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Réponse à tous les Ennemis du Progrès

Dimanche 10 février 2019

Réponse à tous les ennemis du progrès

Par Yves ROUCAUTE

Philosophe, Professeur des universités, agrégé de philosophie et de science politique. auteur de « Le Bel Avenir de l’Humanité » (ed Calmann-Lévy)

Auteur de « Le Bel Avenir de l’Humanité »(Ed Calmann-Lévy.

Réponse à tous les Ennemis du Progrès

Camp du progrès contre camp conservateur : le grand débat est là.  D’un côté, les partisans du bel avenir de l’humanité. De l’autre, les vendeurs d’apocalypse : droite de l’intégriste François-Xavier Bellamy,archéo écologistes, adeptes deYuval Noah Harari, populistes à la façon d’Éric Zemmour qui me dénonce comme ennemi public n°1, philosophe « imbécile heureux » pour oser célébrer le progrès. Osons.

Avec les temps contemporains, nous sortons de l’univers magico-religieux du Néolithique, commencé il y a 10000 ans avec les premières sédentarisations. Contre Yuval Noah Harari, nous découvrons que nous n’avons jamais été “homo sapiens”. Les animaux aussi sont intelligents. Mais seuls, nous bouleversons l’environnement, créons des civilisations, transformons nos corps. Nous sommes “Homo creator”.

L’esprit néolithique résiste. Le corps et ses gênes seraient intouchables, disent nos intégristes. Trisomie 21, mucoviscidose, plus de 6 000maladies génétiques : faudrait-il l’accepter ? Bientôt, abolition des maladies génétiques, dégénératives, virales, des cancers, des handicaps, traque de la mort même, les progressistes s’en réjouissent. Refuser la gestation pour autrui car un enfant devrait avoir des parents biologiques ? Adopter des enfants serait-il immoral ? Dénoncer la procréation médicalement assistée ? Créer de la vie deviendrait-il un crime ? Le bébé éprouvette réglera les débats. 

Le culte de la terre ? L’humanité pourrait-elle survivre sans la piller ? Si certaines activités détruisent l’humanité, alors empêchons-les, sinon la terre d’accord, l’humanité d’abord. L’énergie ? Inépuisable, celle des quarks et leptons permettra d’en créer en quantité indéfinie sans risque de pénurie. Déjà, nanofils, nanotubes, végétaux. Les aliments in vitro comme le Franckenburger supprimeront famine, souffrance et pollution animale. Réchauffement ? Notre période interglaciaire, l’holocène, a commencé il y a 12 000 ans après 110 000 ans durant lesquels la terre, de Moscou à New York, fut recouverte par 1 500 m de glaces. La prochaine glaciation arrivera. La Royal Astronomical Society prévoit un Petit âge glaciaire vers 2030, avec Seine, Rhin, Hudson gelés. Nous l’avons connu au XVIIe siècle quand Groenland signifiait “terre verte”. Le salut ? Dans le progrès, pas dans le culte archaïque d’une Gaïa famélique condamnée.

Populismes ? Avec l’intelligence artificielle et des réseaux, l’idolâtrie du pouvoir et le modèle de nation “ethnique” fondée sur le sang, origine des guerres européennes, s’effondrent. S’impose la nation civique, fondée sur la participation citoyenne et les valeurs avec, au centre, depuis 1789, les droits de l’homme. Dénonçant les « droits-del’hommisme» et attisant les haines, les populistes sont donc l’anti-France. Le bel avenir de la démocratie conjugue représentation et réseaux, avec référendums locaux et nationaux encadrés par le respect des valeurs. 

Ce n’est qu’un début, le combat pour le progrès continue.

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Denis Jeambar et Yves Thréard présentent Le Bel Avenir de l’Humanité

Denis Jeambar et Yves Thréard présentent mon livre

Le Bel Avenir de l’Humanité 

(ed Calmann-Lévy, collection Liberté de lEsprit. Cliquer ici pour achat: https://calmann-levy.fr/livre/le-bel-avenir-de-lhumanite-9782702163481)

VideoLeBelavenirdel’humanitéPublicSénat29.10.2018

Le Bel Avenir de l’Humanité (Calmann-Lévy)

Chaîne Parlementaire, Public-Sénat. 29 octobre 2018

 

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Sortie le 17 octobre de LE BEL AVENIR DE L’HUMANITÉ

LE BEL AVENIR DE L’HUMANITÉ

Par

Yves ROUCAUTE

Pour achat: https://calmann-levy.fr/livre/le-bel-avenir-de-lhumanite-9782702163481

4ème de couverture par Denis Jeambar.

« Le monde qui s’offre à nous est formidable. »
C’est un livre jubilatoire que nous propose le philosophe Yves Roucaute. Une ode à la révolution des Temps contemporains. Abolition du travail et robots, corps bioniques et bébés sur mesure, clonage et cryogénisation, suppression des maladies, télétransportation et véhicules autonomes, disparition de l’État, de la guerre, de l’oppression des nations, économie collaborative et réseaux sociaux, abrogation du dressage éducatif et de l’écriture, libération du corps féminin, art contemporain, bonheur et immortalité, le meilleur est devant nous.
Fruit d’un considérable travail de recherches philosophiques, historiques et scientifiques, ce récit passionnant revisite toute l’histoire de l’humanité. Adieu le chimérique Homo sapiens, l’opposition « matérialisme » et « idéalisme », adieu « socialisme », « libéralisme », « utilitarisme », adieu tristesse des professionnels de l’apocalypse. « Je suis Celui qui crée », tel est le credo de l’homme contemporain, parvenu à la conscience de lui-même, celle de l’Homo creator.
 
Dans un texte à la fois joyeux et érudit, Yves Roucaute bouscule tout, ébranle les certitudes, sans jamais plonger le lecteur dans le néant. Il lui propose un avenir. Le meilleur qui soit avec la poursuite de cette odyssée de la liberté vers la conquête des étoiles qui donne son sens secret à l’histoire humaine.
 
 
Agrégé de philosophie, docteur d’État, professeur agrégé de sciences politiques à Paris X-Nanterre, Yves Roucaute a écrit de nombreux essais dont La Puissance de la liberté, La Puissance d’humanité, Splendeur et Misère des journalistes, Éloge du mode de vie à la française. De l’Afghanistan avec le commandant Massoud à Cuba aux côtés des dissidents, dans tous les journaux et revues auxquels il a collaboré, il n’a cessé de combattre pour la liberté dans le monde.
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Appel du 18 juin : la défaite du politiquement correct

Par

Yves Roucaute

Quand, ce 17 juin 1940, le général de Gaulle arrive à Londres, au 6 Seymour Grove, avec deux valises, 100 000 francs et son aide de camp, Geoffroy de Courcel, il sait que la guerre se gagne d’abord dans les têtes. Winston Churchill, qui le reçoit dans l’après midi, le sait tout autant. Dans quelques jours, le maréchal Pétain va capituler. Et la débâcle morale des élites françaises, gauche en tête, n’y est pas pour rien.

Dés 1936, la victoire du Front populaire, qui suit celle du centre gauche de 1932, a préparé la défaite. Les 149 députés socialistes, emmenés par Léon Blum, et les 159 radicaux sont « pacifistes ». Tels Jaurès, dans l’Armée nouvelle, ils refusent armée de métier et guerre, impérialiste par nature. Avec Pétain et Weygand, ils privilégient la défense pour arrêter les Allemands: un front continu de fortifications, depuis Dunkerque, Et la plupart voteront, en juillet 1940, les pleins pouvoirs à Pétain. Les 78 communistes ? Pacifistes, plus encore. En août 1939, avec le Pacte de non agression germano-soviétique, l’ennemi allemand devient même un allié : en juin 1940, comme en Norvège, Danemark et Belgique, ils demanderont l’autorisation de publier l’ « Humanité »  et Staline félicitera Hitler qui descend les champs Elysées. Les 224 députés de droite ne valent guère mieux.

Politiquement incorrect, depuis Vers l’armée de métier (1934), de Gaulle dénonce le consensus. Le nazisme nous attaquera et la France est faible, faute de stratégie adéquate. Contre la « défense passive », il faut une stratégie offensive, mobile, rapide, puissante et professionnelle. Héritier de Clausewitz à l’heure mécanique, il veut un « corps cuirassé » : régiment de chars, brigade d’infanterie motorisée, corps de reconnaissance, deux régiments d’artillerie. En février 1936, il propose l’intervention contre les troupes hitlériennes entrées dans la Ruhr. En octobre, il prévoit l’agression contre Autriche, Tchécoslovaquie et Pologne. Il demande à la gauche, qui refuse, un soutien militaire de la République espagnole contre un Franco, soutenu par Hitler et Mussolini. Contre les accords de Munich, il proteste: « nous livrons à l’ennemi nos alliés Tchèques. Peu à peu nous prenons l’habitude du recul et de l’humiliation… nous boirons le calice jusqu’à la lie ». il veut l’alliance avec la Russie contre l’Allemagne nazie.

En France, le général Murin dit le sentiment général des élites au Conseil national de Défense, « adieu, de Gaulle !, Là où je suis, vous n’avez plus votre place ! ». En Allemagne, il est suivi à la lettre. Dans le bunker de Hitler, on découvrira Vers l’Armée de métier annoté par Heinz Guderian, stratège de la doctrine allemande. Celle qui a permis, après la Belgique et les Pays Bas, en cinq jours, de franchir la Meuse et d’arriver dans les Ardenne.

« Ce que j’ai pu faire par la suite, c’est ce jour là que je l’ai résolu » (Mémoires de guerre) écrit de Gaulle, ce 15 mai 1940. Dans la débâcle. Certes, le 17 mai, il attaque avec succès la 1ère Panzer division, à Moncornet, et, le 6 juin, Reynaud l’appelle au gouvernement. Mais face à Pétain et Weygand, partisans de la capitulation, il sait la défaite inéluctable.

Ce 18 juin, il se rend donc à Oxford Circus, siège de la BBC, studio 4B. Sans regarder le texte, contre le politiquement correct, le « chef de tous les Français libres » allume dans l’esprit de la nation « la flamme de la Résistance française ». Bientôt le brasier spirituel, patriotique éclairé par les valeurs universelles, libérera la France. Là où se tient la commémoration, se découvre la mémoire d’une nation.

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Qatar, de l’eau dans le gaz ?

 

Par Yves ROUCAUTE

(publié Valeurs Actuelles. 12 juin).

Sanctionné pour sa duplicité envers terrorisme, Frères musulmans et Iran, le Qatar est mis en quarantaine. Arabie Saoudite et Washington sonnent la fin de la récré.

Si la duplicité des grands Etats importe peu, celle des moins puissants est rarement sans risques. Le Qatar l’apprend à ses dépens. Complicité avec le terrorisme, les Frères musulmans, l’Iran et déstabilisation des gouvernements : l’accusation est lourde. Confetti de 160 km de long sur 80 de large, en comptant plages et déserts de sable, le voilà mis au ban des nations par Arabie Saoudite, Bahreïn, Emirats Unis, Libye, Egypte, Yémen et Maldives. Les trois premiers ont interdit à leurs ressortissants de s’y rendre, expulsé leurs Qataris, consacré le blocus terrestre et alimentaire. Tous ont rompu relations diplomatiques, liaisons aériennes et maritimes. Seuls des pèlerins qataris pourront passer la frontière pour aller à La Mecque mais impossible d’y écouter l’islamiste Oussouf al-Qardawi vanter la charia: la chaîne Al Jazeera est suspendue.
Cette presqu’île du Golf persique, 2 millions d’habitants, dont 200 000 Quataris, sera-t-elle rayée de la carte ? A l’heure où Washington reconstruit l’alliance de l’ « arc sunnite » avec Israël, contre les Frères musulmans, les djihadismes et l’Iran, l’Europe joue à l’autruche. Effets des ors et lambris qataris?
Le prétexte ? L’émir du Qatar, contre la décision des autres membres du Conseil de coopération du Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman), aurait déclaré l’Iran, un allié. Depuis, notre Émir proteste : son Agence de presse aurait été piratée. Peut-être. Une goute d’eau dans le gaz liquéfié dont le Qatar est le premier exportateur mondial.
Chacun est fatigué d’une trop longue duplicité. Principal soutien des Frères musulmans? Le Qatar. Cheval de Troie pour imposer sa puissance dans tous les pays musulmans. Ainsi, en Egypte, il a financé l’élection du frère musulman Mohamed Morsi. Le coup d’Etat du général al-Sissi y met-il fin ? Depuis, Doha fomente des troubles.
Certes, l’Arabie Saoudite partage cette vision puritaine et archaïque, jusqu’au refus des droits individuels, mais elle refuse la suprématie du religieux sur le politique et rejette le djihadisme. Depuis le 11 septembre, poussée par les Etats-Unis, elle les a même bouté hors de son Etat. Et en 2014, avec Bahreïn et Emirats, rappelant leurs ambassadeur, elle a exigé la rupture avec ces « Frères », déclarés « organisation terroriste ». Doha a feint de céder : quelques expulsions mais le financement a continué. Le double jeu.
Attentats-suicides contre des juifs, roquettes sur les villages, l’organisation terroriste du Hamas créé par les « Frères » frappe dans la bande de Gaza. Et l’émir du Qatar va la saluer, en 2012, et installe le centre terroriste à Doha. Coalition au Yemen contre les djihadistes Houthis ?Bombardés par ses avions, financés par ses banquiers. Détournement des armements pour les islamistes en Libye, soutien à Ahrar al-Sham en Syrie, qui se bat aux côtés d’al-Qaïda et aide les djihadistes à rejoindre Daesch à Raqqa. Et cheikh Nouaimy, financier qatari, finance sans être inquiété filiales d’al-Qaïda en Irak, Syrie, Somalie, Yémen.
Les alliances avec l’Iran ? L’ayatollah Ali Khamenei ne fut-il pas le traducteur en persan d’ouvrages de Sayid Qutb, intellectuel des Frères musulmans ? L’Iran n’a-t-il pas applaudi l’élection en Egypte de Morsi ? Le Qatar soutient les sabotages dans la région chiite de Qatif, en Arabie Saoudite, manipule contre Ryad la tribu Al-Murrah pro-qatarie, déstabilise Barhein par la communauté chiite. Du grand art cynique. Hélas, pour le Qatar, l’Arabie Saoudite, avec l’appui de Washington, vient de sonner la fin de la récréation.

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Les colombes blanches de l’Egypte copte

 

par Yves Roucaute

Paru Valeurs actuelles. Juin 2017

Ce 26 mai 2017, sur le chemin du monastère de Saint-Samuel-le-confesseur, les chrétiens égyptiens venus de Beni Suef et d’al-Minya ne songeaient ni à la mort, ni à l’horreur qui les attendaient. Membres de cette église copte de neuf millions de disciples, fondée en 42 après J.-C. par l’évangéliste Marc, ils étaient seulement impatients de communier dans la paix du christ avec celui qui devenu moine, « part au désert lointain, brûle d’un amour saint » (Cantique à Saint Samuel). Les dira-t-on fous d’afficher ainsi leur foi quand 45 chrétiens égyptiens sont assassinés en avril, 27 en décembre, quand la terreur quotidienne islamiste menace malgré la victoire du général al-Sissi contre les Frères musulmans ? Ce pays n’est-il pas « terre des martyrs » ? Et leur « calendrier des Martyrs » ne rappelle-t-il pas le goût égyptien du sacrifice chrétien depuis l’empereur romain Dioclétien, en 303?
Sortis de trois pick-up, déguisés en militaires, les terroristes liés à Daech arrêtent leur convoi. Ils « leur ont demandé de renier leur foi chrétienne, un à un, mais tous ont refusé. Alors les hommes armés les ont froidement abattus en leur tirant dans la tête » (Père Rashed). 29 assassinés: enfants et humains au cœur d’enfant. Aveu d’échec : les terroristes pensaient lire la peur dans le regard de leurs victimes. Ils y ont vu le reflet méprisant de cette lâche abjection qui tue des humains désarmés. Ils voulaient affirmer avec morgue la force de leur « djihad » face à des « infidèles » : ils ont lu dans les pupilles de leurs victimes la vraie foi, indomptable, celle qui croit le dieu-amour plus fort que la haine, l’espérance de la miséricorde plus grande que la cruauté, la vie plus forte que la mort. Et en tuant, ils ont révélé leur néant qui ne reflète rien, l’absence totale de compassion, ilot de haine entouré de haine, le Mal radical qui les habite.
Ami lecteur : ces martyrs savaient. C’est pourquoi ils ne cédèrent pas. Ils menaient la plus grande des batailles: spirituelle. Assassinés non loin de Maadi, où Jésus et Marie ont séjourné, les martyrs sont devenus comme les sept colombes blanches, rayons de lumière sur les dômes qui rappellent que ce Dieu diversement nommé, est toujours le même pourtant quand il dit l’amour de l’humanité. De l’ONU à la mosquée al-Azhar, les consciences entendent mieux à présent le doux murmure de cette source merveilleuse qui donne la vue à ceux qui ne voient plus et la vertu qui manque pour armer la morale.

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Karim Benzema et la clef Deschamps

Karim Benzema en équipe de France ?

 

Par Yves ROUCAUTE

 
Paru Valeurs Actuelles. 1 juillet.
 
Karim Benzema en équipe de France ? Certes, cela se peut. Mais cela se doit-il ? Telle est la question. Réduire cette affaire, symptôme de bien d’autres, à un « sujet sportif » (Benoît Hamon) ? Voilà oubliés sens du sport de compétition et signification de cette « équipe de France ». Plus qu’un jeu et une localisation géographique : une présence spirituelle.
Dés les premiers jeux sportifs en Grèce, au VIIIème siècle avant J.-C., toute compétition sportive est une guerre pacifiée. Les Cités fabriquent des athlètes à leur image pour s’identifier à eux et à leur gloire. Avec le professionnalisme, au IVème siècle, naissent les entraineurs : s’ils recherchent la performance, ils n’oublient pas la priorité : incarner l’esprit de la Cité.
Et ils exigent une parfaite éthique. Les Léonidas de Rhodes ou autres Glaucos de Karistos, célébrés par toute la Grèce, sont des hommes d’honneur qui ont prêté serment de moralité devant Zeus. Et chacun attribue les victoires innombrables de Sparte à la vertu de ses sportifs. Condamnés et suspects ? Interdits de jeux. Imaginer des « représentants » se mettre en grève ou insulter un entraineur? Les sportifs grecs auraient préféré mourir à cette honte pour leur nation. Un simple retard conduisit à la proscription olympique d’Apollonios d’Alexandrie et la tricherie du seul Callipos exclut la cité d’Athènes de la 112ème olympiade.
Avec les sports collectifs, au XIXème siècle, la logique de représentation est poussée au paroxysme. La professionnalisation du football, en 1885, est exigée par les clubs du nord de l’Angleterre, industrielle et populaire, contre la Fédération anglaise. des entraineurs sont appelés pour construire une « équipe » : ensemble unifié, cohérent, au dessus des intérêts particuliers, pour apporter la gloire dans une guerre sociale pacifiée. Avec les compétitions internationales, l’esprit d’équipe est transposé au niveau national.
Mis en examen, Karim Benzema exige de Didier Deschamps, vecteur de l’esprit de la nation française, qu’il se déplace et lui « dise dans les yeux » les raisons d’une exclusion évidente. Il l’accuse d’accepter « la pression d’une partie raciste de la France », aiguisant la haine, dévoilant le racisme latent qui attribue à la race blanche tout différend. Adieu donc. Dépasser origines ethniques et différences sociales dans une unité supérieure qui représente notre belle nation civique française, donner du rêve et la mener à la gloire : c’est cela l’équipe de France.
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Trumpête dans un verre d’eau

Donald Trump, le divertissement

Par Yves Roucaute

Paru Valeurs Actuelles 30 mai. 2017

« Les grandes haines ne se prêtent guère à des réconciliations » disait avec sagesse Esope. Bobos, multiculturalistes et péronnelles du politiquement correct détestent plus encore le provocateur Donald Trump depuis son élection. Ce sot, ce maraud, ce coquin, qui a osé volé l’élection d’Hilary Clinton avec l’appui de Moscou serait devenu un traître. Pour cacher sa félonie, il aurait licencié le directeur du F.B.I. et donné à l’ennemi russe des informations confidentielles qui menacent sécurité des Etats-Unis, des alliés, du monde peut-être.
Cette campagne de Russie en suit bien d‘autres, tout aussi pathétiques. Dix mille manifestants hurlant « Pas mon Président ! », à New York, début mai dans un pays de 324 millions d’habitants? Le peuple en marche contre Trump. Quelques nominations refusées par le Sénat? Le parti Républicain contre Trump! Recul momentané pour l’abrogation de la réforme santé de Barack Obama ? « Humiliation », échec cuisant », « débâcle »…. Tant pis si elle est finalement adoptée.
Après l’éviction de James Comey, directeur du FBI, Donald Trump aurait voulu interdire l’enquête sur ses relations douteuses avec Moscou durant la campagne électorale. Qu’importe si James Comey a nié l’implication du Président dans l’espionnage possible d’Hilary Clinton ? Leur preuve ? Depuis le célèbre, et incontrôlable, Edgar Hoover, resté de 1935 à 1972, les directeurs du FBI sont nommés pour dix ans. Or, tous les ont accomplis, sauf Comey. Donc Donald Trump est coupable.
Diantre. Passez moi la calculette : depuis 1972, en 45 ans, 14 directeurs. Un seul a tenu dix ans : Robert Mueller. Patrick Gray ? environ un an. Clarence Calley ? Cinq. Louis Freeh ? Sept, obligé de démissionner en 2001. William Sessions ? Cinq, licencié en 1993, par Bill Clinton, oui, le fameux mari d’Hilary-à-la-mémoire-défaillante. Viré par convenance politique : il a continué une brillante carrière juridique, en particulier auprès de Ronald Reagan.
Donald Trump aurait remis des « informations classifiées » à l’ « ennemi ». Face à au terrorisme, Donald Trump, chef d’Etat, n’a-t-il pas placé la Russie dans le camp des alliés ? Et n’est-ce pas, depuis Périclès, au chef des armées de décider de la stratégie, donc de ce qui est classifié ? Le droit américain confirme. Cette campagne de Russie va tourner à la Berezina. Et j’attends avec gourmandise la prochaine provocation de Donald Trump qui semble avoir compris cette forte pensée de Sun Tzu : « Si ton ennemi te semble colérique, cherche à l’irriter encore davantage. »

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Le charme discret de Teresa

Qu’est-ce que l’Angleterre ?

 

par Yves Roucaute

 
Paru Valeurs actuelles. 15 mai 2017
 
« Qu’est-ce que l’Angleterre ? Une colonie française qui a mal tourné » disait Clémenceau. Hélas !, la perfide Albion n’en finit plus de se moquer de son colonisateur d’antan et de donner à la droite française des leçons de maintien. Dernier coup de Jarnac : le raz de marée conservateur aux élections locales du 4 mai. N’était-il pas moribond, éclaté entre pro et anti-Brexit, menacé par l’indépendance de l’Ecosse? Gain de 500 sièges, socialistes écrasés, nationalistes réduits à 1 siège. Et il emportera les législatives du 8 juin. Gagner des élections ingagnables ? De quoi donner des maux de tête aux Républicains français qui ont perdu une élection imperdable.
« Mieux vaut une tête bien faite, qu’une tête bien pleine » (Montaigne) leur rappelle, à sa façon, la subtile Teresa May. Héler l’électeur d’un tonitruant « Demandez mon programme ! » qui exige mille mesures et le sacrifice des électeurs au nom de l’intérêt supérieur de la nation? Catalogue de la Redoute, catalogue de la déroute : rien n’est distinct quand tout est indistinct, et plus facile de trouver des raisons de mécontentement. Se réjouir d’une TVA augmentée ou de travailler 39h payées 35 pour les fonctionnaires ? Si l’idée de nation votait, cela se saurait. ,
Notre Teresa a préféré séduire sa nation réelle, les individus qui la composent. Une vision, celle de puissance dans l’unité retrouvée après le Brexit. Et une poignée de mesures seulement, clivantes mais non impopulaires, face à un ennemi identifié. Il faut « un leader fort et stable », patriote, face à l’Union européenne « qui s’unit contre nous », aux séparatistes écossais, « qui affaiblissent les Ecossais eux-mêmes », au leader travailliste Jeremy Corbyn, et à l’extrême-droite, chantres du « chaos » économique et de la dislocation du Royaume. Pour le reste ? Du flou afin d’éviter la fuite du chaland. Jusqu’à refuser tout débat avec Jeremy Corbyn, marri de n’avoir pas son show pour une confrontation détaillée programme contre programme.
À la façon de Thatcher naguère, de Trump dans la région des Grands lacs, Teresa May est allée porter le fer chez ses adversaires. Du porte à porte en Ecosse, dans l’Aberdeenshire, fief des indépendantistes, là où plus de 60% avaient voté contre le Brexit. Des réunions au pied des usines, pour séduire classes populaires socialistes et nationalistes du Pays de Galles et d’Angleterre. Et partout, patriotisme, puissance et croissance pour les classes moyennes. De la grande stratégie politique qui dit l’espérance. Ce charme de Teresa May qui manque à la droite aujourd’hui.
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A la mémoire de Claude Tresmontant

Il y a vingt ans….

Par

Yves Roucaute

Paru Valeurs Actuelles.10 mai 2017

Il y a vingt ans disparaissait Claude Tresmontant (1925-1997), monstre de savoir encyclopédique, antidote du politiquement correct. En ces temps troubles d’après tourmentes présidentielles, où des âmes se perdent dans l’accidentel, le colloque qui lui est consacré par l’Ecole Normale supérieure de la rue d’Ulm, le 15 et 16 avril, et l’ouvrage du franciscain Yves Tourenne, Claude Tresmontant et l’ontologie de la métamorphose, permettent de retrouver les hauteurs.
Dans ce milieu des années 70, entre préparation de l’agrégation de philosophie et dissertations sur la révolution dans les cafés, rien ne nous prédisposait à aller écouter un certain Claude Tresmontant à la Sorbonne. Il y enseignait pensée médiévale, théorie des sciences et une philosophie chrétienne qui n’était guère dans l’esprit du temps. Il n’avait pas encore écrit Le Christ Hébreu (1983), qui se vendit comme du bon pain, ni reçu le Grand prix de l’Académie des sciences morales et politiques(1987). Et il n’était pas très « fun » avec son gros sac de plombier en cuir, posé en évidence sur la table, qui contenait invariablement la Bible en hébreu, sa traduction grecque (Septante), l’Ancien et Nouveau Testament en latin, au lieu de Hegel, Marx et quelques postmodernes. Bref, pour paraphraser Molière, qu’allions nous faire dans cette galère ?
Ce qui charmait d’abord, c’est son honnêteté intellectuelle. Parfois un brin trop vindicatif ? Certes, mais quelle fraîcheur ! Travailleur infatigable, il passait tout au scalpel, de Dun Scot à Bergson. Dés sa thèse de 1961, il avait démontré la filiation entre pensée chrétienne et philosophie grecque. Il reprit les Evangiles, leur datation, leur signification, les réécrivit du grec à l’hébreu dont ils sont issus, rappela les filiations entre christianisme et judaïsme. Le grand rabbin Jacob Kaplan a pu dire « Ce juste parmi les nations est l’homme au monde qui sait l’hébreu. Nous, nous savons de l’hébreu, lui il sait l’hébreu. »
Et pour nous, d’un seul coup, la philosophie chrétienne devenait vivante. À la façon de Thomas d’Aquin, nous retrouvions par les sciences de l’infiniment grand et de l’infiniment petit, le chemin de Dieu. Tel Pierre Theilard de Chardin, géologue, paléontologue, passionné de thermodynamique et physique quantique , dont Tresmontant fut l’exécuteur testamentaire, contre les modernes, nous pouvions enfin relier morale, science, métaphysique et vie de la Cité. Et, nous retrouvions la plus belle œuvre divine, l’homme lui-même.
• Yves Tourenne, Claude Tresmontant et l’ontologie de la métamorphose, Editions Franciscaines, 2016

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Elections, piège à c…?

Coup de grisou dans les partis

(publié Valeurs Actuelles. Avril 2017).

« Tout parti vit de sa mystique et meurt de sa politique », disait le perspicace Charles Péguy. Précisément. Quel avenir pour le Parti socialiste ? Aucun. Pour Les Républicains ? Incertain. Election de Donald Trump, popularité de Theresa May, victoire d’Angela Merkel, désordre italien, fragilité espagnole, tremblement de terre autrichien… les démocraties  signalent la débâcle des partis incapables de régénérer leur pratique, et célèbrent les stratèges qui façonnent l’espérance. A leur façon, naviguant entre économie numérique, réseaux sociaux, empathie sociale, inventant une organisation centralisée ouverte sur le maillage social, Emmanuel Macron a ringardisé l’offre des partis traditionnels.

Victime la plus spectaculaire: le Parti socialiste. Une mystique sclérosée qui conjugue encore haine de classe, solidarité de pacotille, redistribution étatique, refus du nouveau monde. Une politique dirigée depuis un petit groupe  d’apparatchiks fermés à la société civile, attachés à sa propre survie et à ses prébendes, et qui, une fois au gouvernement, troque le temps des cerises, promis aux gogos, pour une gestion conservatrice, incapable d’arrêter chômage, concurrence déloyale internationale et menaces islamistes. Résultat : 6,2 % de voix pour Benoît Hamon. Et le P.S., abandonné par les réformistes, en est réduit à monnayer l’appui d’un Jean-Luc Mélenchon et de son quarteron de groupuscules gauchistes.

Victime aussi : Les Républicains. Ce n’est pas le parti qui a perdu mais François Fillon, dit-on. Hélas !, l’échec n’est pas un accident. Structure molle incapable de choisir son stratège, simulacre de démocratie par une primaire absurde où des socialistes même ont voté, maintien d’une candidature vouée à l’échec: où était la politique ? Le plus beau programme ne dit pas qui doit le porter. Depuis clubs et sociétés populaires de la révolution française, machines politiques américaines de 1830 ou partis britanniques de 1860, l’ambition est de s’appuyer sur un maillage social maximal autour d’un dirigeant porté par une vision du monde. Derrière les grands de ce monde, depuis Périclès, je vois des pensées structurées et des styles pour convaincre et séduire. Un Winston Churchill ne s’excusait pas, pour même pour quelques moments d’ivresse. Et nul n’imagine un Pompidou céder aux injonctions d’inquisiteurs désignés par ses ennemis.

Demain sera-t-il un autre jour? Espérons le. Sinon, sans réforme de l’organisation et sans vrai stratège, la France de droite et du centre sera à nouveau orpheline.

 

 

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