé la désinformation mortelle, selon laquelle les « geste barrière » suffiraient, tandis que les masques ne seraient pas efficaces ! Aujourd’hui encore, nombre de Français jugent le masque inutile et courent, à cause d’eux, au-devant de la mort, leur désinformation sous le bras.

Une désinformation pourtant combattue depuis trois mois par tous les laboratoires du monde qui travaillent sur cette question, y compris en Europe, du principal institut de santé des Pays-Bas à celui d’Edinburgh. Les fameuses gouttelettes de Flügge qui transportent le coronavirus sont arrêtées aussi bien en projection qu’en inhalation de 98,7% à 100% par les masques FFP2, et de 78% à 100% pour les masques chirurgicaux.

Non seulement les grands médias n’en font jamais fait leur titre mais je vois même des journalistes manipulés se lancer dans des diversions pour passer sous silence le fait que sur 193 États dans le monde nous sommes médaille de bronze. Ainsi, ce procès médiatique contre François Bayrou sous prétexte qu’il aurait livré gratuitement à la population des masques d’origine chinoise. Diantre ! « chinois », vraiment ? Pas touche au gouvernement qui a imposé des élections, n’a fourni aucun masque durant trois mois et a prétendu qu’ils ne servaient à rien, envoyant à la mort des milliers de Français, mais haro ! sur un maire qui avait protesté contre la tenue des élections municipales et qui ne veut pas laisser mourir les habitants de Pau ? Et puisque le textile vient essentiellement de Chine et d’Asie, devrait-on aussi se promener nus ?

Dans certains pays, dont la Chine précisément, qui n’est pas un modèle de démocratie et qui a elle-même organisé la désinformation meurtrière en décembre, cette désinformation sur les moyens de se préserver du coronavirus est aujourd’hui considérée comme un crime et punie comme tel. Ici, c’est trop souvent une vertu.

Pourquoi avec vos confrères scientifiques n’avez-vous pas été entendus et quelle est la source de cette débâcle médiatique ?

Il y a le manque de moyens dans les médias en France évidemment. Des Tintin cela a un coût et une rentabilité aléatoire. Enquêter prend plus de temps qu’écrire un éditorial et demande plus d’investissements.

Mais il y aussi un phénomène français, propre à certains pays en voie de développement. C’est l’ignorance appuyée sur la connivence politique. C’est Bouvard appuyé sur Pécuchet.

Sur l’ignorance d’abord. Les journalistes manquent trop souvent de culture scientifique. Sauf exceptions notables. Il en va d’ailleurs de même pour la philosophie souvent confondue en France avec le bavardage littéraire. La curiosité permet de compenser l’itinéraire, mais elle n’est pas si bien partagée qu’elle se devrait.

La réception de Yuval Noah Harrari annonçait ce que l’on voit aujourd’hui. Alors que tous les chercheurs des laboratoires en Intelligence artificielle, en nanotechnologies et en biotechnologies ont ri devant les thèses incohérentes de ses livres, les médias français l’ont encensé comme un vrai livre scientifique, criant même au génie à l’image d’un hebdomadaire qui n’a pas craint le ridicule en décrétant qu’Harari était le plus grand penseur de notre temps. Il faut néanmoins reconnaître que faire croire à l’opinion que nous serions menacé par une Super Intelligence qui nous boufferait a le mérite de rappeler les histoires de Mère-Grand et du méchant loup, ce qui permet de vendre papier et audience et ce qui a assuré un beau succès littéraire à Harari. Littéraire mais non scientifique. J’ai répondu à ces élucubrations par Le Bel Avenir de l’Humanité, appuyé par les vraies connaissances et les laboratoires avec lesquels je travaille depuis une vingtaine d’années mais évidemment, sachant la puissance de séduction des machines à fantasmes apocalyptiques, je n’ai pas pensé une seconde arrêter de telles sornettes, simplement défendre le camp du progrès.

C’est le même processus qui s’est opéré avec le Covid-19. Allez expliquer à des journalistes que n’ont aucune culture scientifique que si un virus est petit, il ne passera pourtant pas à travers les mailles d’un masque quand les technocrates du gouvernement ont expliqué avec leurs règles que le coronavirus de 0,125 micron s’en moquait en enfant polisson. Que faire, si, par paresse, ils refusent d’aller vérifier les informations sur les sites des laboratoires, ceux d’infectiologie, de l’APSF, des instituts de virologie… qui tous disent depuis deux mois, voire trois, que masques FFP2 et masques chirurgicaux arrêtent la contagion parce qu’ils arrêtent les gouttelettes qui sortent de la bouche quand on parle ? Écrire des articles, diffuser des vidéos ? Je l’ai fait, comme j’ai écrit Le Bel Avenir de l’Humanité, mais beaucoup ne lisent plus comme il y a vingt ans, préférant la facilité de l’estampille gouvernementale, et à moins d’un gros buzz divertissant autour d’un Panoramix régional, difficile de les faire bouger.

Le second problème est la connivence. Elle touche aussi certains milieux scientifiques qui courent après les prébendes et les décorations. Elle tient aussi parfois à un souci légitime de préserver la république du chaos ou de ses ennemis. Mais elle obtient le contraire de ce qui est recherché. D’approximations en petits calculs, imaginant les conséquences possibles d’une information vraie qui tournerait au bénéfice possible du Rassemblement national ou de l’extrême-gauche, de la droite moribonde ou de la gauche vagabonde, nombre de journalistes se sont dits qu’il était plus prudent de suivre le gouvernement au lieu d’éclairer la société pour le bien public.

Croit-on que parce que Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon disent que 3 + 2 font 5, il faut dire le contraire ou le cacher ? La première avait conseillé la fermeture des frontières, avait-elle tort ? Moi-même j’en ai douté en février, croyant encore possible de fermer les frontières européennes et priant pour que l’Europe avance en ordre. Le second réclamait plus de moyens pour les hôpitaux, n’avait-il pas raison ? De ce point de vue, je n’ai jamais varié, souhaitant que le partenariat public-privé et européen soit renforcé dans les biotechnologies et que matériels et salaires soient à la hauteur des défis. Être du côté du mensonge et du simulacre n’a jamais fait avancer la cause républicaine. Et quand on se trompe, mieux vaut l’admettre, ce qui es ten général pardonné.

Pour ma part, je suis d’accord avec Aristote dont la légende dit qu’un jour lui fut demandé pourquoi il critiquait Platon, il aurait répondu « Platon est mon ami, mais la vérité l’est plus encore ». Cela vaut pour certains membres de ce gouvernement et certains journalistes que j’apprécie mais qui errent.

Ils ont été aveugles sur le fait que les études administratives et économiques de la technostructure ne donnent aucune compétence à gouverner en général, et certainement pas en période de crise sanitaire. Et qu’il est absurde de confier son navire en pleine tempête à un capitaine qui n’a pas même son permis côtier. Il l’a prouvé lors de la crise des Gilets Jaune, il le prouve à nouveau aujourd’hui.

Au moins médias et bureaucratie vietnamiens ont-ils eu plus de bon sens. Sachant leur ignorance crasse, les politiques n’ont pas organisé un système de psychorigidité bureaucratique. Ils ont mis en place une structure de vrais scientifiques et d’épistémologues qui ont décidé que faire, dès le départ, sachant ce qui était arrivé avec les coronavirus précédents. Faute de moyens pour tester toute la population, masques et confinements furent décidés. Les médias sont relayé les scientifiques. Et il n’y a aucun mort. Pas même à la frontière chinoise.

Ne vous attendez-vous pas à quelques réactions violentes, telles celles que vous avez connues lorsque vous aviez écrit « Splendeurs et Misères des journalistes » et comment la parole médiatique politique ou scientifique peut-elle être réhabilitée ?

J’ai peu de mots à retirer de ce livre, seulement des noms à changer. Je sais qu’il y a assez de journalistes qui croient en leur métier, auquel je suis moi-même attaché, pour en défendre les valeurs. Cela fut d’ailleurs le cas à l’époque de la sortie de ce livre qui s’est vendu comme du bon pain, celui dont ont besoin les républiques quand l’un de leur pilier menace de s’écrouler. Car le journalisme d’enquête, indépendant des pouvoirs, intercesseur de la société civile et non censeur, est indispensable dans une république libre. Il s’agit là d’une condition pour que le débat puisse avoir lieu entre tous les citoyens pour la recherche du bien public. Ce qui n’interdit pas à chacun de défendre des opinions tranchées, des engagements politiques fermes mais jamais au détriment de la recherche de la vérité. On tâtonne, on cherche, on se trompe souvent, mais avec honnêteté. Sans cette vertu, la république est morte avant d’avoir sombré.

La France est moralement affaiblie. Les politiques qui gouvernent ont préféré des positons psychorigides à la mise en cause des procédures prévues Et certains médias n’ont pas fait leur métier de contre-pouvoir dans lequel ils doivent exceller. Aller chercher la vérité, enquêter du côté des scientifiques, des médecins, des politiques publiques menées ailleurs, éclairer l’opinion publique et lui permettre de s’exprimer, exiger des réponses du gouvernement, relever ses incohérences, ne fut pas la préoccupation première. Qui peut m’expliquer par exemple comment des journalistes dans ce pays ont vraiment pu croire qu’un masque ne servait à rien pour le quidam ordinaire mais qu’il serait indispensable pour les médecins ? Pour que le masque soit efficace, il fallait donc une carte de professionnel de la santé ? Si on les suit, c’est donc la carte du parti qui protégeait les Vietnamiens masqués comme le concombre de la bande dessinée puisqu’il n’y a eu là-bas aucun mort ?

Réhabiliter la parole médiatique c’est exactement le processus inverse de celui qui permet de lutter contre le Covid-19. Il faut retirer les masques. Ceux de la connivence, non seulement politique mais aussi économique et idéologique. Afin d’organiser la seule connivence acceptable : avec la vérité et l’opinion publique, celle qui n’a de comptes à rendre qu’à elle-même, d’être l’intercesseur de tous sur l’espace public, de surveiller les pouvoirs au nom des n’importe qui. Car c’est cela qui fait la grandeur du journalisme, son caractère indispensable dans une république, cette défense de la liberté, en communion avec des réseaux sociaux que le journaliste, le « gentilhomme » du XXIème siècle comme dirait Confucius, doit aussi éclairer pour qu’ils ne soient pas le lieu d’une guillotine médiatique.

Publié sur Atlantico https://www.atlantico.fr/node/3589223

Par Yves ROUCAUTE

Dans quel pays de « salauds » (Sartre) vivons-nous ? Où il est possible pour un quarteron de ministres et un Président de parader dans les médias fiers du nombre de tués par le Covid-19, avec l’un des trois bilans les plus meurtriers du monde, bientôt devant l’incompétente Espagne, rattrapant l’Italie, devant les États-Unis même par rapport au nombre d’habitants… ? Où ni coupables, ni responsables, les mêmes continuent à se féliciter devant les milliers de tombes à peine fermées d’avoir fait voter le 15 mars en pleine pandémie, conduisant, du 17 au 20 mars, à une surmortalité de +16%, la semaine suivante de +35%, et, 14 jours plus tard, un pic de + 59,6% inconnu dans le monde ? Où les mêmes, avec une morgue sans pareil, osent imposer une politique de déconfinement, jusqu’à vouloir envoyer les enfants à l’école le 11 mai, malgré le désaccord de tous les scientifiques ?

Oui, dans quel pays de « salauds » vivons-nous où il ne faut pas se poser la question : « pourquoi en Autriche, Danemark, Norvège, Tchéquie, Chine, Corée…les gens peuvent-ils sortir ou commencer à sortir du confinement ? Pourquoi pas nous et autant de morts ici ? » Où des autorités psychorigides ont préféré organiser la désinformation qui tue, assisté par des comités d’experts aux ordres, en prônant la suffisance de « gestes barrière » comme d’autres invoquent les esprits de la forêt, plutôt que de voir mise à nu leur incompétence ? Transmissions du Covid19 ?  Jusqu’à 3 heures par les airs, jusqu’à 3 jours par les métaux et les plastiques, jusqu’à 4 heures par les cartons … Les solutions de l’Allemagne, de la Norvège, de l’Autriche… ? Simples. Se laver les mains ? Certes. Mais surtout, masques FFP2 qui protègent de 98,9% à 100 %, gants à 100%, et tests sanguins qui permettent de pister et isoler la maladie. Malades ? Confinement. Doutes ? Confinement. Absence de masques et de gants ? Confinement. Vous avez des masques FFP2, des gants, des tests négatifs et le confinement a produit ses effets ? Vous pouvez sortir et faire vos courses, voir vos amis, comme tous les habitants de Hong Kong qui se baladent dans les rues et les marchés, rencontrent leurs parents et leurs amis, vont travailler et s’amuser.

Oui, dans quel pays de « salauds » sommes-nous où la demande des soignants importe moins que les variations de libido d’un Président qui a besoin de se rendre chez le Panoramix du coin pour décider, de la qualité d’un médicament au lieu de laisser aux médecins le libre choix des soins ? Où un porte-parole du gouvernement a prétendu que porter un masque appelait « des gestes techniques » si compliqués qu’elle-même ne le savait pas, ce qui fit rire 1,4 milliards de Chinois, bambins compris, mais non les familles françaises en deuil ?

Dans quel pays de salauds vivons-nous, où les Cosette ont été interdites d’aller voir les Jean Valjean vieillissants, quand bien elles le pourraient pourvues de masques et de gants ? Où les atteintes aux libertés et à l’amour d’autrui se multiplient de la part d’une technocratie qui n’a toujours pas fourni les masques gratuits, qui n’alerte toujours pas sur les gants, qui ne fournit toujours pas de tests ni de respirateurs, mais qui produit des règlements répressifs, freine les importations de moyens de survie non estampillés par l’administration, prétend pister les portables et tente de culpabiliser la population en la rendant responsable de sa propre incurie ?

Dans quel pays de « salauds » s’arcbouter aux décisions et sauver son strapontin, y est moins essentiel que sauver pragmatiquement des vies ? Où se multiplient les désinformations gouvernementales jusqu’à avoir prétendu que les masques ne serviraient à rien parce que ce coronavirus serait « si petit » qu’il passerait à travers leurs mailles ? Pourquoi alors en donner aux médecins si cela ne sert à rien ? Interdits de vente hier, pourquoi les mettre en vente aujourd’hui, avec des mimiques méprisantes indiquant qu’il faut les donner au bon peuple qui les réclame mais qu’ils ne servent à rien ? Les masques FFP2 qui protègent à plus de 98,7% contre les particules de 0,03 micron à 1,1 micron, et le coronavirus faisant 0,125 micron de diamètre, ne protègeraient-ils plus, une fois arrivés en France ? Ou bien le coronavirus deviendrai-il plus petit encore une fois passé la frontière, effrayé par les déclarations du Président et de son gouvernement ? En France, le virus ne se propagerait pas dans l’air via des gouttelettes de Flügg, plus grosses évidemment, qui sont un peu comme la voiture avec chauffeur qui transporte certains de nos « salauds » ? Exceptionnalité française encore, les mêmes gouttelettes de Flügg, telles des boules de pétanque, tomberaient au sol une fois sorties de la bouche, y compris de celle des menteurs agréés, au lieu de rester en suspension dans l’air jusqu’à 3 heures ? Cela expliquerait donc que deux Chinois doivent porter des masques quand bien même ils sont à cent mètres de distance, mais pas deux Français, qui, grâce à l’opération du saint esprit élyséen, qui transforme les gouttes en plomb, ont seulement besoin de se tenir à un mètre de distance, voire deux selon le rite français, nouveau et accepté ?

Dans quel pays de « salauds » vivons-nous où ces « gros plein d’être » (Sartre encore) de la technostructure, restent sourds, depuis février, aux alertes et informations scientifiques et refusent d’admettre qu’elles ont failli ? Confinement, masques, gants, tests : voilà ce que nous disions alors que le gouvernement appelait à tousser dans son coude, à se tenir à un mètre de distance et à bien lire les règlements ! Solutions dont l’efficacité a été rendue publiques par la Chine et la Corée dès la baisse accélérée de la pandémie le 27 février. Prouvées par les travaux publiés par l’Anestasia Patient Safety Foundation, depuis le 12 février, les laboratoires, d’Hamilton, de Princeton, de l’UCLA, d’Harvard, de l’Institut de la santé des Pays-Bas…Travaux dont je me suis moi-même à plusieurs reprises modestement fait l’écho, comme épistémologue et citoyen. Travaux accessibles pour tous les experts, même pour les plus paresseux, via MedRxiv et les sites universitaires qui archivent les prépublications et publications scientifiques. Et cela bien avant les élections municipales…

Oui, dans quel pays vivons-nous où les « salauds» d’hier continuent  à vendre des espoirs de vaccins à 18 mois, des grigris quotidiens et des sourires de pantins mécaniques sur notre chemin de croix ? Jouissent-ils de ce sentiment qu’ils tiennent en laisse 66 millions de citoyens et qu’ils ont le pouvoir de briser des rêves ? D’être l’État, ce monstre chimérique, cynique et froid, auquel aucun contre-pouvoir semble pouvoir imposer la voix de la raison ni, encore moins, celle de la conscience ? D’incarner ce « pouvoir » magico-religieux qui décide de tout, de l’ouverture des bureaux aux bons de sortie, organisant la « société de contrôle » (Deleuze) sur les citoyens, leurs corps, leurs vies ?

Ce pays de « salauds » n’est pas mon pays. Le pays que j’aime et dans lequel je vis, malgré l’hiver de l’esprit, applaudit les soignants et tous ceux qui, petits ou grands, affrontent la mort pour sauver nos vies. Il est celui de la générosité qui diffuse la douce chaleur des cœurs, de l’instituteur ou du chef d’entreprise, de l’agriculteur ou du coursier, jusqu’aux EHPADS et aux pieds des cités. Il est la France républicaine qui vibre au rythme de cette libre fraternité qui a éclairé de ses feux, depuis 1789, l’humanité tout entière. Il est celui de la vraie morale qui dit « l’humanité d’accord, l’humanité d’abord », répondant aux exigences de la conscience éclairée par les sciences.

Le pays dans lequel je vis est le vrai pays, la vraie France. Qu’il se méfie celui qui vit ailleurs, dans ce simulacre de France, celle des « salauds ». Car ici les crises ne peuvent se gérer du haut des parapheurs à coups de discours distribués comme du pain béni à un troupeau hébété. Ici, on pardonne l’ignorance et l’erreur mais la dignité est chevillée au corps et l’égalité des droits tient lieu de seul couvre-chef. Ici, plus qu’à Rome jadis, il n’y a jamais très loin du Capitole à la Roche Tarpéienne, où l’on précipitait les coupables. Et qui croit atteindre l’Élysée est seulement parfois en route vers le Tartare, qui n’est pas un plat mais l’enfer dirigé par les dieux. Où l’on met aussi ceux qui se prennent pour tels.

Coronavirus : comment la technocratie nous a méthodiquement mené dans le mur

Article publié le 23 mars 2020. (Atlantico) https://www.atlantico.fr/decryptage/3588232/coronavirus–comment-la-technocratie-nous-a-methodiquement-mene-dans-le-mur-yves-roucaute

On ne devrait jamais tourner le dos à un danger pour tenter de le fuir. Si vous le faites, vous le multiplierez par deux » pensait Winston Churchill. Face au coronavirus, nous pourrions rire de ce gouvernement qui joue au Père Ubu, prompt à prendre le large face au danger et déjà prêt à s’attribuer les mérites de la victoire quand celle-ci sera avérée. Hélas !, le temps n’est pas au rire. La France se terre, la France souffre, la France pleure ses morts et ses blessés. Le temps n’est pas aux bûchers des vanités gouvernementales non plus. Émue, unie, reconnaissante, la France vole au secours des plus fragiles, des plus isolés, des plus âgés et applaudit dans les larmes ces soignants qui prennent le risque de leur vie pour la sauver et ces boulangers, comme ceux du XVème arrondissement de Paris, qui livrent l’Hôpital Pompidou

Pourtant écoutez bien, et vous entendrez enfler une juste et sourde colère devant l’incompétence, la morgue et l’irresponsabilité de ce gouvernement ébranlé à la moindre brise, effondré quand vient la crise. Un quarteron de technocrates, appuyé sur de prétendus experts, quelques aficionados médiatiques et des élus conservateurs, qui est allé de tergiversations en rodomontades, attendant la succession des « phases » d’évolution comme d’autres regardaient les chars passer lors de la débâcle de 1940. Et aujourd’hui encore, incapable de prendre les mesures nécessaires pour tests, masques, gants, confinement total, désinformant même encore et toujours sur les vrais facteurs de transmission.

Le temps n’est pas encore au procès général, mais il viendra.  Il commence déjà.  600 médecins et infirmiers portent plainte contre le gouvernement et l’ancienne ministre Agnès Buzyn, qui a eu la lâcheté de se taire au lieu de sonner l’alarme et qui, en avouant à moitié sa faute, ne peut être qu’à moitié pardonnée. Les Français sont généreux mais ils ont la tête chaude comme disait le philosophe Hegel, et, plus qu’en Italie, il n’y a jamais loin du Capitole à la Roche Tarpéienne.

Face à ce drame humain et à sa déplorable gestion, pour avoir écrit Le Bel Avenir de l’Humanité, je suis souvent interpellé : est-ce donc ainsi que nous allons vers ce monde merveilleux annoncé ? Oui, c’est ainsi. Cette crise sanitaire en porte la marque et en dit le sens. Nous vivons un moment de transition. Ce moment où s’intensifie le combat du camp du progrès, celui des partisans des sciences et des technologies qui ont donné l’alerte et réclamé le confinement sans avoir été écoutés, celui des soignants qui permettront de vaincre cette maladie malgré l’incompétence gouvernementale, celui des réseaux sociaux qui les soutiennent. En face ? Le vieux monde. Celui des technocrates ignorants, ivres d’eux-mêmes, arcboutés sur leur vision autoritaire et magico religieuse du « pouvoir », associés aux conservateurs étatistes, aux Ayatollahs de l’écologie à la Greta Thunberg ou à la Nicolas Hulot et aux apocalyptiques à la Yuval Noah Harari qui ont désarmé le pays par leur idolâtrie de la nature et les freins mis à la créativité humaine.

Ce combat du camp du progrès a bel et bien commencé dès fin janvier et s’est amplifié jusqu’à aujourd’hui.

Que nul ne dise que le Président Emmanuel Macron et le gouvernement ne pouvaient pas savoir, eux qui, par ailleurs, au nom du principe de précaution, se permettent d’arrêter les recherches en biotechnologies dès que piaille un groupe de pression. Nous fûmes nombreux à relayer l’alerte lancée par le docteur chinois Li Wen Liang sur la létalité et le danger de pandémie de ce virus, qui l’a tué le 7 février. Lui-même condamné au silence par les autorités qui, pour maintenir leur ordre, craignaient plus de laisser circuler cette information que le virus. Elle n’a donc servi à rien la mise en garde de l’Organisation mondiale de la Santé qui le confirmait ? A rien, les indications des laboratoires chinois qui conseillaient le confinement ? Chine et Corée du sud ne démontraient-ils pas une nette décrue par cette stratégie dès le 27 février ?

Épistémologue, je ne fus pas le seul lanceur d’alerte à exiger la nécessité du confinement, dès que furent confirmés les modes de transmission de ce coronavirus. Devant l’impudence de ces technocrates, j’ai même relayé les travaux dirigés par le Professeur Vincent Munster du Centre de virologie d’Hamilton, dans l’Alabama, cosignés par des universitaires de l’UCLA (Californie) et de Princeton connus dès le 9 mars, diffusés massivement le 13 mars par la célèbre revue MedRxiv, consultable en ligne.

Durée de survie du virus ? Jusqu’à 4 heures sur le carton, 3 jours sur le plastique (en moyenne 16h) et l’acier (en moyenne 12h). Transmissible par les airs ? Oui. Jusqu’à 3 heures. Confirmant ce qui était suspecté dès le 12 février dans une publication de l’Anesthesia Patient Safety Foundation qui s’appuyait sur les études du SARS-CoV, un autre coronavirus. Les travaux de 18 laboratoires américains, et de quelques laboratoires chinois accessibles, confirment le fait à peu de différences près.

Mais au lieu de reconnaître l’erreur, après tout humaine, la technostructure outragée qui craignait moins les morts que de reconnaître s’être trompée, se mit à dénoncer les lanceurs d’alerte. Psychorigide comme toute bureaucratie elle avait décrété en janvier que se laver les mains et se tenir à un mètre de distance suffisait et des morts, par les voies non réglementaires prévues, elle allait continuer à s’en laver les mains.

Persistant dans son errance, malgré les condamnations scientifiques internationales et les protestations de l’immense majorité du corps médical français, et l’opposition de certains politiques éclairés par les sciences, il fut exigé de voter le dimanche 15 mars, en pleine débâcle sanitaire. Reculer les élections de quelques semaines ? Pas possible, sinon la démocratie serait perdue ! Cartons, enveloppes et bulletins de vote avaient-ils été vaccinés par quelque Jupiter de fortune ? Isoloirs, air et salles immunisés par les prières de ses saints ? Assesseurs et citoyens appelés à dépouiller protégés par l’esprit saint élyséen au point de purifier les minuscules gouttelettes propulsées dans l’air à plusieurs mètres à la moindre parole, même prononcées à voix basse, connues  depuis 1880 grâce à Karl Flügge? Oui, toutes ces inepties, « en même temps ».

Et, le miracle du lundi 16 mars eut lieu : l’urgence de rester chez soi fut décrétée. Le virus avait soudain varié sous une troisième forme durant la nuit, inconnue des chercheurs mais non des parapheurs. Et d’un coup de baguette magique, la démocratie engloutie la veille si le premier tour n’avait pas eu lieu à l’heure prévue, devient sauvée en repoussant le second tour à une date inconnue. Et pour éviter d’avoir à avouer s’être une nouvelle fois trompé, une remise en cause sacrilège de son « pouvoir », le Président bavard, regardant la France dans les yeux, n’a pas une fois prononcé le mot maléfique de « confinement ».

Aujourd’hui encore, le combat du camp du progrès continue.

La guerre dîtes-vous ?  Je vois surtout une nouvelle ligne Maginot. Les gants seraient inutiles. Prenez ces plastiques, déballez ces cartons, soyez sans crainte: les matamores qui gouvernent se chargent  de verbaliser les virus qui se permettraient de passer la membrane cellulaire par liaison dangereuse par leur protéine S, inconnue des fichiers de police, de se balader dans le cytoplasme de la cellule avec leur brin d’ARN étranger, comme un sans papier, de travailler clandestinement avec ses 15 gènes pour finalement s’imposer et se multiplier dans le corps pour le Grand Remplacement, ce qui est formellement interdit. De quoi être rassuré ?

Les masques ? L’O.M.S  répète depuis le 3 mars que la pénurie de masques met en danger le personnel soignant et aussi ceux qu’ils soignent : sans masque, le virus va librement du médecin au quidam ordinaire et du quidam ordinaire au médecin ou à d’autres quidam ordinaires. Mais il y a l’exception française. La connaissance parfaite du double décimètre sur leur bureau éclaire nos technocrates : ce coronavirus mesurant environ 0,125 micron, les masques ne pourraient empêcher de passer des particules aussi petites. Sauf, quand ils s‘agit des soignants qui ont droit au masque, comme c’est indiqué dans un règlement trouvé sur une étagère, car alors cela servirait à quelque chose. Une étude de 2008, de l’Institut de santé des Pays Bas, démontrait pourtant que les masques en coton protégeaient à 60% contre des particules de 0,02 à 1,1 micron, 78% pour les masques chirurgicaux et 98,9% pour les masques FFP2. L’université d’Edinburgh a de son côté testé les masques chirurgicaux : ils arrêtent 80% des particules de 0,007 microns, un peu en dessous de la moyenne des filtres industriels… et même les mouchoirs en tissu protègeraient d’environ 28%.

Les masques en France seraient-ils victimes d’un sort maléfique connu des sorciers de l’Élysée ? Et cela au point de n’avoir pas pensé en produire ou en acheter depuis janvier ? Et de n’avoir pas distribué ceux qui existent ? Car les masques existent, beaucoup les ont rencontrés. Un stock des 150 millions. Finalement, dans sa grande bonté, il est décidé le 18 mars, plus d’un mois après l’explosion de la maladie, d’en livrer 25 millions aux « n’importe qui ». Les autres ? C’est peut-être pour une collection.

Afin de justifier leur incompétence, nos technocrates prétendent que leur comportement d’aujourd’hui serait dû à l’expérience de 2009. Roselyne Bachelot, ministre de la santé, pour prévenir le pays contre la grippe H1N1, avait alors commandé 95 millions de vaccins qui n’auraient « servi à rien ».  Diantre !, mais qui savait alors que cette grippe ne ferait pas des ravages quand  les chercheurs d’alors mettaient en garde ? S’il y avait eu des milliers de morts, l’aurait-on déclaré coupable ? N’est-ce pas le rôle des élus et des individus payés par les citoyens de prévenir la sécurité de leurs corps, premier des droits individuels, au lieu de courir après un bilan comptable pour économiser ? Et depuis début février, avons-nous une possible pandémie ou une pandémie avérée ? Alors,  où en est la production de masques ? Où sont les tests aussi ? 17 000 par semaine en France, 160 000 en Allemagne, cherchez l’erreur. 10 minutes pour tester en Corée, des journées d’angoisse en France. Donnez-nous des Roselyne Bachelot, je vous laisse les docteur Diafoirus.

Je vous laisse les Ayatollahs de l’écologie et les apocalyptiques aussi, et ces multiples comités éthic-toc inutiles et parasites qu’ils influencent, prompts à justifier conservatismes et routines, interdits et freins aux expérimentations sur les traitements et les innovations. Car ce sont eux, ces Nicolas Hulot pathétiques, qui offrent à la technostructure et à sa gestion verticale de la vie le simulacre de couverture morale et scientifique dont elle a besoin. Et ils sont aussi le premier vecteur de cet esprit malade qui a envahi la France et qui conduit à plus s’intéresser à la condition des rats de laboratoire qu’à la santé des humains.

Contre les idolâtres de la terre, le temps est venu de rappeler que ce coronavirus, le COVID-19 est un élément de la fameuse « nature » avec d’autres virus létaux, bactéries morbides, champignons, maladies génératives, maladies génétiques, mort même, tsunamis, tremblements de terre, volcans… Il ne doit rien à l’industrialisation, aux sciences, aux technologies ou à la déforestation de la France ou de l’Amazonie, que la grippe espagnole, la lèpre, le Candida auris ou la peste.

Aujourd’hui face aux coronavirus, comme hier, l’humanité doit mettre à la poubelle le logiciel des archaïques pour affronter la dite « nature ». Comment les humains ont-ils survécu aux maladies et aux changements climatiques qui ont fait disparaître 90% des espèces animales depuis le paléolithique inférieur ? Comment ont-ils traversé 12 glaciations et autant de réchauffements depuis 3,3 millions d’années ? Par cette certitude qu’il lui faut dominer les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les animaux domestiques et toute la terre. L’humanité d’abord.

Ce qui distingue l’humanité des animaux n’est pas le rêve absurde d’une harmonie avec un environnement, car cela ne se peut pas. Ce n’est pas non plus d’être « intelligent» (« sapiens »), Homo sapiens comme le prétend Yuval Harari qui tient à vendre aux benêts dans la confusions scientifique la plus extrême son conte à dormir debout d’une Super Intelligence qui viendrait nous bouffer, car les animaux, à des degrés divers, le sont évidemment aussi. Ce qui le distingue : c’est d’être créatif. L’humain est l’être qui transforme son environnement, créé des civilisations, amélioré son corps. Une tripe créativité. Il est « Homo creator ». Et respecter la nature, c’est d’abord respecter la nature créatrice humaine. Et combattre tout ce qui l’interdit, des pollutions aux idolâtries. La vraie morale dit l’humanité d’accord, l’humanité d’abord.

C’est ce qui se joue aujourd’hui. Contre technocrates, conservateurs, Ayatollahs de l’écologie et apocalyptiques, ce coronavirus révèle que nous ne souffrons pas de trop de progrès, mais de pas assez. Guerre à ce virus naturel ? Oui, j’en conviens. Elle passe par la solidarité avec nos soldats de première ligne, les soignants, mais aussi par une défaite des tutelles technocratiques qui doivent se plier aux exigences du savoir au lieu d’essayer de protéger leurs places. Un combat du camp du progrès contre les idolâtries de la Terre, de l’État, du Marché, du Pouvoir… qui construisent des lignes Maginot, empêchent l’explosion des nouvelles technologies, traquent les réseaux sociaux et, finalement, organisent la débâcle et menacent des vies. La revanche des enfants de Jeux interdits. C’est aussi le sens du message de Winston Churchill qui, face au danger, poursuivait ainsi : « Mais si vous l’affrontez rapidement et sans vous dérober, vous le réduirez de moitié. » Puis totalement. Comme lui-même le fit.

Homo sapiens : obstacle scientifique, erreur métaphysique, errance théologique

Par Yves ROUCAUTE

Parution à partir du 5 mars 2020 sur le site Regards Protestants. https://regardsprotestants.com/culture/homo-sapiens-la-vraie-nature-humaine-2/

L’Homo sapiens » a bonne presse ; ce qui n’est pas toujours bon signe. Du latin « sapiens » qui signifie « intelligent », cette désignation de l’humanité prêterait d’ailleurs à sourire si elle n’était le symptôme d’une pensée défaite et la source d’obstacles scientifiques, et moraux considérables. 

Certes, il est parfois amusant de lire les contes pour enfants et d’écouter les bavardages dits « philosophiques » de ceux qui s’imaginent possible de saisir le réel en imaginatifs dépourvus de culture scientifique. Mais je vous propose plutôt ici, un peu comme dans Le Bel Avenir de l’Humanité, de découper au rasoir cette notion d’« Homo sapiens » pour découvrir le pot aux roses : une conception scientifique fausse, une métaphysique magico-religieuse et une vision théologique païenne. 

Cela par une méthode dite du « rasoir d’Occam » qui plaisait bien à l’ami Umberto Eco, utilisée dans Le Nom de la rose par son héros, appelé « Guillaume » en hommage à Guillaume d’Occam. Ce qui, entre réinterprétation de mythes, comme celui d‘Œdipe, déconstruction de Croque-mitaine comme la Super Intelligence, mise à nu du Dieu fouettard des conservateurs, au lieu de nourrir une vision du monde pessimiste et fantasmagorique, permettra peut-être de mieux comprendre la vraie nature humaine, son être « Homo creator », et de saluer dans la joie le bel avenir de l’humanité.

Commençons cette enquête par un mythe grec qui déplaira, je le crains, aux thuriféraires de l’« Homo sapiens ». Il était une fois… un terrible monstre, le Sphinx (ou la Sphinge). Figure de femme, pattes et queue d’un lion, ailes d’aigle, il avait été envoyé à Thèbes par Héra, épouse de Zeus, pour rappeler aux humains la soumission dû à l’ordre imposé aux humains par les divinités tutélaires. Sorte de principe de précaution. Passe-temps favori du monstre pour assurer la soumission humaine : dévaster les récoltes, massacrer les troupeaux et tuer les quelques courageux qui l’approchaient. Installé sur un rocher, le Sphinx posait à ces derniers une énigme à laquelle nul ne savant répondre : « Quel est l’être doué de la voix qui a quatre pieds le matin, deux à midi et trois le soir ? ».

Le roi de Thèbes, Créon, qui venait de perdre son fils, avalé par la bestiole, proclama en substance : « Qui peut nous débarrasser de ce monstre ? S’il s’en trouve un parmi vous, je lui donne mon royaume. » Il ne s’en trouvait aucun.

Ah !, si le monstre avait demandé « qui est quadrupède, sans corne et sans plume le matin, bipède le soir et intelligent toute la journée », la réponse aurait été aisée pour ces Grecs de l’époque archaïque qui priaient les esprits organisateurs du monde et s’imaginaient eux-mêmes dirigés par des esprits intelligents pas toujours bénéfiques. À la façon d’un Socrate un peu présomptueux, ignorant les singes, persuadés que le propre de l’humain est l’intelligence, le « sapiens », ils auraient déclaré « l’Homme ».

Mais quelle est donc cette bête à trois pattes ?

C’est alors que surgit Œdipe. Interrogé par le monstre gourmand, il répond : « L’humain. » Car « quand il est enfant, au matin de sa vie, il marche à quatre pattes, quand il est adulte il se tient sur ses deux jambes, et quand il est vieux, au soir de sa vie, il a besoin d’une canne pour se déplacer »Puis, d’un coup d’épée, il tue le Sphinx. Ou, selon d’autres traditions ce dernier se suicide.

Le sens de ce mythe ? La canne, tout est là. Hors bandes dessinées, aucun animal ne crée de canne, pas même le canard, fut-il l’oncle Picsou. Une canne ne pousse pas. Une canne ne marche pas. Une canne ne se reproduit pas. Elle est le symbole de cette créativité inouïe de l’humain, celle qui porte sur son propre corps.

C’est cela le savoir d’Œdipe : celui de la créativité humaine comme différence spécifique de l’humanité. Non pas « Homo sapiens », mais « Homo creator ». Un être exceptionnel, porté par sa triple créativité naturelle dont nous avons vu dans le blog précédent qu’elle fut et reste même sa condition de survie : Créativité envers son environnement, envers les autres humains, envers son corps animé lui-même.

Et le sens caché de ce mythe se trouve dans la mort du Sphinx. Dès que l’humanité parvient à la reconnaissance de soi comme liberté créatrice, elle n’affirme pas seulement sa différence d’avec tous les autres vivants, mais elle se libère aussi, en même temps, des spiritualités magico-religieuses et de leurs idolâtries. Ainsi, se révèle que toute l’histoire de l’humanité jusqu’à nos jours a été et reste la lutte pour la reconnaissance de sa nature créatrice contre la pensée magico-religieuse.

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